

La remise ce soir sur la Piazza Grande du prix d’excellence à Chiara Mastroianni pour l’ensemble de sa jeune carrière est l’occasion pour l’une des plus célèbres « filles de » de revenir sur son parcours à l’occasion de son passage à Locarno.
Ainsi, comme elle l’explique, en dépit des impressionnantes carrières de ses deux parents, devenir actrice n’a jamais été une évidence pour elle malgré une attirance logique pour le milieu du cinéma. C’est finalement son camarade de classe Melvil Poupaud, membre du jury officiel cette année à Locarno, qui la poussera dans cette direction. Si sa mère est inquiète face à cette décision, son père est quant à lui ravi et fier que sa fille « reprenne l’épicerie » pour reprendre les mots de la comédienne. Mais c’est finalement aux côtés de sa mère que Chiara Mastroianni effectue ses premiers pas devant la caméra, en 1993, dans le film d’André Téchiné Ma Saison préférée. Toutefois, bien qu’elles y interprètent dans de rares scènes des rôles de mère et fille, leur première véritable expérience de jeu à deux n’aura lieu qu’en 2008 lorsqu’Arnaud Desplechin leur offre, curieusement, des rôles de belle-mère et belle-fille se détestant dans son Conte de Noël.
Par la suite, elle deviendra une des égéries d’une nouvelle génération de réalisateurs aux films réalistes tels que, outre Arnaud Desplechin, Xavier Beauvois ou Christophe Honoré, tout en tournant également avec les plus grands maîtres du cinéma, à l’image de Manoel de Oliveira qui lui offre le rôle principal de La Lettre qui reste à ce jour peut-être encore son interprétation la plus marquante. Malgré cela, l’actrice aux origines transalpines ne s’est jamais véritablement imposée en Italie, ce qu’elle explique par le fait qu’elle n’y ait jamais vécu et que beaucoup de réalisateurs de ce pays ne savent même pas qu’elle maîtrise également cette langue, en plus « j’ai la r moscia ! », tout en exprimant son désir de tourner dans des films en italien, mais également son plaisir lorsque cela fut possible, notamment dans le film de Valeria Bruni-Tedeschi Il est plus facile pour un chameau…
Concernant le prix d’excellence qu’elle s’apprête à recevoir, elle exprime sa fierté : « après le bac et le permis de conduire, c’est la première fois que je gagne un prix », mais également son gêne au regard des précédents lauréats de ce prix. Malgré cela, cette amoureuse du grand écran et véritable cinéphile pour qui « le cinéma c’est presque plus la vie que la vie » n’a pas du tout l’intention de se reposer sur ses lauriers et continuera encore de déguster le septième art : « pour moi, le plaisir c’est de jouer et de regarder les autres. »
Retour à la page principale Locarno 2010