Film

The Neon Demon The Neon Demon (v.o)

Date de sortie 08.06.2016
Durée 117 minutes
Age 16/16
Pays Danemark (Danmark) , France , États-Unis (United States)
Distributeur Impuls
Genre Horreur , Thriller
Réalisateur Nicolas Winding Refn
Acteur Elle Fanning Christina Hendricks Jena Malone [+]
Note CLAP.CH
 
2.5/5
Note du public
 
0.5/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante, sa beauté et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

Nicolas Winding Refn

Elle Fanning

Christina Hendricks

Jena Malone

Keanu Reeves

Critiques

Max Borg | Lundi 6 juin 2016
 

En 2011, Nicolas Winding Refn était le chouchou des fréquentateurs du Festival de Cannes, son film Drive ayant séduit la presse et le jury présidé par Robert De Niro, qui lui donna le prix de la mise en scène. Deux ans plus tard, le Danois retourna sur la Croisette avec un long métrage troublant et abstrait, Only God Forgives, qui ne fit pas l'unanimité (la preuve: les deux avis de la rédaction de ce site). L'histoire se répète encore une fois en 2016, avec The Neon Demon, un soi-disant film d'horreur qui se déroule dans le monde de la mode. Un film où on retrouve des scènes de cannibalisme et nécrophilie. Un film plein de mort, que le cinéaste a dédié à son épouse, Liv. Or, en danois, "liv" signifie également "vie". On peut donc imaginer que Refn ait voulu créer une sorte de jeu de mots, en signant un film qui est, paradoxalement, dédié "à la vie". 

The Neon Demon est un film qui défie les attentes, et l'hommage/blague dans le générique de fin en est un très bon exemple. Ceux qui souhaitent voir un film d'horreur au sens traditionnel du terme seront déçus, car le suspens est aussi abstrait que le film lui-même, et les scènes mentionnées avant sont plutôt du côté du ridicule (volontaire). Keanu Reeves, le visage le plus connu dans un groupe d'acteurs talentueux, est choisi pour un rôle qui lui permettrait, en principe, de déchaîner son côté le plus trash, mais cette promesse n'est maintenue qu'à moitié. La satire sur la mode et sur le style de vie californien est, elle, quasiment inexistante, car tout a déjà été dit à ce sujet. Il y a quand même la fameuse réplique: «La beauté n'est pas tout. C'est la seule chose.» Une phrase qui s'applique très bien, avec le second degré, au film qu'on vient de voir.

Plongés dans un voyage chromatique séduisant et bizarre, on peut se demander, bien sûr, si ce n'est qu'une moquerie de la part de Refn. Et la réponse est peut-être «oui». Mais de l'autre côté la passion viscérale du cinéaste pour le domaine dans lequel il travaille est évidente, et celà justifie cette énième expérience sensorielle en sa compagnie. On sort de la salle remplis de joie, ou de colère. Peu importe, il suffit que l'on ait une réaction forte, et cette oeuvre ambitieuse et, d'un certain point de vue hilarante, garantit que l'indifférence ne soit pas à l'ordre du jour. Que l'on aime ou déteste, Refn est devenu lui-même une marque (voir le générique du début), dont la place dans l'histoire du cinéma aura un statut assez particulier. 


Firouz-Elisabeth Pillet | Lundi 6 juin 2016
 

Depuis le succès de Drive (2011), le cinéaste danois Nicolas Winding Refn est sous la loupe des critiques: son dernier film, The Neon Demon, était très attendu sur la Croisette. Mettant en vedette Elle Fanning, Jena Malone, Abbey Lee, Bella Heathcote, Karl Glusman, Keanu Reeves, Desmond Harrington, Alessandro Nivola, Christina Hendricks, le film se déroule dans le domaine de la mode et du mannequinat mais la version représenté dans The Neon Demon s’intéresse aux aspiration, aux jalousies  et au jeu pervers des influences. L'expérience de certaines contraste avec la naïveté et la chair intacte des nouvelles venues qui ne voient miroiter que les paillettes sans imaginer les drames qui se trament en coulisse.

