Film

L'Homme qui tua Don Quichotte The Man Who Killed Don Quixote (v.o)

Date de sortie 19.05.2018
Durée 132 minutes
Age 12/14
Pays Belgique (België) , Espagne (España) , Royaume-Uni (United Kingdom) , Portugal
Distributeur Elite Film AG
Genre Comédie , Aventure
Réalisateur Terry Gilliam
Acteur Rossy de Palma Adam Driver Olga Kurylenko [+]
Scénariste Terry Gilliam Tony Grisoni
Auteur
Note CLAP.CH
 
3/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d'un vieux cordonnier espagnol convaincu d'être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d'un film qu'il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste: ce film d'étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d'humanité? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie? Ou l'amour triomphera-t-il de tout?

Terry Gilliam

Rossy de Palma

Adam Driver

Olga Kurylenko

Sergi López

Jonathan Price

Stellan Skarsgard

Terry Gilliam

Tony Grisoni

Critiques

Remy Dewarrat | Jeudi 17 mai 2018
 

Un très bon gâteau mais beaucoup trop riche

Terry Gilliam nous convie à un festin, certes délicieux, qui s’éternise et comprend trop de plats pour que l’on puisse en retenir les meilleurs moments, gavé par sa surenchère.

Terry Gilliam se sera battu longtemps pour que son film voit le jour. C’est chose faite et il a eu l’honneur de clore la grand-messe du Septième Art, le Festival de Cannes. Comme à son habitude, l’Américain des Monty Python puise sa source dans la folie humaine avec tout ce qu’elle peut entraîner d’absurde, de drôle, de tragique ou de pathétique. Pour ce faire, il crée le personnage de Toby, un cinéaste ambitieux, voire prétentieux qui s’est vite retrouvé à emballer des spots publicitaires, ayant dû laisser de côté ses velléités artistiques pour pouvoir vivre, par obligation ou peut-être par choix. C’est en Espagne, lors d’un de ses tournages particulièrement pénibles avec ses contraintes et ses aléas qu’un mystérieux Romanichel le replonge dans son passé. Pendant une soirée festive, mais seulement en apparence, ce dernier offre à Toby un DVD qui n’est autre que le film de fin d’étude du réalisateur, L’Homme qui tua Don Quichotte. Cela déclenche un tempête dans la tête de Toby qui va dès lors sombrer dans un délire entre souvenirs, fantasmes et folies. En retournant dans le village où il tourna ce film, il se rend vite compte que son entreprise a déstabilisé la vie des habitants et en particulier celle du cordonnier qu’il avait choisi pour le rôle principal grâce à sa gueule, et qui, désormais, se prend littéralement pour le personnage créé par Cervantes. Convaincu de sa réincarnation, ce dernier voit en Toby son fidèle Sancho Panza, et ensemble, ils partent pour l’aventure. Toby va vivre un voyage dont il ne reviendra pas indemne.

Terry Gilliam prend un malin plaisir à égratigner le monde du cinéma. On croise dans son dernier long métrage un producteur que l’on appelle The Boss, une starlette prête à tout pour briller, des techniciens procéduriers. Il dépeint justement un monde d’artifices et de faux semblants sensés rendre crédibles ce qui sort de l’imagination d’un créateur. Cet aspect de L’Homme qui tua Don Quichotte est incarné par Toby qui aimerait sincèrement pouvoir exercer son art mais qui doit faire avec toutes sortes de malveillants et d’empêcheurs, le rendant dès lors amer, aigri et désabusé. Il n’y a guère plus qu’un pas à franchir pour y déceler un soupçon d’auto-portrait de Gilliam. Adam Driver lui donne vie avec beaucoup de pertinence en lui prêtant tour à tour une personnalité débordante de sincérité ou haïssable.

On retrouve aussi la figure du réalisateur de Brazil dans le personnage de Don Quichotte mais avec plus de tendresse et d’empathie pour ce combattant de l’impossible face à l’injustice et surtout à sa propre folie. Jonathan Pryce réalise une de ces performances les plus remarquables. Il incarne un être à la fois convaincu d’être devenu un autre et perdu dans cette quête à l’intérieur de son esprit, au point qu’il refuse toute réalité qui pourrait l’en sortir.

Mais Gilliam aborde le thème de l’obsession avec un manque de recul qu’il essaie de noyer dans une romance peu convaincante, si bien que l’on se trouve face à une oeuvre qui pèche par excès. L’Homme qui tua Don Quichotte se rapproche de ces plats avec trop d’éléments intégrés par le cuisinier. En pensant bien faire, il en rajoute sans cesse et certains ingrédients annihilent la saveur des autres. Comme dans L’Imaginarium du Docteur Parnassus, il prend trop de directions différentes et le tout s’embrouille, s’empêtre pour finir par perdre sa voie. On a droit à des moments qui sont marquants comme cette sublime séquence avec Rossy de Palma et Sergi López qui évoque la place des ouvriers marocains en Espagne sous une forme cauchemardesque ou tout ce qui renvoie directement à la chevalerie. Mais malheureusement, Gilliam aborde beaucoup trop de choses et ne les approfondit pas à leur juste valeur. Au final, on sort de son film repus comme d’un repas gargantuesque où l’excessive richesse l’emporte sur la finesse des mets. On est surtout content et soulagé d’en voir le bout.

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