Film

After - Chapitre 1 After (v.o)

Date de sortie 17.04.2019
Durée 106 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Praesens-Film AG
Genre Drame , Romance
Réalisateur Jenny Gage
Acteur Dylan Arnold Jennifer Beals Selma Blair [+]
Scénariste Susan McMartin
Auteur Anna Todd
Note CLAP.CH
 
0.5/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

L'histoire de Tessa, une jeune fille ambitieuse, volontaire, réservée. Elle contrôle sa vie. Son petit ami Noah est le gendre idéal. Son avenir est tout tracé: de belles études, un bon job à la clé, un mariage heureux... Mais ça, c'était avant qu'il ne la bouscule dans le dortoir. Lui, c'est Hardin, bad boy, sexy... Il est grossier, provocateur et cruel, bref, il est le type le plus détestable que Tessa ait jamais croisé. Et pourtant, le jour où elle se retrouve seule avec lui, elle perd tout contrôle.

Jenny Gage

Dylan Arnold

Jennifer Beals

Selma Blair

Hero Fiennes Tiffin

Peter Gallagher

Josephine Langford

Susan McMartin

Anna Todd

Critiques

Remy Dewarrat | Samedi 13 avril 2019
 

Dur, dur d’être ado aujourd’hui

Ce premier long métrage de Madame Jenny Gage adapté du phénomène (commercial uniquement) de librairie pondu par Anna Todd est juste l’une des pires choses qui peuvent prendre place sur un écran: cela fait mal aux yeux, aux oreilles et à l’esprit.

Tout commence déjà très mal avec la voix off de l’héroïne Tessa qui s’essaie lamentablement à faire de la philosophie de bas étage sur le devoir de regarder en arrière, en ressassant une ineptie dans la droite lignée très égocentrique à la mode quand il s’agit de s’étaler sur les réseaux sociaux. Il y a moins de cinq minutes que la lumière s’est éteinte et déjà le cadre est pollué par des sms flashy qui viennent entacher l’image. Ce procédé, paresseux au niveau de l’écriture et on ne peut plus laid esthétiquement parlant, sera un leitmotiv durant les 106 très longues minutes de cette torture visuelle, auditive et intellectuelle.

Tessa, donc, a tout pour être heureuse: elle fait de brillantes études, elle a un petit ami parfait, une mère attentive, enfin bref tous les poncifs qui vont avec une vie de la classe très aisée à l’américaine. Elle entre à l’université en voulant se spécialiser dans une branche économique. Et là patatras, tout son univers doré s’effondre. Sa colocataire, dont l’apparence oscille entre le pseudo punk et ce que l’on nomme l’emo, s’avérera très ouverte au niveau du genre quand il s’agira de coucher avec des gens. A sa vue, la mère de Tessa exige que sa fille chérie change de chambre car elle empeste le cannabis. Tessa tient tête à sa mère en lui reprochant de ne pas lui faire confiance et patati et patata. Elle rencontre, forcément lors d’une fête, Hardin, un beaux ténébreux aux manières de mauvais garçon façon rebelle à deux balles, ne cessant de mettre en avant sa passion pour la littérature et en particulier Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, référence pitoyable et risible qui n’a d’égal que l’incompréhension de l’oeuvre citée. Et, ô surprise, elle va se laisser très vite séduire et tomber amoureuse. Entre baignade romantique dans un lieux idyllique, lecture en couple, découverte des corps filmée avec pudibonderie, collection exhaustive de ce que la musique pop fait de plus geignard et toutes les banalités qui vont avec, rien ne nous est épargné pour émoustiller ce que peuvent ressentir les coeurs d’artichaut, cibles pécuniaires et faciles par excellence. Cela sera la sécession avec son existence d’avant.

La suite va contenir un grand nombre de spoilers mais, comme cette chose ne mérite pas le moindre intérêt, on ne va pas se gêner. Tessa s’engueule avec sa mère («Tu vois ma fille, je t’avais pourtant avertie!») et son petit ami en prétextant qu’elle est incomprise et que l’amour ne s’explique pas et gnagnagna. On découvre qu’Hardin est mal dans sa peu et sa tête car il en veut à son père: piètre figure de la révolte adolescente cul-cul la praline qui fait des émules jusque dans le monde sociétal et politique avec des exemples comme Greta Thunberg dont le combat stérile se résume à accuser ses parents pour seul discours. Mais sans ces derniers, où seraient-ils ces pseudo enragés pour crier leur mal-être? Mon Dieu, ces jeunes occidentaux ont tellement de soucis existentiels profonds, c’est tellement affreux! After s’étale aussi très complaisamment en faisant comprendre que pour vraiment exister il faut se pourrir la vie en s’inventant toutes sortes de faux problèmes, même, et surtout, quand il n’y a aucune raison de le faire: la prise de tête érigée en mode de vie en quelque sorte. On se dit alors qu’il y a vraiment des coups de pied au cul qui se perdent.

Mais il y a un hic terrible dans cette histoire car Tessa, qui est sincèrement amoureuse. découvre qu’elle n’est que l’objet d’un pari: la jeune fille de bonne famille un peu coincée qu’il faut séduire et faire en sorte qu’elle tombe amoureuse. Tiens, ça rappelle quelque chose… Hardin est donc la pâle copie d’un des personnages des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, un Valmont du pauvre. Ou alors, faut-il voir là une allégorie assez immonde de l’abus qui est devenu pour certains un argument marketing comme un autre? Si c’est le cas, de pitoyable, After passe allègrement à indécent, indigne, pour ne pas dire obscène. Et du coup, artifice ultime pour bien enfoncer le clou, on va chercher à nous faire pleurer le pauvre sort de cette malheureuse Tessa qui retourne chez elle la queue entre les jambes, enfin si l’on peut dire, mais comme ces très chères jeunes filles modernes, qui s’appellent «mecs» entre elles, ne cessent de beugler dans les cours de récré qu’elles s’en battent les couilles pour un oui ou pour un non, alors qu’elles ne disposent pas des attributs le leur permettant, on peut très bien les imaginer rentrer chez elle avec, entre les jambes, un autre organe qu’elles ne possèdent pas non plus. Eprouver de la compassion ou de l’empathie pour un tel personnage relève de la sensiblerie pure et simple telle qu’elle devrait faire l’objet d’une thérapie. Tessa va retrouver sa mère et son petit ami qui vont bien sûr comprendre la situation et la réconforter: ouf, la morale est sauve. Mais pourra-t-elle pardonner à Hardin? Cela sera sans doute l’objet du chapitre deux car malheureusement il existera (commerce oblige), vu que cette crasserie va sans doute engranger des millions et ainsi conforter ses créateurs, producteurs, distributeurs et diffuseurs à justifier sa raison d’être.

Quand on croise sur un chemin un étron, il y a deux manières d’agir sainement. La première, un peu égoïste, est de l’éviter et de continuer sa route. La seconde consiste à l’éliminer afin que les suivants ne tombent pas dessus. Et c’est là parfois le devoir des critiques, autrement plus utile que de servir inlassablement la soupe aux créateurs, producteurs, distributeurs et diffuseurs cités ci-dessus en leur permettant de s’engraisser avec des déjections telles que celle-là. C’est uniquement pour des raisons techniques qui empêchent la note 0 qu’After obtient un demi-point.

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