La maquilleuse Ruby (Jena Malone) semble bienveillante à l’égard de Jesse (Elle Fanning), jeune adolescente de seize ans fraichement débarquée de sa province dans l’espoir de percer comme mannequin à Los Angeles. Sous la houlette de Ruby qui la présente à un photographe coté, Jesse semble voir son rêve de podium et de célébrité se concrétiser. Sarah (Abbey Lee), l’ancienne égérie, soudainement déchue, va rapidement mettre Jesse au diapason. 

En visionnant The Neon Demon, on se demande si Drive, qui allait devenir un succès commercial conséquent ne ne ressemble pas maintenant à une sorte d'accident bizarre. Son dernier travail s’apparente à une errance artistique aux tons psychédéliques peu convaincants dans des séquences récurrentes où scintillent un losange ou des triangles en néon sur fond noir, scintillement qui rappelle le clinquant des défilés des mannequins sur les podiums. Mais rapidement le cauchemar, trempé de sueur froide, prend le dessus, entre exigences capricieuses et éclats hargneux.

De toute évidence, le réalisateur de Only God Forgives s’est fait plaisir en déshabillant ses actrices et en portant sur grand écran des phantasmes dont on aurait pu se passer (une scène de nécrophilie qui n’apporte rien au récit). On s’interroge sur la présence d’un tel film en compétition à Cannes cette année. D’ailleurs, nombre de spectateurs parmi le parterre de journalistes ont quitté la salle bien avant le générique de fin. Ceux qui sont restés, par conscience professionnelle ou par masochisme, ont pu savourer un chœur de huées à la fin de ces deux heures insoutenables de projection.

La scène finale se veut inspirée de Bunuel mais frise la ridicule et a suscité une avalanche d’éclats de rire. La bande-son du film, oscillant entre techno et électro, complète ce tableau désopilant qui ne mérite pas que l’on s’y intéresse. On espère que Nicolas Winding Refn se ressaisisse au plus vite.


Remy Dewarrat | Lundi 6 juin 2016
 

Ce qui agace au sortir du dernier film de Nicolas Winding Refn c’est non seulement le long métrage lui même, mais aussi, et surtout, son accueil hypocrite de la part d’une clique en mal de publicité qui y voit du génie, sous le prétexte du premier degré de la chose, ce qui est paradoxalement son énorme faiblesse. Deux mots viennent à l’esprit à la fin de la projection: esthétisant et lourdingue.

Pendant 1h30 on assiste, dans un ennui abyssal fait de clichés et à l’imagerie digne des pires événements liés à la mode, à l’apprentissage de modèle de Jesse, une jeune provinciale mineure naturellement belle venue tenter sa chance à Los Angeles et jalousée par ses consoeurs déjà en place, toute refaites d’une manière ou d’une autre. On nous pousse dans un monde froidement sexy et racoleur puisqu’il paraît que c’est cela qui plaît: sexe et violence. La premier contrat de Jesse la met en scène dans une séance photo où elle joue une fille égorgée vêtue d’une robe bleue brillante. L’envers du décor ne vas pas plus loin en nous infligeant un motel crasseux tenu par un gérant libidineux et pédophile.

Mais comme la production a jugé, dans une erreur monumentale, de nous avertir bien à l’avance dans l’immense café du commerce qu’est le résautage social, que The Neon Demon était un film d’horreur, on l’attend de pied ferme. Et elle vient telle une armée de panzer à la charge dans la dernière demie-heure qui enchaîne les scènes les plus ridicules dont on vous épargnera ici le contenu tellement il n’en vaut pas la peine. Rarement sur un écran le symbolisme n’aura été aussi indigeste et consternant de stupidité provocatrice, afin de satisfaire les esprits les plus retords, ceux qui pensent qu’il est de bon aloi d’affirmer une perversion et un goût prononcé pour le malsain qu’ils n’assument toutefois pas. Plus le film avance et plus il s’enfonce dans cette médiocrité chère aux contradicteurs qui aiment briller dans les salons en pensant être, à tort, à contre-courant.

On assiste ici impuissant au phénomène extrême inverse de l’étalage de la sacro-sainte émotion, en subissant une provocation dont la lourdeur n’a d’égale que la facilité. Dans les deux cas, on ne s’adresse pas à l’intelligence de son spectateur, mais à ses instincts les plus bas, et c’est affligeant.


