Cette semaine

Rechercher

Newsletter

Vous êtes déjà abonné et vous souhaitez vous désinscrire ou modifier votre profil, cliquez ici.

Partenaires

Autres liens

A la une sur le site

Publicité

 
Locarno 2010, 10 août. Alain Tanner distingué
10.08.2010
Pardo d’onore Swisscom à Alain Tanner
lasalamandreUK.jpg

Après un premier Pardo d’onore remis jeudi au cinéaste chinois Jia Zhang-Ke, c’est ce soir au tour du réalisateur suisse Alain Tanner de recevoir cette prestigieuse récompense. Car entre le genevois de 80 ans et le Festival de Locarno c’est, ainsi qu’il l’explique, « une longue histoire d’amitié » qui a débuté en 1962 lorsque son deuxième court-métrage avait été sélectionné. Depuis, il a notamment remporté le Pardo d’oro en 1969 pour Charles mort ou vif et ce Pardo d’onore est donc  « un peu la cerise sur le gâteau. »
Toute sa carrière, Alain Tanner l’a consacrée a un cinéma considéré comme à contre-courant et c’est à ses films des années 1970, tels que La Salamandre et Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000, qu’il doit son succès. Un succès qu’il estime d’ailleurs devoir en partie à l’inexistence jusque là d’un cinéma lié aux événements de mai 68 : « on s’est alors précipités dans ce trou. »

«Je n’ai plus du tout envie de me battre contre le système»
alaintanner_2_01.jpg

Il pense également avoir réussi, par son cinéma, à peut-être un peu changer le regard de l’étranger sur la Suisse, qui prouvait dès lors qu’elle était également capable d’être très critique face à elle-même. Mais lorsqu’on lui parle d’un cinéma helvétique, Alain Tanner avoue être incapable de le définir, car « le cinéma est lié à la culture, donc à sa langue. […] Mes films, c’est du cinéma genevois. » Il a par ailleurs également beaucoup tourné à l’étranger, ce qu’il explique en étant particulièrement dur envers son pays d’origine : « j’avais envie de fuir la Suisse que je n’aimais pas et que je n’aime toujours pas. […] Je n’avais plus envie de tourner un mètre de pellicule en Suisse. »
Aujourd’hui à la retraite, depuis le succès en demi-teinte de son film d’adieux, Paul s’en va, il avoue : « je n’ai plus du tout envie de me battre contre le système. » Et, s’il estime que la guerre qu’il a mené pour un cinéma différent est aujourd’hui perdue, il est certain que la bataille de ce « vieux soixante-huitard attardé », comme lui-même se définit, aura été remporté haut la main.

Auteur: Nicolas Jacot