Film

Rambo V: Last Blood Rambo: Last Blood (v.o)

Date de sortie 25.09.2019
Durée 89 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Elite Film AG
Genre Action , Aventure
Réalisateur Adrian Grunberg
Acteur Óscar Jaenada Louis Mandylor Yvette Monreal [+]
Scénariste Matthew Cirulnick Sylvester Stallone
Auteur Dan Gordon (II) David Morell Sylvester Stallone
Note CLAP.CH
 
2/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

John Ramb vit retiré dans un ranch jusqu'à ce qu'un cartel mexicain décide d'enlever la petite fille d'un ami. Là, il voit rouge, prend les armes et s'embarque pour un dernier bain de sang.

Adrian Grunberg

Óscar Jaenada

Louis Mandylor

Yvette Monreal

Sergio Peris Mencheta

Sylvester Stallone

Paz Vega

Matthew Cirulnick

Sylvester Stallone

Dan Gordon (II)

David Morell

Sylvester Stallone

Critiques

Laurent Scherlen | Jeudi 26 septembre 2019
 

A la fin de John Rambo (2008), notre héros rentrait au bercail dans son ranch natal, après avoir livré ce que l’on pensait alors être un dernier baroud d’honneur. Onze ans plus tard, Stallone revient à ce personnage qui a contribué à son succès pour un Rambo : Last Blood qui, sur le papier, pouvait laisser dubitatif. Comment en effet, après le remarquable opus précédent qui concluait alors l'arc narratif du personnage sur une image inoubliable, Stallone pouvait-il redonner un nouveau souffle à la saga ? Le pari est finalement à moitié réussi, ce qui n’est déjà pas si mal compte tenu de la difficulté de la tâche.

Beaucoup de bêtises ont été dites et écrites sur ce nouveau Rambo : facho, raciste, pro-Trump et autres inepties n’ayant finalement aucun sens (sans comparer les films, Voyage au Bout de l’Enfer était lui aussi accusé de racisme en son temps, de la même manière que Dirty Harry était taxé de fachisme). Ce qui intéresse Stallone, c’est avant toute chose creuser l’âme de son personnage tout en  proposant une réflexion sur la notion de vengeance. On le sait, le parcours de Rambo s’est toujours déroulé sur un chemin de mort, cette dernière frappant régulièrement le personnage comme une malédiction. Cet état de fait se confirme dans ce Last Blood, la disparition d’un protagoniste étant pour le coup vraiment marquante et inattendue. Dans cette scène terrible, Rambo prononcera ces mots: « Pourquoi pas moi… ». Une façon pour le personnage de se rendre compte à nouveau de la malédiction qui le frappe.

Et qui dit mort dit forcément vengeance. C'est ici que se trouve le second intérêt du film, dans le propos qu'il développe sur le processus de la vengeance. Lors d’une conversation entre Rambo et une journaliste qui a perdu sa sœur, enlevée, droguée, exploitée sexuellement et finalement tuée par un cartel mexicain, le personnage lui explique qu’il faut que les coupables ressentent la douleur qu’ils ressentent tous les deux. Là où la journaliste considère que tout est fini et que ça ne sert à rien, Rambo estime au contraire que les responsables doivent souffrir comme eux, qu’ils ressentent cette douleur. On touche là un problème maintes fois abordé au cinéma et chaque spectateur sera libre de se faire sa propre opinion sur le sujet.

Par ailleurs, en menant son personnage vers la vengeance, Stallone fait écho à l’opus précédent de la saga lorsque Rambo reconnaissait qu’il ne s’était jamais battu pour son pays, mais uniquement pour lui. La vengeance personnelle de Last Blood s’inscrit donc totalement dans la logique du personnage.

Et question vengeance, préparez-vous à du violent. Autant John Rambo était gore, autant Last Blood est gore ET violent. La scène de la dernière exécution étant à ce titre d’une cruauté et d’une barbarie rarement vues dans un film d'action interdit aux moins de 12 ans en France (mais classé R aux Etats-Unis).

