

La soirée sans doute la plus pailletée du festival s’apprête à débuter à Locarno et la présence de l’acteur américain John C. Reilly aura créé l’effervescence toute la journée dans la petite ville tessinoise. Cet acteur est surtout connu pour être l’éternel second rôle d’un nombre impressionnant des plus grands films américains de ces dernières années : Chicago (pour lequel il fut nommé aux Oscar en 2003), The Hours, Gangs of New York, The Aviator, Boogie Nights ou encore Magnolia, pour ne citer que ceux-ci. Mais il s’est également distingué plus récemment dans des rôles de premier ordre, à l’image de ses performances dans Walk Hard – The Dewey Cox Story et surtout la comédie à succès Frangins malgré eux dont il partage l’affiche avec Will Ferrell.
Présenté en première européenne après avoir été sélectionné lors du Festival Sundance en janvier dernier, le film des frères Duplass, intitulé Cyrus, ne manquera pas, on en est sur, de faire "Piazza Grande comble" ce soir. John C. Reilly y interprète John, un homme qui essaie de faire face au fils de sa nouvelle petite amie avec qui elle entretient une relation quelque peu hors-norme. Et lorsqu’on lui demande pourquoi il a accepté ce rôle, John C. Reilly n’hésite pas une seconde : "J’ai aimé l’idée de pouvoir improviser." Les frères Duplass ont en effet mis un point d’honneur à laisser une grande liberté et à organiser très peu de répétitions entre Reilly et sa partenaire Marisa Tomei ; et l’acteur américain de rajouter joyeusement : "Il est rare qu’un réalisateur ait les couilles de permettre ceci aux acteurs, surtout lorsque beaucoup d’argent est dépensé.". Il loue également la liberté artistique dont les réalisateurs disposent en Europe par rapport aux Etats-Unis où les recettes sont la priorité numéro un et où "il faut lutter pour avoir la chance de faire un film artistique.", tout en ajoutant : "J’aimerais parfois être un acteur européen."
Quant à son séjour à Locarno, il reconnaît que ce n’est certes pas autant glamour que les autres grands rendez-vous du cinéma, tout en en appréciant la décontraction et la sobriété : "c’est moins le cirque que dans d’autres festivals". Notons qu’il n’est toutefois pas certain qu’il réédite un jour l’exploit de présenter un de ses films devant, peut-être, pas loin de 8'000 spectateurs.
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