Film

Alien: Covenant Alien: Covenant (v.o)

Date de sortie 10.05.2017
Durée 122 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Fox
Genre Science fiction
Réalisateur Ridley Scott
Acteur Billy Crudup Michael Fassbender James Franco [+]
Scénariste John Logan
Producteur Walter Hill Ridley Scott
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
4.5/5
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Synopsis

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Ridley Scott

Billy Crudup

Michael Fassbender

James Franco

Guy Pearce

Noomi Rapace

Katherine Waterston

John Logan

Walter Hill

Ridley Scott

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 8 mai 2017
 

L’ère de la race supérieure

Avec ce nouvel opus mettant en scène les xénomorphes imaginés par H.R. Giger, la saga Alien prend un tour politique des plus pertinents en totale adéquation avec notre époque dérangée et troublée.

En 1979, une affiche de cinéma dévoilant un oeuf gris d’où s’échappait une substance jaune et verte proclamait: «Dans l’espace, personne ne vous entend crier». Il s’agissait d’Alien, deuxième long métrage d’un jeune cinéaste britannique, Ridley Scott. Son film fera date et offrira une renommé mondiale à l’artiste suisse créateur de son monstre vedette, H.R. Giger, qui sera récompensé par un Oscar en 1980. Trente-huit ans plus tard, à l’aube de ses huitante printemps, Scott poursuit la genèse de ce que l’on peut affubler du titre de parasite ultime, entamée avec Prometheus en 2012.

Après un prologue lumineux où l’on assiste à une conversation entre un richissime créateur, Peter Weyland (Guy Pearce) et son protégé synthétique nommé David (Michael Fassbender) qui fera partie de l’expédition Prometheus, on se retrouve dans le vaisseau Covenant qui fait route vers une lointaine planète afin de la coloniser. Il reste sept ans et quatre mois  pour que ce long voyage touche au but. Constitué de deux mille hommes et femmes en hibernation, Covenant est régi par un synthétique, Walter (Michael Fassbender en incarnation du flegme absolu) et un ordinateur répondant au nom de Mère. Une tempête endommageant gravement le véhicule oblige Walter à réveiller les membres de l’équipage pour réparer les dégâts. Dans l’accident, le capitaine de la mission meurt et c’est Oram (Billy Crudup que l’on a plaisir à revoir depuis Jackie) qui prend le relais. Peu après, une fois les avaries colmatées, l’équipage intercepte un message audio de mauvaise qualité provenant d’une autre planète que celle de leur destination, mais plus proche. Il décide de s’y rendre. Sur cet environnement luxuriant et pluvieux, on découvre la carcasse du vaisseau qui avait permis à Elizabeth Shaw et son synthétique David de fuir après le désastre du Prometheus et la plaque d’immatriculation de cette dernière. Deux membres du Covenant qui ont eu la mauvaise idée de malmener malgré eux une sorte de végétation, se retrouvent vite très mal en point. L’horreur peut recommencer et elle sera encore pire que ce que l’on peut imaginer.

On le sait, le risque de sombrer dans l’exercice vain pour satisfaire les appétits souvent irréfléchis des fans les plus intransigeants, la redondance et l’ennui sont les ennemis jurés d’une saga ou dune série. Contre toute attente  Ridley Scott et ses scénaristes ne s’en soucient aucunement et livrent une oeuvre extraordinaire dont l’horreur passe du premier degré à un sous-texte encore plus angoissant. Bien sûr, Alien: Covenant contient ce qu’il faut de gore (on ne plaisante pas avec cela), mais il se permet une réflexion profonde, subtile et pertinente sur notre époque en proie à un repli sur soi plus ou moins mondial, à travers le personnage du synthétique David, seul rescapé de la tragédie du Prometheus. Il apparaît tout d’abord comme un sauveur pour les membres du Covenant en grande détresse avant de se révéler être l’équivalent des pires apprentis sorciers dont les exemples ne cessent de jalonner l’histoire de l’humanité et prolifèrent en même temps que la technologie devient incontrôlable. On a droit à des scènes particulièrement fortes comme celle du flash-back de l’arrivée sur la planète virant vers un hommage à peine déguisé au cataclysme que vécut Pompéi dans l’antiquité romaine ou celle de la rencontre entre David et Walter au tour d’une flûte à bec. Et quand on comprend finalement les plans particulièrement tordus de David, l’angoisse devient quasiment insupportable et fait passer les attaques des xénomorphes, pourtant traumatisantes, au second plan.