Et c’est finalement peut-être là que le film pêche, dans l’exécution de la vengance du personnage, qui fait cruellement penser à un Taken version Rambo. Le dernier acte est à ce titre certes jubilatoire (préparez les serpillères, l’hémoglobine gicle de partout), mais en-deça de ce qui aura précédé, bien plus intéressant et introspectif qu’il n’y paraît.

Alors bien entendu, ce Last Blood est certes inférieur en qualité à Rambo premier du nom ou à John Rambo. Mais il ne mérite clairement pas l’opprobre qui s’abat sur lui à bride abattue. "It's a long road when you're on your own".


Remy Dewarrat | Lundi 23 septembre 2019
 

La violence comme unique solution

Ce film est tellement consternant par son manichéisme à justifier la violence et à oser l’ériger en oeuvre d’art qu’on se demande s’il est bien nécessaire d’en parler. Oui, car il véhicule une morale douteuse et infecte.

Ça commence pourtant passablement bien. Lors d’une tempête avec pluie torrentielle et crue de rivière dans une région forestière, John Rambo, qui a un coeur gros comme ça, donne un coup de main aux sauveteurs. Mais, comme il le dit lui-même, ce vétéran de la guerre du Viêt-nam est traumatisé car il n’a jamais réussi à sauver ses camarades et ce quelle que soit la bonne volonté et les efforts surhumains qu’il s’efforce de fournir. Donc, d’une famille en grand danger, il ne parvient à sauver que la fille: le père et la mère y passent. Il retourne dans son ranch où il vit tranquillement depuis son retour de Thaïlande (cf Rambo de Sylvester Stallone), il y a onze ans. Il est aux petits soins pour la veuve d’un de ses amis et sa petite fille. Quand cette dernière lui annonce sa volonté de partir au Mexique pour rencontrer son père qu’elle ne connaît pas, Rambo la sermonne et l’exhorte à renoncer à ce projet. Le discours entre dans l’oreille de la demoiselle et sort de l’autre. Résultat: la jeune femme n’écoute pas la sagesse de son aîné et prend quand même la route. Bien sûr, elle ne donne plus signe de vie très rapidement. Rambo mène une enquête hâtive et découvre qu’elle pourrait être victime d’un odieux trafic de prostitution. Il décide d’agir et se rend sur place. Il la retrouve en très piteux état aux mains des frères Martinez (caricature du vilain Mexicain) et la ramène chez eux. Mais elle meurt avant d’arriver au ranch: la malédiction made in Rambo frappe une énième fois. Si le film se bornait à cela, il serait encore passablement défendable, mais il est loin d’être terminé.

Le reste ne se base que sur la vengeance la plus crasse et ravira les fanatiques d’un divertissement décérébré et viscéral qui fait la part belle à la violence la plus graphique. Ce très mauvais film à la morale plus que douteuse au paroxysme de la philosophie néo-libérale enchantera les spectateurs que l’on trouve par légion dans certains festivals, applaudissant chaque mort violente qui passe sous leurs yeux, quel que soit le contenu du film. Ce sont les mêmes qui, très souvent trop alcoolisés, pensent pouvoir justifier leur penchants malsains à ceux qui osent critiquer ce genre de produits pourtant très attaquables en sortant l’argument imparable selon eux: «Si tu n’aimes pas ça, n’y va pas!» Pas étonnant du coup que ce film voie le jour sous l’ère Trump et la médiocratie qui en résulte. Il fait typiquement partie du genre d’immondices qui infectent de plus en plus les écrans de toute nature, justifiant l’injustifiable, prônant l’imprônable. Ceux qui les font et ceux qui les défendent ne méritent rien d’autre que l’indifférence la plus totale, voire le mépris le plus complet. Et c’est une triste fin pour un personnage qui a initialement été créé pour personnifier l’ignoble traitement réservé à ceux qui revinrent vivants d’une des guerres les plus gratuite et immonde qui fût.

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