Film

Premier contact Arrival (v.o)

Date de sortie 07.12.2016
Durée 117 minutes
Age 10/14
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Walt Disney Suisse
Genre Science fiction
Réalisateur Denis Villeneuve
Acteur Amy Adams Jeremy Renner Forest Whitaker
Note CLAP.CH
 
2.5/5
Note du public
 
3.5/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Douze mystérieux vaisseaux spatiaux atterrissent en même temps dans différentes régions du monde. Leur équipage et leurs intentions constituent une énigme. Pour prévenir une paranoïa mondiale et écarter le danger d’une guerre, l’armée réunit une équipe d’élite, autour de la linguiste Louise Banks (Amy Adams) et du mathématicien Ian Donnelly (Jeremy Renner), chargée d’établir le contact. Les efforts déployés pour obtenir des réponses se muent en course contre la montre. Le temps est compté, pour l’équipe et pour toute l’humanité.

Denis Villeneuve

Amy Adams

Jeremy Renner

Forest Whitaker

Critiques

Max Borg | Lundi 5 décembre 2016
 

POUR

En 2017 nous verrons enfin la suite de Blade Runner, dont la réalisation a été confiée au Québecquois Denis Villeneuve. D'un certain point de vue, c'est une évolution naturelle dans la carrière du cinéaste, du moins si l'on pense à ses films en langue anglaise: Prisoners contient le côté sombre, Enemy l'imagerie irréelle et Sicario les scènes d'action. Les trois longs métrages sont aussi marqués par un excellent travail sur les personnages, caractéristique qui revient dans Premier contact, le film qui prouve également que Villeneuve est capable de gérer un projet de genre avec un budget considérable. 

Tiré de la nouvelle de Ted Chiang, Premier contact est, comme le suggère son titre français, l'histoire de l'arrivée d'une race extraterrestre sur notre planète et de la tentative de communiquer avec eux. Pour accomplir cela, l'armée américaine recrute la linguiste Louise Banks (Amy Adams) et le physicien Ian Donnelly (Jeremy Renner) dans le but de comprendre l'écriture de ces créatures. D'autres équipes font la même chose ailleurs, les vaisseaux s'étant manifestés à douze endroits différents. Alors que d'autres pays commencent à penser à une déclaration de guerre contre les visiteurs, Louise est persuadée que leur présence est positive pour le futur de la race humaine. Mais à quel prix?

S'appuyant de façon magistrale sur la tradition de la science-fiction comme instrument allégorique pour traiter des sujets plus profonds, Villeneuve et le scénariste Eric Heisserer utilisent le thème de la communication pour examiner les relations entre les pays de notre monde. De plus, sur le plan technique, Premier contact est une grande leçon de montage, tenant compte de la présence d'une excellente méditation sur la nature non-linéaire du temps (on n'en dira pas plus).

Certes, la partie finale s'approche un petit peu du cliché hollywoodien (mais cela est dû à la source littéraire). Cela dit, la force émotionnelle du film reste intacte grâce à la prestation d'Amy Adams, une actrice dont le talent ne cessera jamais de nous éblouir. Heureusement que, entre un Superman et l'autre, elle a la chance de jouer dans de la science-fiction capable de l'utiliser de la bonne manière. 


Remy Dewarrat | Lundi 5 décembre 2016
 

CONTRE

Comme il est très à la mode de tout catégoriser, on pourrait inclure le nouveau film de Denis Villeneuve dans un genre de science-fiction existentielle à la philosophie cul-cul la praline, tendance paranormale, comme Contact de Robert Zemeckis, ou Inception et Interstellar de Christopher Nolan, pour n’en citer que trois.

Attention, la suite de la lecture de ce texte risque de spolier le (dé)plaisir de ceux qui n’ont pas encore vu le film. On leur conseillera d’y revenir quand ce sera fait.

Le tout commence par une séquence qui marche très maladroitement sur les traces de Terrence Malick avec caméra en apesanteur et voix-off déblatérant la pensée intime de l’héroïne de l’histoire, pour nous faire comprendre que cette dernière a eu une fille trop vite emportée par une maladie non définie. Cette femme meurtrie par ce deuil terrible et vivant seule s’appelle Louise Banks (Amy Adams) et est un éminente professeur de linguistique. Un jour, elle est sollicitée par l’armée américaine qui a besoin de ses lumières pour comprendre un phénomène impliquant toute la planète: douze vaisseaux spatiaux, ressemblant à d’immenses quartiers de mandarine noirs, sont apparus à divers endroit de la terre, dont un au Etats-Unis, forcément. Les locataires de ces engins invitent les humains à prendre contact en leur ouvrant une porte. Louise et un scientifique, Ian Donnelly (Jeremy Renner), ont pour mission de déchiffrer le langage de ces visiteurs particuliers afin de comprendre ce qu’ils peuvent bien faire ici et ce qu’ils veulent. Et ce n’est pas chose aisée, car les deux ambassadeurs extraterrestres s’expriment bizarrement par des sons indéchiffrables, à travers une vitre, ce qui empêche tout contact proprement physique. A cause de leur ressemblance à de gros mollusques pourvus de sept tentacules (bonjour l’originalité du visuel), ces derniers sont vite baptisés heptapodes. Voyant que le langage oral ne donne rien, Louise décide de passer à l’écrit. Et là, les heptapodes réagissent à ses pancartes en dessinant dans l’air à l’aide d’une fumée noire des formes circulaires: symbolisme de la boucle sans fin qui justifiera le naufrage complet du scénario par la suite. Petit à petit, Louise parvient à se faire comprendre en déchiffrant ces hiéroglyphes, mais le chemin est long pour parvenir à la raison de leur présence sur Terre.

Jusqu’ici, Premier Contact est encore assez convaincant, mais les choses se gâtent très vite. Louise s’avère être médium (comme c’est pratique), pouvant communiquer avec sa fille défunte de l’introduction et voir l’avenir. Dès lors, on sombre dans le très grand n’importe quoi. On nous fait comprendre que la fille de Louise n’est pas encore née puisqu’elle sera conçue avec Ian après le départ des heptapodes. Elle sait aussi que la pauvre va mourir jeune et que c’est en le dévoilant à Ian que ce dernier la quittera, ce qui nous vaut un moment de ridicule olympien quand elle déclare à son futur compagnon, alors qu’ils ne se sont encore même pas touchés: «Je sais pourquoi mon mari (donc lui qui ne se doute encore de rien) m’a quitté.»

Et les extraterrestres dans tout ça? Oh c’est simple, leur présence avait pour but de réconcilier les hommes entre eux. À un moment donné, l’armée chinoise décide de se débarrasser du vaisseau qui se trouve sur leur territoire en usant de la force. Ils sont suivis par les Russes évidemment. Et le salut viendra des Etats-Unis par le truchement de Louise qui parviendra à trouver le numéro de téléphone du Général chinois pour le convaincre dans sa langue que les heptapodes n’ont rien de belliqueux et qu’il y a eu un vice de langage où le mot arme s’est confondu avec outil.

On sort donc de cette chose, dont seules la plastique et la musique sont à sauver malgré elles, atéré par tant de nunucherie proche des pires bondieuseries, la religion étant remplacée par une philosophie de bas étage, s’appuyant sur le tellement vendeur larmoiement qui exclut toute réflexion intelligente, au profit d’un sentimentalisme mercantile. On en rirait si tout cela n’était pas aussi sérieusement convaincu de son message de bienséance et de paix entre les peuples à deux balles.

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