

Afin de s’associer au programme « En route ver le XIIIe Sommet », en vue de la rencontre des 70 chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie que la Suisse accueillera du 22 au 24 octobre 2010, le Festival consacre une journée complète au cinéma francophone qui se conclura par la projection en première mondiale du film policier L’Avocat du réalisateur Cédric Anger et qui réunit une pléiade de stars du cinéma hexagonal telles que Benoît Magimel, Eric Caravaca ou Gilbert Melki.
Outre ce film projeté sur la Piazza Grande, cette journée est également l’occasion pour présenter au public deux films francophones en compétition internationale. Habitué au Festival de Locarno, Le réalisateur canadien Denis Côté a déjà remporté en 2005 un Pardo d’Oro dans la catégorie vidéo pour son film Les Etats nordiques, ainsi qu’un Pardo d’Argento pour la mise en scène de Elle veut le Chaos en 2008. Il est de retour cette année avec Curling, un film qui raconte l’histoire d’un père et de sa fille adolescente qui vivent en tentant de se couper le plus possible du monde extérieur. Deuxième film francophone de la journée, La petite Chambre, le premier long-métrage de ses réalisatrices Stéphanie Chuat et Véronique Reymond (image ci-dessus) est une coproduction suisse et luxembourgeoise. Le film a pour origine un concours organisé par la Télévision Suisse Romande et a été tourné sur la Riviera vaudoise, ainsi que dans le massif des Diablerets. Racontant une histoire d’amitié, certes éculée au cinéma, entre un vieux monsieur grognon et une infirmière à domicile qui essaie de faire le deuil de son enfant mort-né, La petit Chambre n’en reste pas moins le film le plus tendre et le plus émouvant de la compétition internationale à ce jour, ceci étant particulièrement dû aux interprétations magistrales qu’offrent les deux comédiens principaux.
Nommée cette année aux César dans la catégorie du meilleur jeune espoir féminin pour Je l’aimais de Zabou Breitman, et ce malgré une filmographie déjà conséquente, la comédienne française Florence Loiret-Caille campe avec beaucoup de finesse et d’émotion la jeune infirmière, rôle qu’elle a d’ailleurs préparé avec soin en accompagnant une véritable infirmière dans ses visites. Face à elle, on retrouve l’exceptionnel Michel Bouquet que l’on n’avait plus vu au cinéma depuis son interprétation de François Mitterrand dans Le Promeneur du Champ de Mars en 2005. Les deux jeunes réalisatrices n’arrivent d’ailleurs toujours pas à croire que celui-ci a accepte le rôle principal de leur premier film, puisqu’il a décidé depuis quelques années de se consacrer exclusivement au théâtre (raison pour laquelle, il n’a pas pu être présent pour la première du film a Locarno). Elles ne tarissent par ailleurs pas d’éloges à son propos : « il a une exigence envers lui-même, quelque chose d’incroyable » et malgré son immense expérience « il nous a vraiment laissé le diriger. », et Florence Loiret-Caille de rajouter : « c’est quelqu’un qui a une jeunesse, de très très vivant. »
Avec un film français sur la Piazza Grande, un film canadien et un film suisse et luxembourgeois en compétition, c’est donc une magnifique sélection que nous offre Olivier Père à l’occasion de cette Journée de la Francophonie et on ne regrettera que, une fois encore, le cinéma africain francophone soit sous-représenté.