

| Réalisateur: | Pedro Almodóvar |
| Acteurs: | Penélope Cruz, Blanca Portillo et Lluis Homar |
| Genre: | Comédie dramatique |
| Pays: Espagne | Durée: 127 mins |
| Age légal: 12 ans | Age conseillé: 16 ans |
| Distributeur: | Pathé Films |
| Date de sortie: | 20.05.2009 |
| Critique: | Loïc Valceschini |
| Note: |
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Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas seulement perdu la vue mais où est morte Lena, lafemme de sa vie.Cet homme a deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequelil vit et signe les films qu'il dirige (je parle d'un personnage qui est réalisateur et scénariste). Après l'accident, Mateo Blanco devient son pseudonyme, Harry Caine. Dans la mesure où ilne peut plus diriger de films, il préfère survivre avec l'idée que Mateo Blanco est mort avec Lena, la femme qu'il aimait, dans l'accident.Désormais, Harry Caine vit grâce aux scénarios qu'il écrit et à l'aide de son ancienne et fidèle directrice de production, Judit García, et de son fils à elle, Diego, qui fait office de secrétaire, dactylo et guide d'aveugle. Depuis qu'il a décidé de vivre et de raconter des histoires, Harry est un aveugle très actif et attractif qui a développé tous ses autres sens pour jouir de la vie, sur fond d'ironie et dans une amnésie qu'il a volontairement choisie ou, plus exactement, qu'il s'est imposé. Il a effacé de sa biographie tout ce qui est arrivé quatorze ans auparavant. Il n'en parle plus, il ne pose plus de questions ; le monde a eu vite fait d'oublier Mateo Blanco et il est lui-même le premier à ne pas désirer le ressusciter.Mais, une nuit, Diego a un accident et Harry s'occupe du garçon. Durant les longues nuits où Harry veille sur lui (sa mère, Judit, se trouve loin de Madrid et ils décident de ne rien lui dire, pour ne pas l'inquiéter), il lui fait le récit de sa propre histoire, pour le distraire, comme un père dirait un conte à un enfant pour l'endormir. C'est le pouvoir hypnotique de la fiction qui, dans ce cas, est un douloureux récit autobiographique. L'histoire est émouvante et terrible... Une histoire d'amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie et la trahison. Une histoire dont l'image la plus éloquente est la photo de deux amants enlacés (Mateo et Lena), déchirée en mille morceaux.
Bande annonce |
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Trois ans après « Volver », Pedro Almodóvar revient sur les écrans avec « Étreintes brisées », un drame sur fond de film noir. Complexe et alambiqué dans un premier temps, le scénario développe son histoire sur deux époques différentes, qui délimitent la tragédie mêlant Mateo, un cinéaste, et Lena, la femme de sa vie. Au-delà de son aspect technique quasi irréprochable - mis à part ces plans ''balai'' utilisés lors de certains dialogues -, le film trouve l'une de ses qualités principales dans son casting: Penélope Cruz, magnifique, irradie de par sa présence, sublimée par les plans du cinéaste espagnol. Réalisateur cinéphile, Almodóvar abreuve plus que jamais son film de références; de la signification du titre - qui renvoie à « Voyage en Italie », un film avec Ingrid Bergman - à l'apparence de ses actrices (Cruz, habillée et coiffée comme Audrey Hepburn), le long-métrage témoigne de l'amour que porte le réalisateur envers le septième art, qui fut pour lui d'une aide salvatrice. En outre, toujours proche de la culture espagnole, le réalisateur n'hésite pas à aborder certains aspects plus critiquables, tels que le manque d'assistance sociale dans les hôpitaux. Mais malgré toutes ces caractéristiques tout à fait habituelles au cinéma d'Almodóvar, le film déçoit. S'il ne manque pas de séquences fortement émotives, il se perd en revanche dans un dédale de relations complexes, qui semblent parfois forcées. Cette exagération perturbe l'aspect naturel du long-métrage, et n'apporte rien au récit (une révélation finale qui laisse le spectateur et les personnages indifférents, c'est rare!). Enfin, le film comporte des passages à vide flagrants, certes nécessaires au déroulement de l'intrigue, mais qui manquent toutefois de conviction pour véritablement impliquer le spectateur. Sans être la pièce maîtresse du réalisateur, « Étreintes brisées » témoigne d'une sincérité, et d'un regard sur le cinéma - et sur la filmographie-même d'Almodóvar - empreint de nostalgie, qui ne laisseront pas indifférent. |