Film

The Power of the Dog The Power of the Dog (v.o)

Date de sortie 17.11.2021
Durée 126 minutes
Age 16/16
Pays Australie (Australia) , Canada , Royaume-Uni (United Kingdom) , Nouvelle-Zélande (New Zealand) , États-Unis (United States)
Distributeur Elite Film AG
Genre Drame , Western
Réalisateur Jane Campion
Acteur Keith Carradine Benedict Cumberbatch Kirsten Dunst [+]
Scénariste Jane Campion
Auteur Thomas Savage
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

Montana, années 1920: le rancher Phil Burbank montre sa cruauté lorsque son frère ramène à la maison une nouvelle femme et son fils.

Jane Campion

Keith Carradine

Benedict Cumberbatch

Kirsten Dunst

Thomasin McKenzie

Jesse Plemons

Kodi Smit-McPhee

Jane Campion

Thomas Savage

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 15 novembre 2021
 

Protège ma vie contre le pouvoir des chiens

Le huitième long métrage de la Néozélandaise Jane Campion est une merveille qui met admirablement en scène à la fois l’apparence et la vraie nature de ses personnages dans un décor qui marie rudesse et ostentation.

En 1925 dans l’ouest sauvage du Montana, Phil Burbank est à la tête d’un ranch très cossu avec son frère George qu’il traite de gros lard avec un plaisir manifeste. Il est à la fois craint et admiré par ses employés qu’il abreuve de l’héritage érigé en légende du mystérieux Bronco Henry à qui il doit tout. Quand son frère revient avec Rose Gordon épousée en cachette, Phil se montre encore plus odieux. Sa nouvelle marotte est d’humilier cette veuve d’un médecin qui s’est suicidé et Peter, son grand fils d’apparence un peu précieuse.

Scindé en quatre chapitres sans titre, The Power of the Dog joue intelligemment sur les contrastes entre le vernis et la nature de ses personnages. A l’exception de George dont la sincérité est autant extérieure qu’intérieure, Phil, Rose et Peter ne sont pas intrinsèquement ceux qu’ils montrent aux autres. Tous les trois sont contraints de se cacher pour vivre pleinement ce qu’ils sont vraiment. Quand leurs secrets sont découverts, ils sont obligés de changer leur écorce. Et c’est le spectateur plus que leur entourage qui devient le témoin privilégié de leur mise à nu autant physique que psychique comme l’illustre la magnifique séquence où Phil s’enduit de boue avant de plonger dans une rivière. Sous ses airs d’homme très rustre, Phil est diplômé en lettres classiques mais il s’évertue à cultiver cette image rustique pour protéger son intégrité morale.

Jane Campion prend un plaisir communicatif à déshabiller ses personnages pour les transcender. Le crasseux Phil devient tout autre dès l’instant où Peter le surprend dans ses penchants inavouables. Dès lors il se rapproche de ce jeune homme apparemment frêle et naïf, à l’opposé extrême de la virilité qui règne au sein de cette communauté de cowboys. Mais Peter aussi cache une personnalité plus sombre que son élégance et sa minutie à façonner de magnifiques fleurs en papier. Il est capable de se révéler cruel pour parvenir à ses fins professionnelles qui sont de suivre celles de son père afin de devenir chirurgien.

Par touches aussi subtiles que cinglantes, Jane Campion joue sur l’ambiguïté de ses personnages et de leurs actes en ayant recours à des symboles universels très forts. C’est par exemple la musique qui illustre le conflit entre Phil et Rose. Elle recourt aussi à l’utilisation particulièrement révélatrice d’un objet à priori anodin: la corde. C’est elle qui est à l’origine du malheur de Rose et Peter. C’est elle qui tient lieu de sortie de secours dans le ranch pour le fuir en cas d’incendie. Et c’est elle qui symbolise le rapprochement entre Phil et Peter. Pour ennoblir son propos, la réalisatrice de La Leçon de piano situe son histoire dans un décor lui aussi très contrasté. Le ranch luxueux des Burbank, avec tout son faste et sa superficialité, est perdu au milieu d’une nature à la fois magnifique et hostile gravée dans des plans de coupe somptueux.

The Power of the Dog bénéficie d’un quatuor de comédiens en état de grâce que l’on sent très impliqués personnellement dans ce projet. Benedict Cumberbatch, Jesse Plemons, Kirsten Dunst et Kodi Smit-Mcphee sont impériaux dans leurs rôles respectifs et leurs interactions sont chaque fois des moments de jeu impressionnants par leur authenticité à l’état brut et leur abnégation. En mentionnant encore l’excellence des travaux de la directrice de la photographie Ari Wegner, du monteur Peter Sciberras, de la costumière Kirsty Cameron, des décorateurs Gareth Edwards et Amber Richards, du directeur artistique Grant Major et du compositeur Jonny Greenwood qui prouve une nouvelle fois sa magnificence dans l’art de la musique de film, on peut sans autre déclarer que The Power of the Dog est sans conteste l’un des meilleurs films de l’année. On vous invite sincèrement à le découvrir dans une salle de cinéma plutôt que sur un écran domestique car c’est là qu’il restitue tous ses trésors. Et comme en Suisse les films estampillés Netflix sont visibles à très courte échéance en salles obscures avant leur diffusion, il serait regrettable de ne pas en profiter pleinement.

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