Film

Sans un bruit A Quiet Place (v.o)

Date de sortie 20.06.2018
Durée 95 minutes
Age 14/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur The Walt Disney Company (Switzerland) GmbH
Genre Thriller , Epouvante
Réalisateur John Krasinski
Acteur Emily Blunt Noah Jupe John Krasinski
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

Dans le thriller moderne A QUIET PLACE - SANS UN BRUIT, une famille de quatre membres tente de survivre dans le silence, sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. Si elles vous entendent, il est déjà trop tard.

John Krasinski

Emily Blunt

Noah Jupe

John Krasinski

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 18 juin 2018
 

Chuuuuuut….

Avec son troisième long métrage, John Krasinski réalise un petit miracle dans le domaine du fantastique et du cinéma hollywoodien où le bruit s’avère être un ennemi terrifiant. Rarement l’adage: «Le silence est d’or» n’aura eu autant de sens.

Evelyn (Emily Blunt) et Lee (John Krasinski) Abbott font leurs courses dans un magasin désert avec leurs trois enfants, Regan, Marcus et Beau. Ils sont pieds nus et s’expriment en langue des signes. Ils prennent un soin quasiment chirurgical à émettre le moins de son possible, car, comme l’indique les manchettes de journaux, cela fait nonante jours que des envahisseurs hyper sensibles aux bruits sévissent. Le cadet de la fratrie, Beau, tombe sur le modèle réduit d’une navette spatiale. L’envie de se l’approprier se lit sur son visage, mais son père se précipite, ôte les piles du jouet et fait comprendre à son fils qu’il est exclu qu’il reparte avec cet objet. Prenant pitié de son petit frère et défiant l’autorité parentale, l’aînée Regan attend que les parents sortent de l’endroit pour tendre à Beau le vaisseau dépourvu de ses batteries. Dans un réflexe tout enfantin, Beau s’empare discrètement des piles et rejoint le reste de la famille. Sur le chemin du retour, trainant en queue de peloton, il les insère dans son nouveau jouet et enclenche un bouton qui fait hurler toutes sortes de sirènes et de bips électroniques. Ses parents, sa soeur et son frère n’ont que le temps de se retourner vers lui pour le voir se faire happer par cet ennemi implacable et disparaître à jamais.

C’est là le premier quart d’heure de Sans un bruit qui démarre avec une mise en situation parfaitement cohérente et très prometteuse. La famille Abbott n’est pas composée de super héros qui auraient parfaitement assimilé la langue des signes en moins de cent jours. Elle vit avec car Regan est sourde et muette comme l’atteste la mise en scène par de gros plans sur l’appareil auditif qu’elle porte et une absence totale de son à chaque fois que la caméra se pose sur elle. À l’heure où le bruit et la fureur sont devenus les mamelles incontournables des recettes en matière de cinéma commercial sous le prétexte de ne jamais laisser son auditoire dans l’ennui, Sans un bruit prend un chemin diamétralement opposé et prouve admirablement qu’il n’est nul besoin d’agresser ses spectateurs pour les plonger dans une tension sensationnelle. Ce long métrage quasiment miraculeux dans le marasme hollywoodien que l’on nous sert depuis des décennies, à quelques rares exceptions près, est la parfaite antithèse aux séances bruyantes composées par un public devenu incapable de se concentrer sur le film qu’il a pourtant choisi de voir, sans avoir recours au babillage, au masticage de nourritures bruyantes, sans parler de son addiction aux nouvelles technologies très souvent génératrices d’un bruit plus que parasite que l’on impose aux autres de manière totalement irrespectueuse. On espère donc pour ceux qui auront envie de se plonger dans ce petit bijou qu’ils pourront l’apprécier dans des conditions excluant ce genre de personnages indésirables qui transforment trop souvent l’expérience cinématographique en véritable torture pour les nerfs.

L’empathie avec la famille Abbott, qui a l’interdiction complète de faire du bruit sous peine de danger de mort inéluctable, fonctionne à merveille et l’on a rarement vu un long métrage aussi silencieux. La première moitié se déroule dans un chuchotement extrême et c’est peu de dire que les popcorns et autres vibreurs de téléphones portables sont les plus malvenus. La tension qui provient de l’écran empêcherait même de se replacer dans son siège car les frottements de tissus pourraient s’entendre dans la salle. Et ce n’est pas juste une excellente idée que l’on étale sur nonante minutes tant le scénario est riche, évoquant bien sûr la survie en milieu hostile mais abordant pertinemment aussi la désobéissance qui peut être fatale, la culpabilité ou encore le sacrifice.

Si l’on rajoute encore à toutes ces qualités remarquables une astuce géniale pour permettre aux protagonistes de se parler en toute sécurité, une situation impossible à résoudre sans faire le moindre bruit, des créatures magnifiques aux détails saisissants concernant leurs organes auditifs et une musique de Marco Beltrami particulièrement inspirée pour évoquer la présence de ces dernières, on obtient un long métrage qui vaut amplement le détour et une expérience sensorielle extraordinaire.

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