Film

Mother! Mother! (v.o)

Date de sortie 13.09.2017
Durée 115 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur The Walt Disney Company (Switzerland) GmbH
Genre Drame , Horreur
Réalisateur Darren Aronofsky
Acteur Javier Bardem Brian Gleeson Domhnall Gleeson [+]
Scénariste Darren Aronofsky
Auteur Darren Aronofsky
Note CLAP.CH
 
0.5/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

La relation d'un couple est mise à l'épreuve par l'arrivée imprévue d'inconnus qui s'immiscent non seulement dans leur maison mais aussi dans leur vie privée. Le couple doit faire face au dérangement de l'équilibre de leur vie, ce qui n'est pas sans conséquences.

Darren Aronofsky

Javier Bardem

Brian Gleeson

Domhnall Gleeson

Ed Harris

Jennifer Lawrence

Stephen McHattie

Michelle Pfeiffer

Kristen Wiig

Darren Aronofsky

Darren Aronofsky

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 11 septembre 2017
 

Amère ode à la mère

Darren Aronofsky avait bouleversé la cinéphilie mondiale en adaptant Requiem for a Dream d’Hubert Selby Jr. en 2000. Depuis, il glisse irrémédiablement sur une pente savonneuse et son dernier film pose un grand nombre de questions relatives à son discours très ambigu, voire malsain, baignant dans une religiosité pénible à digérer.

Mother!, avec un point d’exclamation volontairement provocateur, s’ouvre sur le visage d’une femme se consumant dans des flammes tonitruantes. Ensuite, un homme (Javier Bardem) pose une grosse pierre précieuse de la taille d’un coeur sur un piédestal. Vient alors une série de fondus enchainés évoquant comment les différentes parties d’une maison calcinée renaissent de leurs cendres à l’instar de la Plymouth rouge et blanche du Christine de John Carpenter qui se réparait elle-même. Le dernier plan de cette énumération situé dans une chambre à coucher s’achève sur le réveil d’une jeune femme (Jennifer Lawrence) tâtonnant de la main l’endroit où devrait logiquement se trouver son compagnon. Là, on se dit que la suite du récit devrait constituer un flash-back afin de nous amener à comprendre la destruction de la bâtisse, mais la conclusion du film viendra définitivement contrecarrer cette optique de manière ridiculement pessimiste sous la forme d’une boucle temporelle, artifice foncièrement facile. Cette femme sort sur le perron de la maison complètement isolée à la recherche de son homme qui la surprend quand elle retourne à l’intérieur dans un effet classique de montage propre au film d’horreur. Devra-t-on se méfier de lui par la suite? Peut-être? On découvre qu’il est un homme de lettres en mal d’inspiration complète et qu’elle passe ses jours à retaper leur masure.

Un jour débarque un inconnu (Ed Harris) qui se dit être un fan du poète. Touché dans son orgueil, ce dernier l’accueille pour la nuit car il se fait tard. Le lendemain, c’est la femme (Michelle Pfeiffer) de l’inconnu qui se présente. Les deux se croient chez eux et vont jusqu’à briser la pierre précieuse du début du film qui trône sur l’étagère de la pièce dédiée au travail d'écriture du poète, endroit strictement interdit en son absence. Plus tard, ce sont les rejetons (Brian et Domhnall Gleeson) de ce couple qui débarquent en se battant comme des chiffonniers pour une sombre histoire d’héritage au point que l’un des deux fracasse le crâne de son frère. L’auteur part à l’hôpital avec la famille. Quand il revient il annonce à sa femme que le malheureux est décédé et que ses proches vont venir faire leur deuil chez eux. Sa femme ne supporte pas la présence de ces êtres totalement incivilisés et finit par les bannir de chez elle. Débarrassée de ces nuisibles, elle se rapproche enfin de son mari et tombe enceinte. Et, comme par miracle, le poète retrouve l’inspiration et pond un texte qui lui apportera le succès et une horde de fanatiques encore plus mal élevés que la famille précédente.

On n’en dira pas plus pour ne pas gâcher la très mauvaise surprise qui constitue la suite de ce film parfaitement idiot qui essaie lamentablement de tisser les louanges de la mère toute puissante et de la maternité. Dès l’affiche de cette chose injustifiable montrant Jennifer Lawrence comme une icône de la Vierge Marie, on nage dans les eaux très troubles d’un esprit malsain versé dans la chrétienté la plus saint-sulpicienne. On a beau essayer de prendre le film dans tous les sens possibles et imaginables, on est face à une oeuvre tordue qui essaie pitoyablement de vénérer l’image de la femme en la réduisant à une génitrice qui fera tout pour protéger son enfant des attaques du monde extérieur. Ce monde est ici résumé à une maison de maître isolée qui représente le bien et tout ce qui vient de l’extérieur évoque le mal. C’est manichéen et très mal inspiré. Le film abuse gratuitement d’une interminable séquence de violence débridée où l’on voit une éditrice exécuter d’une balle dans la tête des corps encagoulés comme le ferait exactement le suppôt d’une dictature à ses opposants, entre autres joyeusetés.

Faut-il y voir une critique du fanatisme illustré par une bande de décérébrés adorateurs d’un dieu de pacotille personnalisé par le poète ou une allégorie de la difficulté de créer vouée littéralement et définitivement à l’enfer, rien de moins? Peut-être, mais l’exercice est tellement vain qu’il en devient gênant par sa maladresse, ses gros sabots et son utilisation pathétique du fantastique. On pense irrémédiablement à Rosemary’s Baby et on est atterré de voir que le chef-d’oeuvre de Polanski ait pu inspirer un produit aussi stupide. On se demande comment les producteurs, les techniciens et les comédiens perdus dans cette galère ont pu accepter de participer à un tel naufrage artistique et intellectuel. Darren Aronofsky est devenu complètement illuminé et ce dans le plus mauvais sens du terme. On le rangera désormais à côté de ces autres personnalités qui pullulent sur internet, faisant part de leurs expériences paranormales toutes plus dégénérées les unes que les autres en les enjolivant dans un emballage racoleur afin d'attirer dans leurs filets les esprits les plus faibles, à savoir les croyants de n’importe quelle religion et autres fanatiques ayant perdu toute notion de relativité et se vautrant dans des philosophies douteuses, inacceptables pour quiconque possède encore un minimum de sens critique.

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