Film

Star Wars: Episode VIII - Les Derniers Jedi Star Wars: Episode VIII - The Last Jedi (v.o)

Date de sortie 13.12.2017
Durée 150 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Walt Disney Suisse
Genre Science fiction
Réalisateur Rian Johnson
Acteur John Boyega Adam Driver Carrie Fischer [+]
Note CLAP.CH
 
2.5/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

Après que Rey (Daisy Ridley), Finn (John Boyega), Poe (Oscar Isaac) et le reste des troupes rebelles ont détruit la Base Starkiller du premier ordre, les héros trouvent enfin le temps de panser les plaies de la bataille. Tous les chemins mènent à ... Luke Skywalker (Mark Hamill).

Rian Johnson

John Boyega

Adam Driver

Carrie Fischer

Mark Hamil

Daisy Ridley

Critiques

Max Borg | Lundi 11 décembre 2017
 

                                             Les nouveautés de la Force

Rian Johnson signe le huitième épisode principal de la saga créée par George Lucas, en s’appropriant la galaxie lointaine pour l’emmener dans des endroits inédits sur le plan géographique, thématique et philosophique.

En 2015, la saga de Star Wars a eu une nouvelle vie en salle grâce à la sortie de l’Episode VII, Le réveil de la Force. Un opus spectaculaire, réalisé par J.J. Abrams, qui a réintroduit tous les éléments qu’on aimait de cet univers magique mais aussi attiré des critiques parce que selon certains il n’y avait rien de nouveau sous le double soleil de Tatooine. Or, comme Jurassic World quelques mois avant, le but principal du septième volet était justement de nous rappeler pourquoi nous sommes tombés amoureux de ce monde et obtenir de nouveau notre approbation après les dégâts de la deuxième trilogie. Comme l’avait déjà prouvé Rogue One l’an dernier,  Lucasfilm se sent maintenant libre de faire tout le possible avec cette galaxie lointaine. Voilà donc Les derniers Jedi, écrit et réalisé par Rian Johnson, dont la précédente incursion dans la science fiction avait produit le sublime Looper.

Après la défaite à la fin du film précédent, le Premier Ordre n’est pas encore prêt à se rendre, et la poursuite des troupes de la Résistance se fait toujours plus impitoyable. Pendant que Leia Organa (Carrie Fisher, à qui l’Episode VIII est dédié) essaie de maintenir l’espoir en vie, Rey (Daisy Ridley) vient de trouver Luke Skywalker (Mark Hamill), qui avait disparu sans laisser aucune trace. L’ancien maître Jedi sera-t-il capable d’apporter l’aide nécessaire pour vaincre le mystérieux Snoke (Andy Serkis)? Rey pense que oui, puisque Kylo Ren (Adam Driver) est rongé par les remords après avoir tué son père, Han Solo.

Les éléments reconnaissables sont tous en place: le texte initial, la musique de John Williams, les droides, les sabres laser, les discussions sur la Force, cette entité mystérieuse qui domine la saga dès le début et qui a engendré le contenu le plus discutable de la deuxième trilogie. Et pourtant, Les derniers Jedi n’est pas du recyclage, comme croiraient les plus cyniques.  Johnson, qui semble avoir eu droit à une liberté créative plus large par rapport au travail d’Abrams, aborde des sujets connus avec un œil critique, en remettant en question certaines choses qu’on croyait savoir de cet univers au potentiel infini. C’est notamment Hamill qui surprend le plus, en retrouvant Luke après trente ans. «L’heure des Jedi est finie», dit-il avec une lucidité mélancolique qui résume parfaitement l’esprit de cet épisode: il faut penser au futur, oublier la nostalgie. Laisser mourir le passé, comme dirait Kylo Ren.

