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Nénette

 
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Filmer un orang-outan derrière une vitre et poser un micro pour enregistrer sur le vif les commentaires des badauds, l'idée était alléchante, surtout avec Nicolas Philibert aux commandes.

C'est ainsi que durant 1h10, Nénette, l'orang-outan en question, déambule sur l'écran, vaquant à ses petites affaires, alors que de l'autre côté de la vitre se succèdent les visiteurs et leurs commentaires idiots mais drôles, ainsi que les divers soigneurs et leurs commentaires à peine plus intelligents, mais du coup nettement moins drôles. On apprend ainsi par exemple que Nénette est timide, qu'elle aime boire du thé et surtout, information capitale, qu'elle prend tous les jours la pilule.

Le problème, c'est que passées la surprise et l'innovation qu'offre ce documentaire, c'est-à-dire approximativement après 15 minutes de film, le spectateur va lentement mais surement se laisser aller à un profond ennui pour finir par rejoindre les bras de Morphée, à défaut de ceux de Nénette. Assez rapidement une conclusion s'impose: Philibert ne possédait pas suffisamment de matériel pour réaliser un long-métrage qui tienne la route.

Ainsi, entre les différents commentaires, le spectateur doit faire face à de longues, très longues, infiniment longues plages de silence. Et ce ne sont pas les images qui risquent de le passionner davantage; car, il faut bien le dire, après avoir mangé un yaourt durant dix bonnes minutes, les activités de Nénette se résument à transformer de l'oxygène en gaz carbonique avec, au comble de la frénésie, une légère grimace à laquelle le spectateur se sent obligé de rire, ou du moins de sourire poliment.

La simplicité et la naïveté qui opéraient à merveille dans Être et avoir sont ici poussées à leur paroxysme et on en arrive à se demander si le réalisateur n'est pas finalement un escroc fainéant et sans imagination.

En réalité, Philibert n'aura commis qu'une seule erreur à son film: le format. Alors qu'il possédait toute la matière pour faire des aventures de Nénette un sympathique court-métrage, il a fini par réaliser ce long-métrage d'un ennui abyssal qui, à force de vides, en deviendrait presque prétentieux.

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