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Locarno 2010, 4 août, film d'ouverture
04.08.2010
Au fond des bois
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Si un film d’ouverture était le baromètre de son festival, alors c’est sous des auspices particulièrement sombres et occultes que débute le 63ème festival du film de Locarno ce soir.

En effet, en choisissant de débuter les hostilités avec le dernier film de Benoît Jacquot, Au Fond des Bois, Olivier Père effectue un revirement total par rapport à son prédécesseur Frédéric Maire qui, rappelons-le, avait proposé aux festivaliers de l’an dernier la comédie romantique et pétillante, 500 Days of Summer.

Cette année donc, exit l’ambiance jeune et branchée anglaise et place aux sciences occultes et à l’hypnose, le tout plongé dans une Ardèche du XIXe siècle, certes magnifiquement filmée. On savait le thème de l’hypnose cher à Benoît Jacquot et elle était déjà au cœur d’un de ses précédents films, Le Septième Ciel. Mais il l’associe ici à la thématique de l’hystérie féminine, véritable phénomène de société à cette époque.

Sous les traits d’Isild le Besco (quatrième film sous la direction de Jacquot), l’hystérie en question n’est toutefois pas toujours très crédible et flirte par moment dangereusement avec la caricature, voire le ridicule et cela même si le réalisateur s’en défend et affirme avoir pris un soin particulier à éviter ce dérapage et à rester au plus proche d’une réalité historique en s’inspirant de photographies de l’époque.

Isild le Besco n'a pas dit son dernier mot

Mais que les fans d’Isild le Besco se rassurent, on la retrouvera à Locarno dans les jours qui viennent puisqu’elle y présente, en tant que réalisatrice cette fois-ci, son nouveau film, Bas-Fond, sélectionné en compétition officielle.

Si le film peine à convaincre du côté de sa protagoniste, son point fort est indéniablement son acteur principal, Nahuel Perez Biscayart, qui interprète sans fausse note un vagabond sorti du fond des bois et qui baragouine de manière totalement convaincante une langue inventée pour l’occasion.

Avec cette histoire d’amour bizarre, pour reprendre les termes de Benoît Jacquot, le festivalier restera quelque peu surpris, voire dubitatif, de la place d’un film si sombre et intimiste en guise de film d’ouverture, en espérera que la suite ne s’enténébrera pas trop.

Auteur: Nicolas Jacot