Film

Chappie Chappie (v.o)

Date de sortie 04.03.2015
Durée 114 minutes
Age 12/14
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Walt Disney Pictures Switzerland
Genre Comédie dramatique , Science fiction
Réalisateur Neill Blomkamp
Acteur Hugh Jackman Dev Patel Sigourney Weaver
Note CLAP.CH
 
1/5
Note du public
 
4.8/5
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Synopsis

Chaque enfant qui vient au monde est une promesse d’avenir, et c’est encore plus vrai pour Chappie. Il est incroyablement doué. C’est un véritable prodige. Comme tous les enfants, Chappie va subir l’influence de son entourage – parfois en bien, parfois en mal. Pour faire son chemin dans le monde et trouver sa place, il devra se fier à son instinct, à son cœur, à son âme. Mais Chappie est différent. C’est un robot. Le premier robot doué de la faculté de penser et de ressentir par lui-même. C’est une idée dangereuse – et un défi que Chappie va devoir relever face à ceux qui sont prêts à tout pour qu’il soit le premier et le dernier de son espèce…

Neill Blomkamp

Hugh Jackman

Dev Patel

Sigourney Weaver

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 2 mars 2015
 

La science-fiction serait-elle devenue la chasse gardée des coeurs d'artichaut et autres sentimentaux exacerbés?

Prenons le cas de Neill Blomkamp. En 2009 débarquait sur les écrans District 9, un film de science-fiction sud-africain qui avait l'originalité et la pertinence de ne pas considérer les extraterrestres comme des envahisseurs, mais des réfugiés parqués tels des animaux dans des centres de rétention. Son auteur, Neill Blomkamp réalisait un film remarquable à plus d'un titre en utilisant à bon escient la s-f pour éclairer un problème de société. Quatre ans plus tard, il récidive avec Elysium qui traitait de l'inégalité entre les plus riches et les plus pauvres à travers le parcours, un brin téléphoné, d'un révolté contre le système assurant santé et pérennité aux plus nantis de la planète. Aujourd'hui, il nous livre Chappie et sombre dans le sentimentalisme le plus mièvre.

Ici, tout découle de cette fameuse émotion artificielle qui doit réussir à faire pleurer les plus endurcis. On a droit au savant qui pense béatement que donner une conscience, pour ne pas dire une humanité aux machines confère du progrès, à un trio de voyous patibulaires, au premier regard, mais pas si mauvais que cela dans le fond, et à un robot traité comme un enfant dont la pureté est exploitée. La mise en place de la chose laissait espérer pourtant un film original, mais on déchante très vite et Chappie ne cesse de s'enfoncer au fur et à mesure.

Le héros est un robot policier, Scout 22, qui reçoit toujours les plus gros chocs lors de ses missions et finit régulièrement à l'atelier de réparation. D'emblée, on nous fait avoir pitié de ce tas de ferraille et d'électronique. Son créateur profite de sa mise aux rebuts pour lui intégrer une puce qui lui permettra d'avoir une conscience, mais cette nouvelle existence l'oblige à tout réapprendre, comme un enfant. Comme c'est mignon! Le robot est enlevé par un trio de gangsters bling-bling, dont le QI ne doit pas excéder celui d'un tardigrade, qui veut en faire un robot-gangsta, yo mes frères. La fille du groupe, qui doit être un peu chamboulée par son horloge interne et son instinct maternel, s'en amourache et le baptise Chappie. Comme c'est mignon, bis! Profitant de la naïveté de la machine, les voyous en font une arme en lui mentant sur leurs intentions. Chappie finit par comprendre le pot-au-rose, vit ses premières crises existentielles et se révolte. Comme c'est mignon, ter!

Pour incarner les vrais méchants de l'histoire (on passera sur le super gangster Hippo, tant sa présence est inutile), on a fait appel aux seules vedettes du film. Sigourney Weaver fait ce qu'elle peut, et pas toujours très bien, pour représenter le méchant capital en campant une patronne obsédée par son chiffre d'affaire. Et c'est Hugh Jackman, à contre-emploi, qui endosse le costume de l'adversaire du gentil savant. Lui aussi fait ce qu'il peut pour défendre son personnage. Son robot belliqueux est tellement une photocopie du Ed-209 de Robocop que cela en devient presque gênant.