Laurent Billeter | Lundi 6 juin 2016
 

2016 est l'année qui marque le retour du cinéaste danois Nicolas Winding Refn sur grand écran. Après l'incroyable et l'excellent Drive en 2011, le surprenant Only God Forgives en 2013, le réalisateur présente un tout autre genre de film.

Annoncé comme un évènement au festival de Cannes, le long-métrage a tristement fini sous les critiques négatives d'une quantité innombrables de médias, mais à tord. A commencer par la composition musicale faite par Cliff Martinez qui retrouve ainsi Nicolas Winding Refn. Contrairement à ce que le public pourrait croire, le musicien n'est de loin pas à ses premières créations. Il avait même écrit une mélodie pour Le 5ème Elément de Luc Besson en 1997. Il est toutefois vrai qu'il a trouvé sa véritable ligne de conduite avec le genre New Wave. Cela c'était d'ailleurs fort bien entendu en 2011 avec Drive.

Mais Cliff Martinez n'est pas le seul atout du long-métrage. Le casting est aussi fort impressionnant. Certes, Elle Fanning (Trumbo) a le premier rôle et l'interprète très bien, mais les plus admirables, et trop effacés par les critiques, reste la brillante et séduisante Jena Malone (Sucker Punch) ainsi que l'apparition surprenante de Keanu Reeves (John Wick). Leurs textes sont plutôt riches et leurs séquences d'action sont très bien tournées.
C'est d'ailleurs l'élément le plus notable: le visuel du film. L'esthétique ajoute une complémentarité parfaite. Ainsi, le visuel devient un personnage à part entière et ce tout au long de l’œuvre. Avec The Neon Demon, le cinéaste affirme une fois de plus qu'il sait très bien s'entourer d'excellents directeurs, de la photographie.

Certes, le récit est plutôt lent. Il est fort probable que les spectateurs se perdent durant la trame à cause du manque de clarté de certains plans. Mais le milieu hypocrite et cinglé qu'est la mode, est formidablement bien mis en avant. Certaines tenues sont tellement extravagantes, que s'imaginer les porter est impossible. Une réalité malheureusement vraie. Tout comme les capacités dangereuses de l'être humain à se détruire au nom de la convoitise et de la jalousie. Fait étonnant, car Nicolas Winding Refn a réussi à combiner ce milieu professionnel avec de l'horreur ainsi qu'une bonne dose d'hémoglobine. La nudité des actrices est effectivement présente, mais elle n'est nullement vulgaire.

Par contre, il est certain que ce long-métrage s'adresse à un public particulier. Tout d'abord aux personnes amatrices ou connaisseuses de la mode. Les jeunes appréciant les films de super-héros ou autres scénarios pour adolescents, se retrouveront très vite perdu par l'intrigue et l'esthétique de The Neon Demon. Avec une approche plutôt intellectuelle, sans être démoralisante comme chez Woody Allen, il est probable que les quarantenaires et les personnes savourant les effets sanglants plus subtiles, apprécieront d'avantage cette réussite.
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Minnie | 08.06.2016 22:28
 
Mais quelle déception... quelle grosse déception. Après le génial, le magnifique, l'OVNI qu'était Drive et surtout le plutôt intéressant Only God Forgives, le dernier Refn est une déception pathétiquement ennuyeuse. Et pourtant, l'esthétisme du film est beau et est bien rendu grâce à la musique de Cliff Martinez encore une fois. Mais le scénario est inexistant... Et c'est bien dommage car le casting alléchant et promoteur aurait pu le servir. A croire que Nicolas Winding Refn s'est lui-même perdu dans les méandres de son scénario. Dès lors, on s'ennuie à mourir devant cette recherche du succès parfait servi par les rêves de gloire que miroite Hollywood. Bien entendu Elle Fanning est magnifique et fait réellement oublier sa grande soeur tant ses rôles sont intéressants et osés. Jena Malone est effectivement très mystérieuse dans son rôle (bien qu'une certaine séquence n'était pas obligatoire à mon sens). Pour les deux jeunes filles mannequins, il faut avouer qu'il en faut du courage pour être des sadiques avides de cette jeune beauté... mais il n'empêche que l'ennui prend le dessus très très vite et au final, on se retrouve dans une histoire sans queue ni tête qui n'incite qu'à bailler longtemps, très longtemps en espérant que le générique de fin vienne enfin nous libérer de ce gouffre cinématographique. Dommage, vraiment dommage...

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