Film

Warcraft Le Commencement Warcraft The Beginning (v.o)

Date de sortie 25.05.2016
Durée 123 minutes
Age 14/14
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Universal Suisse
Genre Action , Fantastique , Aventure
Réalisateur Duncan Jones
Acteur Travis Fimmel Ben Foster Paula Patton
Note CLAP.CH
 
2.5/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

Le pacifique royaume d'Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d'envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu'un portail s'ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l'autre à l'extinction. De côtés opposés, deux héros vont s'affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie. Ainsi commence une saga spectaculaire sur le pouvoir et le sens du sacrifice, dans laquelle la guerre

Duncan Jones

Travis Fimmel

Ben Foster

Paula Patton

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 23 mai 2016
 

Après avoir vu Warcraft, on se demande si Hollywood qui est de plus en plus au Septième Art ce que MacDo est à la gastronomie, n’est pas en train de foncer dans le mur en brisant ses innombrables talents techniques (car créatifs, il y longtemps que c’est fait) en leur faisant perdre toute leur énergie dans des projets qui tiennent plus du magasin de jouets que du cinéma. On y trouve certes tout le savoir-faire indéniable des sociétés d’effets visuels comme ILM, mais il est au service d’un scénario inepte basé sur un très vulgaire jeu vidéo belliqueux qui ne satisfait que les esprits puérils nostalgiques des cours de récré quand on s’amusait à la guerre ou aux cowboys et aux Indiens. Et c’est vraisemblablement l’impérialisme «geek» qui en est responsable.

Dans les années 50, 60, ceux que l’on nommait "geeks" ou "weirds" constituaient une frange de personnes marginales et originales qui osaient défendre des choses du plus mauvais goût par pur esprit contradictoire sans aucune once de réflexion, revendiquant un plaisir purement personnel. Au début, ils étaient amusants et on se moquait d’eux comme du héros du conte Le Vilain Petit Canard. Puis, ils sont devenus de plus en plus nombreux et donc une manne commerciale à qui l’on a cédé par pur intérêt économique. Les vilains petits canards sont devenus des poules aux oeuf d’or et ont pris petit à petit le pouvoir. Dès lors, la catastrophe était inévitable, car quand on obtient le pouvoir, on impose ses règles sans discussion, on oublie trop vite qu’un jour on fut les persécutés d’un autre pouvoir et on sombre dans la facilité de la loi du Talion. L'Histoire regorgeant ras la gueule d'exemples de ce type est là pour en témoigner.

Et malheureusement cet état de fait se produit à chaque fois que l’on veut démocratiser, par prétention et appât du pouvoir, ce qui devrait rester dans une niche gardée, comme la pornographie ou l’underground. Ce genre de cultures ne peut que perdre toute sa substance en s’étalant au grand jour. L’avénement de l’ère dite de la communication n’a fait qu’empirer les choses et on en est venu à sanctifier la médiocrité mercantile au détriment de la créativité artistique et la quantité à celui de la qualité, tout en fustigeant ceux qui n’entrent pas dans ce moule et osent le dire, à grand renforts d’arguments fallacieux et revanchards: les rôles s’inversent. Et forcément, à ne vouloir chercher qu’à atteindre l’extrême du toujours plus, on finit par se mordre la queue comme le prouve à l’interne de l’univers "geek" la stupide guerre entre les pro DC Comics et les pro Marvel, alors même que ces deux studios proposent la même chose dans leurs derniers films, à savoir qu’à force de ne plus savoir quoi dire, ils font se déchirer leurs héros, qui devraient être soudés, dans des luttes intestines stériles.

