Film

Anomalisa Anomalisa (v.o)

Date de sortie 27.01.2016
Durée 90 minutes
Age 12/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Universal Suisse
Genre Animation , Comédie dramatique
Réalisateur Duke Johnson Charlie Kaufman
Note CLAP.CH
 
2.8/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

Michael Stone, mari, père et auteur respecté de « Comment puis-je vous aider à les aider ? » est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. Lors d'un voyage d'affaires à Cincinnati où il doit intervenir dans un congrès de professionnels des services clients, il entrevoit la possibilité d’échapper à son désespoir quand il rencontre Lisa, représentante de pâtisseries, qui pourrait être ou pas l’amour de sa vie…

Duke Johnson

Charlie Kaufman

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 25 janvier 2016
 

CONTRE

Bon d’accord, quatre ans de travail en stop motion, ce n’est pas rien, mais ce n’est pas un critère absolu de qualité. Passons donc sur le mérite des nombreux techniciens qui ont bossé durement la-dessus pour s’intéresser au produit final, car on ne juge pas une voiture à sa fabrication, mais à sa tenue de route. Et là, on tombe sur un film ennuyeux au possible et énervant tant il use et abuse d’un intellectualisme arrogant et condescendant, au même titre qu’un film d’action décérébré ne flatte ses amateurs que par son bruit et sa fureur.

On suit un personnage détestable qui vient à Cincinnati pour faire la promotion d’un de ses infectes livres de développement personnel dans le monde du travail. Ce tout petit monsieur pense que tout lui est dû et joue les coq de basse-cour en distillant un flot ininterrompu de paroles toutes plus agaçantes les unes que les autres, faites de formules à l’emporte pièce, sensées représentées la vérité.

On a donc droit à l’interminable trajet en taxi qui le même à son hôtel et à l’insupportable introspection qu’il nous inflige. Car monsieur se prend la tête de savoir s’il va pouvoir coucher avec une femme avant son intervention du lendemain. Ah oui, il ne faut pas oublié qu’il est déjà adulé par une horde de fans qui, comme souvent dans ce cas, se comporte avec lui comme des larves. Et ò surprise, il tombe sur une fille naïve qui est là pour l’entendre déblatérer sur ses recettes de vie et qui va vite s’avérer très facile en acceptant de coucher avec lui sans grande résistance. Et on part dans une longue séquence sexuelle toujours aussi bavarde. C’est génial, on a jamais vu cela dans un film d’animation, quelle audace et blabla, peut-on lire à gauche et à droite. La belle affaire, une scène de cul reste une scène de cul quand elle n’a rien d’autre à montrer, et c’est furieusement le cas ici.

On passera sur la conclusion toujours aussi verbeuse qui se veut philosophique sur les rapports éphémères homme-femme et on se hâtera de quitter la salle pour aller chercher une vraie réflexion sur l'existence ailleurs


Max Borg | Lundi 25 janvier 2016
 

POUR

On associe le nom de Charlie Kaufman à des récits bizarres, intertextuels, bourrés de symbolisme et pas faciles à déchiffrer, voire même distribuer. La preuve: son premier film en tant que réalisateur, Synecdoche, New York, présenté en compétition à Cannes en 2008 et marqué par une prestation majeure de Philip Seymour Hoffman, n'a pas eu de vraie vie dans la plupart des salles en dehors de quelques festivals et sorties presque invisibles. C'est pourquoi on se réjouit de retrouver en salle ce petit bijou qu'est Anomalisa, primé à la dernière Mostra de Venise et nommé aux Oscars dans la catégorie des films d'animation. 

L'intrigue est centrée autour de Michael Stone (voix anglaise: David Thewlis), un écrivain qui se rend à Cincinnati pour la promotion de son dernier ouvrage. Véxé par la banalité de sa vie quotidienne, il se trouve face à una réalité où tous ses interlocuteurs, hommes et femmes, ont le même visage et la même voix (Tom Noonan, identifié comme "Everyone Else" dans le générique). Tous, sauf une personne: Lisa Hesselman (Jennifer Jason Leigh), "Anomalisa", la voix qui arrive à se distinguer dans cet océan de conformité. Et ainsi commence une nuit que Michael n'oubliera pas facilement.

Kaufman, qui partage la mise en scène avec Duke Johnson, avait déjà abordé un sujet étroitement lié aux couples dans le magnifique Eternal Sunshine of the Spotless Mind, rare exemple de film capable de stimuler dans la même mesure le cerveau et le coeur. Il a réussi de nouveau avec Anomalisa, son récit le plus simple, qui est néanmoins situé dans un monde délirant et hypnotique que l'on reconnaît tout de suite comme venant de la tête qui nous donna jadis Dans la peau de John Malkovich. C'est un voyage émouvant, drôle, érotique (on a rarement vu des scènes de sexe aussi réalistes dans un produit animé), intelligent, plein de coeur, de sincérité et de poésie. Il est d'ailleurs drôle de faire le contraste entre les prestations chantées de Jennifer Jason Leigh dans The Hateful Eight et ce film-ci: chez Tarantino, c'était un interlude de mort; ici, un geste d'affection fait de vulnérabilité et de passion.    

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