Certaines modifications passeront pour du sacrilège auprès de certains, qui ont élevé Star Wars au même statut mythique que les Jedi dans les légendes que Luke contredit en parlant avec Rey. Mais ce sont des changements nécessaires, car on a beau être face à des histoires qui se passent il y a longtemps, même les mythes ont besoin d’un renouveau. Après avoir passé deux heures et demie avec une aventure spectaculaire et touchante qui amplifie aussi l’univers visuel de la saga (voir le casino galactique ou le désert de sel où a lieu une des grandes batailles), on peut dire que le futur est incertain. Et cela est un aspect positif. Quarante ans après ses débuts, la lutte éternelle entre les deux côtés de la Force est encore capable de nous surprendre. Raison de plus pour se déplacer dans les salles obscures, et vivre cette sensation d’émerveillement que le meilleur cinéma nous donne depuis toujours.


Remy Dewarrat | Lundi 11 décembre 2017
 

Ennuyeux comme une guerre qui s’éternise

A l’image de n’importe quelle guerre qui s’éternise, la saga intergalactique créée par George Lucas en 1977 commence très sérieusement à radoter comme un vieux vinyl rayé.

Au sortir de ce film attendu, on se demande bien pourquoi, comme le messie, on a envie de citer Bernard Blier, alias Bernard Milan dans Le Grand Blond avec une chaussure noire: «On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde… On tourne en rond!» Et c’était à prévoir au bout d’un moment car comment un récit aussi mince et pathétique, ne reposant que sur une guerre sempiternelle entre des méchants et des gentils, peut-il logiquement évoluer sans sombrer dans la répétition?  Difficilement, et ce ne sont pas les cent cinquante-deux nouvelles minutes proposées aujourd’hui qui feront avancer la cause de cette chose dont l’impact laisse pantois de consternation.

Il est absolument incompréhensible que ce produit mercantile par essence engendre une telle folie au point d’être devenue au fil des décennies et des générations une véritable religion avec tout ce que ce terme implique de négatif. Star Wars (SW pour ses fanatiques) est étudié sérieusement au niveau universitaire et fait donc vivre matériellement aux frais du contribuable certains pseudo-savants ou chercheurs qui feraient mieux de plancher sur autre chose de plus pertinent ou au minimum de plus intéressant, engendre des kilomètres de textes tous plus consensuels les uns que les autres et devient une raison d’être pour les plus atteints sans qu’aucun remède n’ait encore été trouvé.

Le seul argument que l’on rencontre quand on ose désapprouver la chose et sa horde d’adorateurs dévoués corps et âme se résume laconiquement à un désespéré et très libéral: «Si vous n’aimez pas, n’y allez pas!» Il est clair que face à une telle réaction, on ne peut que se conforter dans son opinion qui consiste à voir les fans de SW comme une immense secte réfractaire à toute critique et qui se complaît à vivre en autarcie. Alors oui, SW est à l’image du fanatisme dans son sens le plus stricte et contribue à la détérioration de plus en plus emblématique de l’esprit critique et de la réflexion la plus élémentaire. Les réseaux sociaux, royaume de la schizophrénie et de la paranoïa devenues l’illustration de la modernité technologique actuelle dans laquelle l’humain se perd, reflètent parfaitement cet état de fait: au moindre communiqué de la production de SW, on a droit à un déluge de commentaires qui viennent engrosser les innombrables versets de la communauté.

Avec ce huitième opus qui abusent des principes de la physique quantique, on constate de plus en plus clairement que ce produit patauge et peine à se renouveler et ce n’est pas surprenant, car son but ne consiste désormais plus qu’à convaincre de nouveaux membres à rejoindre le mouvement et satisfaire ceux qui ont déjà la foi, comme n’importe quelle religion. Partant d’une base manichéenne dont l’univers ne se résume qu’à une guerre sans fin, SW brode indéfiniment la-dessus en attisant sans cesse le conflit car, si celui-ci venait à trouver une issue, la poule aux oeufs d’or finirait par mourir. On oscille donc sans cesse entre le camp des bons et celui des mauvais et on rallume régulièrement la mèche à grand renfort de désir de vengeance familiale et de conflits internes au sein des deux clans. Et si l’on veut que SW trouve un véritable sens à son existence, il faudra forcément y mettre un terme un jour. On en est malheureusement très loin et ce produit s’accroche comme une moule à son rocher, sombrant inéluctablement vers l’ennui le plus profond pour les non-croyants.

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