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PLUTOT CONTRE

Alicia Ricosi (Fanny Ardant), créatrice de mode ultra-respectée à, conforte son égocentrisme sur son passé mais affronte un terrible manque d’inspiration alors que la date de la présentation de sa nouvelle collection approche. Elle nécessite urgement une présence masculine autour d’elle, une muse, pour l'inspirer. Hélène Birk, chargée de trouver la perle rare, tombe fortuitement sur Julien Lefort, un homme simple et authentique  qui se moque bien de la mode. Quand Hélène l'insulte, il décide de démissionner Alan Bergam, homme d'affaires qui la finance, voit la catastrophe arriver et veut trouver une solution au plus vite. C'est alors qu'il imagine un stratagème: trouver "une muse" à la diva pour qu'elle se mette à nouveau à travailler.

Enième resucée d’un thème très bien exploité dans la version américaine 
(Le Diable s’habille en Prada), la version française, signée Jérôme Cornuau, se veut une critique acerbe de l’univers de la mode. Le film aurait pu amuser, vu le rythme effréné des   répliques ciselées et mordantes qui s’enchaînent sans répit.

A force de vouloir croquer la superficialité et le travers du milieu, le film tombe rapidement dans la caricature outrancière. On est chagriné par l’interprétation monocorde de Fanny Ardant en créatrice de mode capricieuse, par Marina Hands méconnaissable tant elle est sophistiquée en assistante ambitieuse et surtout par Laurent Stocker, roquet suffisant qui vocalise à longueur de répliques pour penser sa petite stature. Autour de ce trio outrageusement caricatural les sous-fifres gravitent telle les ouvrières d’une fourmilière.

Avec sa mouture stylisée, ce décalage constant et cette succession de situations cocasses auraient pu être drôles, mais manquent cruellement d’originalité, le tout matiné d’arrogance. Ces trois êtres assez odieux ne présentent malheureusement pas suffisamment d’étoffe pour susciter l’intérêt et entretenir l’attention.

Le scénario voue une place importante à l’ambiance sonore assourdissante. Pour affronter  ce microcosme impitoyable, Eric Elmosnino, dite "tête de fouine" dans le film, incarne un horticulteur authentique, humble et imperméable à tout ce faste. Ce jardinier qui s‘improvise muse sème la pagaille dans les rouages de l’univers de la haute couture. Au fil d’une intrigue cousue e fil blanc - sans faire e jeu de mot facile - Fanny Ardant en fait trop, Laurent Stocker est plus agaçant que grotesque. 
Bref, cette comédie qui crie la grossière farce, déçoit de la part de Cornuau qui avait fait fait ses preuves par le passé (Les Brigades du Tigre, Maison close pour la télé).

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