Pour ceux qui ne connaissent pas le jeu en ligne Warcraft, voir le film est une épreuve pénible où il leur est difficile de comprendre l’engouement des autres pour cet univers si peu créatif et reposant sur l’argument tellement primaire qui résume toutes les guerres: être dans un camp ou dans l’autre. Le long métrage ne s’adresse qu’aux fanatiques du jeux en laissant de côté les autres sans ne jamais chercher à attirer leur attention. Au final, les non-initiés ne comprennent absolument rien aux enjeux de la chose, pour autant qu’il y en ait. Et ce ne sont pas les allusions téléphonées à Moïse ou au Golem qui sauvent les meubles de ce naufrage. En résumé, que l’on apprécie ce genre de choses, pourquoi pas, mais qu’on les considère comme des chefs-d’ouvre, ça dépasse l’entendement. Et l'on est très déçu de voir le nom de Duncan Jones aux commandes d'une telle entreprise qui ne rend aucun hommage à son talent, initié par le remarquable Moon.


Minnie Equey | Mardi 24 mai 2016
 

Les jeux vidéos et le cinéma ont rarement eu de belles histoires. Grâce à Duncan Jones (Source Code), cette association maudite semble être révolue. Si la bande-annonce présageait un jeu vidéo plus qu'un long-métrage, le savoir faire du réalisateur invite à un voyage hautement mené.

Si Sam Raimi (Jusqu'en enfer) était pressenti pour se lancer dans l'aventure, son envie de porter à l'écran Le Monde Fantastique d'Oz a laissé la place au fils de David Bowie. Un mal pour un bien tant la vision du cinéaste britannique correspond à celle d'un des jeux de rôles les plus populaires. La difficulté étant de respecter au maximum à l'image connue des fans.

Pour se faire, l'histoire s'est inspirée de la première guerre entre les Orcs et les Humains, une tâche ardue de concrétiser et de rendre un combat aussi virtuel plausible sur grand écran: une prouesse technique visuelle qui se ressent dès les premières images. La Motion Capture (une technique permettant d'enregistrer les positions et rotations d'objets ou de membres d'êtres vivants, pour en contrôler une contrepartie virtuelle sur ordinateur (caméra, modèle 3d, ou avatar)) est maîtrisée de telle manière que les Orcs semblent réels dans un graphisme éblouissant qui comble le spectateur par un spectacle à couper le souffle. 

Si adapter World of Warcraft pour le cinéma peut effrayer les fans de la première heure, le ressenti premier est que ces derniers ne sauraient être déçus. Bien entendu, quelques petites imperfections sont à noter mais la qualité de la réalisation permet une immersion idéale et intelligente. Une impression volontaire de Duncan Jones qui invite le curieux à ne plus être qu'un simple joueur.

Evidemment un tel film ne serait pas grandiose sans un casting hautement incroyable. Tout d'abord, la présence de Travis Fimmel (Maggie a un plan) qui campe un chevalier hors pair et dévoué. A ses côtés, Paula Patton (Mission: Impossible - Protocole Fantôme), Dominic Cooper (Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires), Ben Foster (Les Amants du Texas) ou encore Ben Schnetzer (Pride) complètent une distribution soignée. 

La réalisation de Warcraft Le Commencement n'est pas sans rappeler par instants des séquences de la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Des références timides mais qui donnent une appréciation encore plus majestueuse à cette oeuvre. Des scènes de batailles aux plans de cavaliers s'en allant en guerre, la mise en scène soignée de Duncan Jones affirme un savoir-faire indéniable dans cet univers particuliers.

Evidemment un tel film ne serait pas aussi prenant si les séquences musicales qui l'accompagnent n'étaient pas réussies. La tâche est revenue à Ramin Djawadi (Pacific Rim). Le génie du compositeur est renforcée par des instants scéniques d'une grande beauté qui consent à ce que la musique devienne un personnage à part entier.

Warcraft Le Commencement est dès lors un divertissement jouissif qui par un visuel magnifique en devient une oeuvre incontestable. Les fans de la première heure et les petits nouveaux auront certainement plaisir de retrouver des personnages si emblématiques. Les non-initiés sauront par contre apprécier la découverte d'un monde intriguant mais largement magnifié par une mise en scène maîtrisée. 

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