Alien: Covenant réussit le pari génialement audacieux de politiser l’horreur et la science-fiction cantonnées ces derniers temps à trop de séries B luxueuses sans véritable substance. Ce film beaucoup plus important qu’il ne pourrait paraître est une radiographie maligne de notre époque et laisse présager une suite de plus en plus sagace où les créatures vont devenir rien de moins qu’un enjeu politique renvoyant directement au mal absolu: le fascisme. Plus qu’un vulgaire blockbuster destiné à engranger des millions en jouant à faire peur, façon train fantôme, le dernier film de Ridley Scott sort de la case divertissement pour devenir une incroyable oeuvre d’art qui fera réfléchir encore longtemps. La très grande classe.

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Votre avis sur ce film:
 

Clapman | 10.05.2017 22:58
 
Esthétiquement moins réussi que Prometheus mais une suite valable et louable. La tension et l'horreur sont au rendez-vous et le Xénomorphe cher au Maître rempli sa mission. Que veut-ont de plus ? Une suite peut-être ? Merci David ;-)

Cid | 10.05.2017 15:35
 
Vu hier soir en avant-première et au vu des réactions qui parcourent déjà le web ce nouveau volet d’Alien va à coup sûr diviser une fois de plus, tout comme Prometheus à sa sortie. Pour ma part, même si tout n’est pas parfait, je suis sorti de ce visionnage ravi et j’ai vécu une séance ciné bien intense. Le film commence dans la lumière et par une discussion très intéressante entre le créateur Peter Weyland et sa création ultime, David qui prendra place dans l’expédition Prometheus. Un prologue qui pose les bases de cette aventure avec des dialogues précis et pointus. Puis on bascule dans l’obscurité de l’espace à bord du Covenant avec Walter, l’autre synthétique interprété tout comme David par le très classe Michael Fassbender, le lien est fait. Le Covenant c’est un vaisseau colonie avec à son bord un équipage, un synthétique, un ordinateur répondant au doux nom de Mother, des hommes, femmes et fœtus en hibernation en route pour une planète éloignée dans le but de s’y établir. Mais voilà après avoir subi un incident spatial, ce gentil voyage va soudainement changer d’orientation et dévoiler son intrigue. Je n’en dirai pas plus et vous laisserai découvrir la suite dans le film. Que les amateurs de la Licence se rassurent, ce volet ne déroge pas à la règle avec son lot de scènes gores, par moment bien trash quand même ainsi que son ambiance oppressante et angoissante. Pour ce Covenant, Ridley Scott ne s’est pas arrêté aux standard et classiques de la Licence, en plus des éléments forts de la série, il intègre une remise en question assez pertinente sur notre monde et ses tourments à travers le personnage de David. Concernant les diverses créatures du film, il y a également de quoi faire et combler les attentes mêmes s’il aurait été peut-être sympa d’en dévoiler plus sur l’évolution des divers Xénomorphes, vous verrez de quoi je parle dans le film. Visuellement ce nouvel Alien est par moment ahurissant avec des plans lithographiques et une planète qui regorge de détails. Même si ça reste très sombre, ambiance du film oblige, les divers détails architecturaux sont magnifiques et judicieusement dévoilés. Donc pour ma part ce nouveau volet m’a convaincu et j’avais apprécié Prometheus (je sais que c’est contraire à pas mal de monde) mais Covenant est supérieur. En mélangeant toujours aussi habilement la science-fiction et l’horreur, Ridely Scott se sert également de son film pour véhiculer d’autres messages qui forcent la réflexion après le film comme peu savent le faire… C’est donc un pari gagnant et je ne peux que vous conseiller son visionnage.

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