Film

Quelques minutes après minuit A Monster Calls (v.o)

Date de sortie 04.01.2017
Durée 106 minutes
Age 12/14
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Impuls Pictures AG
Genre Drame
Réalisateur Juan Antonio Bayona
Acteur Felicity Jones Liam Neeson Sigourney Weaver
Note CLAP.CH
 
3.5/5
Note du public
 
3.5/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Conor, 13 ans, préférerait ignorer que sa mère, très malade, pourrait bientôt mourir. Pour le garçon introverti, vivre auprès de sa grand-mère sévère est tout sauf rassurant. Souvent victime de mauvais tours à l'école, Conor se retire toujours plus dans son propre monde aux allures de conte de fée. Il fait le même rêve toutes les nuits: l'arbre millénaire dressé devant sa fenêtre se transforme en monstre noueux de branches et d'écorce. Effrayante au départ, la créature semble pourtant la seule à comprendre ce que pense Conor. Jusqu'au jour où l'arbre met l'enfant au défi... Le réalisateur de THE IMPOSSIBLE, Juan Antonio Bayona, maître du cinéma des émotions, porte à l'écran le roman pour la jeunesse éponyme signé Patrick Ness, un conte aux images époustouflantes sur la peur et le courage.

Juan Antonio Bayona

Felicity Jones

Liam Neeson

Sigourney Weaver

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 2 janvier 2017
 

Un enfant malmené, une mère mourante, un père absent, une grand-mère sévère, un entourage sans empathie, des paysages lugubres et un monstre végétal: tout est réuni dans Quelques minutes après minuit pour faire vibrer la cordes sensible, mais sans grande subtilité et de manière insistante.

Après The Impossible, deux épisodes pour une série TV, Penny Dreadful et un documentaire, 9 Dias en Haiti, le réalisateur du mémorable L’Orphelinat, Juan Antonio Bayona, revient sur grand écran avec l’adaptation d’une historie édifiante, manquant singulièrement de finesse. Du haut de ses treize ans, Conor (Lewis McDougall) vit dans un cauchemar au lieu de jouir de la vie comme un garçon de son âge. Sa mère se meurt d’un cancer irréversible, son père vivant outre-Atlantique ne réapparaît que pour ce drame, sa grand-mère (Sigourney Weaver) se comporte avec lui de manière très sévère, il est la tête de turc d’un groupe de camarades antipathiques, il passe ses nuits à faire de très mauvais rêves et la fenêtre de sa chambre donne sur le cimetière de son village au centre duquel trône un arbre inquiétant. Un soir, quelques minutes après minuit, comme le suggère le titre français du film, un monstre l’appelle, à l’instar du titre original de l’oeuvre. L’arbre prend vie et vient à sa rencontre. Il propose un marché à Conor: il lui narre trois contes et, en échange, le garçon devra lui raconter sa propre histoire.

C’est là la partie la plus intéressante du long métrage, concrétisée par trois films d’animation brillants. Le monstre prend un malin plaisir à inverser la narration classique des contes de fées et à brouiller les apparences. Ainsi, les gentils et les méchants ne sont pas ceux que l’on croit. Cette méthode doit bouleverser Conor face à la mort inéluctable et imminente de sa mère et le pousser à affirmer sa personnalité, au lieu de le laisser sombrer dans la fatalité, sans se révolter. Malheureusement, Quelques minutes après minuit tend à défendre la théorie inverse et charge beaucoup trop son personnage principal pour que l’on puisse s’identifier à lui, par une insistance lourdaude à son malheur. Au final, où l’on devrait éprouver de la compassion pour Conor, on ne ressent que de de la pitié. Et ce n’est pas la conclusion sombrant dans la facilité émotionnelle de la transmission entre Conor et sa mère qui vient alléger ce film manquant singulièrement de subtilité, au profit d’une grosse machine conçue pour faire pleurer dans les chaumières. Et c’est fort dommage.


Minnie Equey | Lundi 2 janvier 2017
 

Présenté comme un film pour enfants, Quelques minutes après minuit est difficile à déterminer pour quel public il est destiné. Tiré du roman du même nom de Patrick Ness, le nouveau film de Juan Antonio Bayona (The Impossible) est certainement le plus beau premier film de ce début d'année.

La thématique choisie est extrêmement sombre mais est racontée d'une telle manière qu'il est difficile de ne pas être emporté. Tout d'abord, la mise en scène est certes sobre mais l'intelligence de Juan Antonio Bayona est de présenter cette aventure sous une forme personnelle, presque intime. Souhaitant que Quelques minutes après minuit devienne son cinquième roman, l'auteur britannique Siobhan Dowd s'attela à son écriture. Mais, la maladie l'emportant en 2007, la fin sera terminée par Patrick Ness qui donnera vie au roman complet. Une anecdote qui renforce encore plus la tendresse ressentie dans le film. Au-delà d'une histoire de monstre, il est principalement question de deuil.

Pour parfaire encore plus cette histoire, le casting est un des atouts majeurs de ce long métrage. Sigourney Weaver (Chappie), Felicity Jones (Rogue One: A Star Wars Story), Toby Kebbell (Ben-Hur), Geraldine Chaplin (Wolfman) ou encore Liam Neeson (La Grande Aventure Lego). Ce dernier incarne le fameux monstre avec une certaine douceur, mélangée à un sentiment de tristesse. Mais c'est bien le jeune Lewis MacDougall (Pan) qui crève l'écran. Face à un parterre de grands noms du cinéma, le comédien britannique s'impose par un jeu d'une tendresse légère. Il faut dire que son personnage n'est pas aisé à incarner. Son monde semble s'écrouler et de ce fait, les émotions se devaient d'être réelles. Là est la force de Lewis MaCDougall. Une interprétation qui ne peut laisser de marbre.

L'intérêt également de Quelques minutes après minuit est la façon d'aborder la mort sous un angle, certes cru, mais audacieux. Un deuil doit être vécu de la manière la plus personnelle qui soit et le nouveau film de Juan Antonio Bayona reflète ce travail avec une intelligence déconcertante. Quelques minutes après minuit reste un film pour enfants. Certes, il n'est pas à l'image des derniers films sortis récemment. Si le sujet reste sérieux dans son intitulé, il n'est pas moins pertinent de le partager avec un jeune public. 

Quelques minutes après minuit est un film intelligent qui porte un regard nouveau sur des sujets durs. Un moment intense qui ne laisse pas indifférent. Il faut dire que tout dans le film n'est au final qu'une ode à la vie et c'est le sujet même de ces Quelques minutes après minuit. Un sentiment que le public de tous âges saura comprendre. Evidemment, certaines séquences sont effrayantes et déstabiliseront le spectateur qui n'aura pas été préparé. Mais au-delà de ces frayeurs, il est de bon ton de vivre le film tel qu'il est montré.

Quelques minutes après minuit est donc le film majeur de ce début d'année. Tendre, touchant, triste mais très humain, le nouveau chef-d'oeuvre de Juan Antonio Bayona est avant tout un film familial. Une magnifique pépite qui s'avère être une réussite indéniable.

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