Film

Nénette Nénette (v.o)

Date de sortie 28.04.2010
Durée 70 minutes
Age -/10
Pays
Distributeur Agoras Films
Genre Documentaire
Note CLAP.CH
 
3/5
Note du public
 
2.5/5

Synopsis

Née en 1969 dans les forêts de Bornéo, Nénette vient d'avoir 40 ans. Il est très rare qu'un orang-outan atteigne cet âge-là ! Pensionnaire à la ménagerie du Jardin des Plantes - à Paris - depuis 1972, elle y a aujourd'hui plus d'ancienneté que n'importe quel membre du personnel. Vedette incontestée des lieux, elle voit, chaque jour, des centaines de visiteurs défiler devant sa cage. Naturellement, chacun y va de son petit commentaire...
Critiques

Nicolas Jacot | Lundi 26 avril 2010
 

Filmer un orang-outan derrière une vitre et poser un micro pour enregistrer sur le vif les commentaires des badauds, l'idée était alléchante, surtout avec Nicolas Philibert aux commandes.

C'est ainsi que durant 1h10, Nénette, l'orang-outan en question, déambule sur l'écran, vaquant à ses petites affaires, alors que de l'autre côté de la vitre se succèdent les visiteurs et leurs commentaires idiots mais drôles, ainsi que les divers soigneurs et leurs commentaires à peine plus intelligents, mais du coup nettement moins drôles. On apprend ainsi par exemple que Nénette est timide, qu'elle aime boire du thé et surtout, information capitale, qu'elle prend tous les jours la pilule.

Le problème, c'est que passées la surprise et l'innovation qu'offre ce documentaire, c'est-à-dire approximativement après 15 minutes de film, le spectateur va lentement mais surement se laisser aller à un profond ennui pour finir par rejoindre les bras de Morphée, à défaut de ceux de Nénette. Assez rapidement une conclusion s'impose: Philibert ne possédait pas suffisamment de matériel pour réaliser un long-métrage qui tienne la route.

Ainsi, entre les différents commentaires, le spectateur doit faire face à de longues, très longues, infiniment longues plages de silence. Et ce ne sont pas les images qui risquent de le passionner davantage; car, il faut bien le dire, après avoir mangé un yaourt durant dix bonnes minutes, les activités de Nénette se résument à transformer de l'oxygène en gaz carbonique avec, au comble de la frénésie, une légère grimace à laquelle le spectateur se sent obligé de rire, ou du moins de sourire poliment.

La simplicité et la naïveté qui opéraient à merveille dans Être et avoir sont ici poussées à leur paroxysme et on en arrive à se demander si le réalisateur n'est pas finalement un escroc fainéant et sans imagination.

En réalité, Philibert n'aura commis qu'une seule erreur à son film: le format. Alors qu'il possédait toute la matière pour faire des aventures de Nénette un sympathique court-métrage, il a fini par réaliser ce long-métrage d'un ennui abyssal qui, à force de vides, en deviendrait presque prétentieux.


Remy Dewarrat | Lundi 26 avril 2010
 

Nénette est une magnifique femelle Orang-outan de quarante ans qui réside au Jardin des plantes de Paris. Elle fait partie intégrante du patrimoine des lieux et c'est une véritable vedette. Nicolas Philibert nous invite à la découvrir comme si nous étions spectateurs. Il ne cherche pas à faire un documentaire animalier, mais parle autant de l'humain que de Nénette en plaçant sa caméra devant la vitre du primate de Bornéo. Du coup on ne voit que Nénette à l'écran et l'on entend les commentaires des visiteurs du zoo en off. Bien sûr on apprend deux ou trois anecdotes sur Nénette grâce aux récits sollicités par Philibert des différent soigneurs avec, par exemple, une scène très drôle où l'un deux explique à une curieuse québécoise que Nénette prend la pilule que l'on intègre à son yogourt quotidien, qu'elle a droit à une bouteille de thé par jour, qu'elle fut victime d'un sérieux abcès et dû être opéré lourdement et que depuis elle s'économise au maximum.

On se surprend au fil des minutes face à ce grand singe à se poser des questions sur nous-mêmes et l'on comprend qu'elle a une conscience propre et qu'elle observe autant les spectateurs que l'inverse, si ce n'est plus. Il y a dans ce film des séquence proprement hallucinante où l'on voit Nénette laver elle-même sa vitre à l'aide d'un torchon et autres gestes que l'on ne soupçonnerait même pas chez un animal. Et il se dégage de cet animal une sublime tendresse naturelle sans aucun artifice. Nénette est fascinante quoi qu'elle fasse. Elle trouve toujours le moyen de captiver notre attention soit par une pose volontaire, un geste étudié ou une moue provoquant une réaction. Il faut la voir s'amuser avec ses couvertures ou mangers son yogourt dans une sorte de rituel d'une précision extraordinaire.

Nicolas Philibert réalise un film unique, sans message apparent, mais rempli d'une véritable humanité. Il nous donne à voir Nénette sans la juger en restant distant, gardant toujours sa caméra au-delà de la vitrine qui le sépare de son sujet et il réussit avec une simplicité déconcertante à nous interroger sur notre condition d'homme face à la nature et finalement face à lui-même.

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