Comme beaucoup de produits destinés aux masses à grand renfort de campagnes publicitaires et d'appâts pour nunuches sur les réseaux sociaux, Chappie prend ses consommateurs pour des idiots patentés, en jouant avec obsession sur les beaux sentiments, enrobés dans des tonnes de sucre pour mieux faire passer la lourdeur hypercalorique de l'ensemble. Le film tout entier est à l'image de la figure féminine du trio de gangsters: une insupportable pétasse qui oscille entre la rebelle et la petite fille rêvant d'un monde tout rose peuplé par Hello Kitty, Barbie et autres niaiseries du genre.

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Votre avis sur ce film:
 

Laurent | 15.03.2015 00:15
 
Egalement en total désaccord avec la critique journalistique. Un vrai retour aux sources du réalisateur qui s'était légèrement égaré avec Elysium. Chappie démontre de quoi est capable la nature humaine, du bon, très bon, mais aussi des plus mauvais coups voire des coups allant jusqu'à la traite de la vie et la mort. Arriver à donner le sentiment qu'un robot peut s'humaniser est incroyable et très flippant si l'on pense concrètement à cet élément qui nous semble encore largement impossible. Hugh Jackman est aux antipodes de ses précédents rôles et en dehors de Real Steel, arrive enfin à démontrer de quoi il est capable en dehors des X-Men. Quant à Weawer, certes elle est très et presque trop discrète dans son rôle, mais cela lui va très bien aussi j'ai trouvé. Enfin, quel plaisir de retrouver Dev Patel dans un réel bon rôle après le très bon Slumdog Millionnaire. Un ingénieur affectionnant les robots au lieu d'humains est très bien imaginé. Bref, un de mes premiers coups de coeur pour cette 2015 prometteuse.

Cid | 08.03.2015 08:09
 
Vu hier soir et franchement pour moi c'est clairement le grand coup de coeur de ce début d'année. Une véritable poésie des temps modernes avec un robot attachant qui passe de phases drôles à touchantes mais également par des phases de violence et de colère. Chappie apprend l'école de la vie en très peu de temps et doit faire des choix comme un être humain et c'est cette phase qui est réellement bien traitée par notre robot qui passe du bébé à l'adulte en temps record en faisant des bons ou mauvais choix. De plus, cette petite boite de conserve arrive à faire passer une véritable émotion malgré ses boulons et ses puces électroniques. Neil Blomkamp a définitivement du génie dans les mains et après m'avoir fait vibrer avec son District 9, un peu moins avec son Elysium, revient en force en apportant tout ce que j'apprécie dans son Chappie. Le cadre, à nouveau en Afrique du Sud avec cette guérilla urbaine qu'affectionne tant Blomkamp, est à nouveau à l'honneur et colle parfaitement au ton du film. La famille d'adoption de Chappie interprétée par le groupe Die Antwoord pourra certainement déplaire à certain car il vrai que c'est très caricatural et parfois ridicule ^^ mais c'est bien joué, totalement dans le ton de ce groupe déjanté et permet de donner une autre dimension à cette phase d'apprentissage dont je parlais précédemment. Concernant les acteurs Dev Patel est vraiment remarquable et touchant dans le rôle du créateur, la merveilleuse Sigourney Weaver, même si peu présente, est au top comme d'habitude et enfin Hugh Jackman en méchant est sympa mais sans plus et ce n'est pas ce rôle qui marquera les esprits émoticône wink en tout cas pour ma part, c'est un peu ma déception du film. Enfin pour conclure, il est évident que ce film va diviser entre les personnes qui comme moi ont adoré et ceux qui vont détester mais je pense que le mieux, comme souvent, est d'aller le voir pour se faire votre propre opinion.