

Après cinq jours et la projection de neuf des dix-huit films en compétition, un pointage à mi-parcours s’impose. A ce stade, le festivalier commence en effet à remarquer certaines récurrences plus ou moins bienvenues dans la programmation, à commencer notamment par la thématique de l’inceste, exprimée de manière plus ou moins explicite. En effet, ce ne sont pas moins de trois films déjà projetés qui présentent des rapports ambigus entre parents et enfants :
Déjà présenté brièvement dans le compte-rendu du 5 août, le film suisse Songs of Love and Hate raconte notamment l’histoire d’un père éprouvant des sentiments plus qu’étranges à l’encontre de sa fille et ce bien que la réalisatrice, Katalin Gödrös se défende fermement d’avoir tourné un film sur l’inceste. Ensuite, le film Beli Beli Svet, du réalisateur serbe Oleg Novković, une comédie musicale présentant la structure d’une tragédie grecque, met quant à lui en scène un homme inconscient de commettre un inceste. Finalement, Womb, avec notamment l’actrice Eva Green, se penche sur le cas d’une mère dont le fils n’est autre que la version clonée de l’homme de sa vie. Ajoutée à ses trois drames la comédie américaine Cyrus, présenté sur la Piazza Grande, qui flirte également par moment avec cette problématique et il n’aura pas fallu longtemps aux festivaliers pour remarquer l’omniprésence de cette thématique parfois pesante.
Autre élément récurrent à la compétition officielle, l’acteur François Sagat et avec lui les diverses polémiques liées au caractère supposé pornographique de ses deux films. Car, outre LA.Zombie qui a défrayé la chronique durant les premiers jours du festival, le français est également à l’affiche de Homme au Bain du réalisateur Christophe Honoré. Ce dernier, rendu célèbre notamment grâce à Dans Paris (2006) et Les Chansons d’Amour (2007), accouche, avec son dernier film, d’un véritable OVNI qui a notamment la particularité d’avoir été filmé au moyen d’un appareil photo numérique et au jour le jour, sans véritable scénario, ce qui lui permet ainsi d’intégrer une actualité brute de manière peu conventionnelle. Si son film se voit attaqué pour l’aspect très sexuel de certaines scènes, Christophe Honoré, à l’inverse de Bruce LaBruce, ne considère pas du tout Homme au Bain comme un film à caractère pornographique. Sa volonté était de « filmer l’homosexualité peut-être de manière crue » et inhabituelle, en s’éloignant notamment des traditionnels récits de coming-out quasi omniprésents au sein du cinéma LGBT. Il ajoute toutefois : « je fais une fiction, je ne prétends pas que c’est la vérité », taclant ainsi au passage certains de ses collègues réalisateurs qui tournent, selon lui, en souhaitant « montrer la réalité des prisons ou de l’école. »
Certains que nous n’arriverons pas à mettre tout le monde d’accord quant à cette sulfureuse sélection, nous retiendrons tout de même deux films :
COUP DE CŒUR : Womb, de Benedek Fliegauf, avec sa fluidité et son efficacité scénaristiques rares, le tout porté par une photographie hallucinante.
COUP DE GUEULE : Beyond the Steppes, de Vanja d’Alcantara, un film sur le destin d’une prisonnière politique polonaise en Russie durant la Deuxième Guerre mondiale et qui ne réussit à aucun moment à faire vivre ses personnages.
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