Film

Whiplash Whiplash (v.o)

Date de sortie 24.12.2014
Durée 106 minutes
Age 12/14
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Ascot Elite
Genre Drame , Musical
Réalisateur Damien Chazelle
Acteur J.K. Simmons Austin Stowell Miles Teller
Note CLAP.CH
 
2.5/5
Note du public
 
3.5/5
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Synopsis

Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence...

Damien Chazelle

J.K. Simmons

Austin Stowell

Miles Teller

Critiques

Max Borg | Lundi 22 décembre 2014
 

POUR

Applaudi au Sundance, à Cannes, au Zurich Film Festival et au Ciné-Festival de Malley, Whiplash est un grand exemple de la détermination et de la vitalité de certains jeunes cinéastes américains. Il faudrait noter le nom du réalisateur, Damien Chazelle: si son prochain film maintient les promesses de celui-ci, ce sera une expérience passionnante.

Dans le contexte du film, Whiplash ("coup de fouet") est, avant tout, le nom d'un morceau de jazz plutôt difficile à jouer. Du moins, c'est le cas si on fait partie de l'orchestre du professeur Fletcher (J.K. Simmons), l'enseignant le plus admiré et sévère d'un conservatoire prestigieux. Le jeune Andrew (Miles Teller), batteur ambitieux, se retrouve dans ce groupe et se voit prêt à tout sacrifier pour satisfaire les exigences presque cruelles de Fletcher. Jusqu'où ira-t-il?

Chazelle a tourné le film en 19 jours seulement, et cela est quasiment visible dans le rythme implacable du montage, de la musique, des dialogues. Cette histoire d'un jeune prodige acquiert un statut spécial grâce au duel d'acteurs entre Teller, la jeune promesse, et Simmons, le vétéran qui arrive, finalement, à un niveau où les gens arriveront peut-être à l'identifier d'une manière autre que «c'est le mec qui a joué un petit rôle dans ça, ça et ça». La douleur, la colère et la détermination qu'on voit dans leurs yeux passent à travers l'écran et frappent le spectateur. C'est brutal et jouissif, un éclat de vitalité comme on en voit rarement chez les jeunes cinéastes, plutôt ancrés dans le contemplatif. A voir absolument, qu'on soit fans de jazz ou pas.

 


Remy Dewarrat | Lundi 22 décembre 2014
 

CONTRE

On devrait se méfier des films dont l'affiche est couverte de slogans dithyrambiques, comme s'il s'agissait de vendre le dernier gadget à la mode et vous faire passer pour un(e) moins que rien si vous ne le possédez pas. C'est le cas de ce Whiplash encensé, mais qui pose un sérieux problème de conscience. Voilà une oeuvre dans l'air du temps, certes, mais cet argument tellement facile en fait-il d'office un objet d'admiration? Evidemment que non, car à l'instar de l'insupportable Her de Spike Jonze, ce long métrage, au lieu d'évoquer un comportement engendré par une société prônant le narcissisme, l'égocentrisme et la couardise et d'en faire une étude pertinente, ne fait que son apologie déguisée sous la forme d'une sorte de divertissement. C'est malsain et on sort de la projection avec un malaise tangible, quand on constate qu'autour de soi, la chose est appréciée est défendue comme un chef-d'œuvre.

Ici, on a affaire au personnage très peu sympathique d'un étudiant batteur dans une école de jazz, qui se convainc qu'il va devenir le meilleur et que pour ce faire, il ne peut que se sacrifier (voilà encore une notion à la mode qui recèle bien moins de noblesse d'esprit que ce que l'on voudrait nous faire croire) et écraser les autres pour y parvenir. C'est à l'opposé de toute la cohésion primordiale au sein d'un groupe de musique, et l'histoire regorge d'exemples de formations qui ont implosé à cause de l'égo d'un de leurs membres, et quand il s'agit de jazz, c'est encore plus flagrant: sans symbiose, comment parvenir à maîtriser l'improvisation?

Pour encore enfoncer le clou, la route de cet être à l'individualisme pathétique croise celle d'un professeur qui n'a rien à lui envier. Sous prétexte d'obtenir le meilleur d'eux-mêmes, ce personnage peu recommandable rabaisse ses élèves par d'incessantes humiliations et va jusqu'à atteindre à leur intégrité physique. Là, où la révolte devrait être la seule issue salutaire, l'étudiant aux dents si longues qu'elles ne rayent pas le parquet, mais celui de l'étage d'en dessous, s'enfonce corps et âme dans cette compétition malsaine, annihilant tout espoir de vivre avec son prochain.

Ce film, son accueil plus que chaleureux et son relatif succès sont malheureusement les purs produits d'une génération qui a été, faute de vigilance et de réflexion, totalement contaminée par le libéralisme outrancier, ayant pour but de déshumaniser les masses afin qu'elles soient plus manipulables. C'est très inquiétant.

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Votre avis sur ce film:
 

Lavardin | 17.01.2015 21:55
 
J'avais déjà pu apprécier le côté un peu déjanté de J.K. Simmons dans la série Oz et je me réjouissais de le revoir dans ce film. Le rapport entre ce professeur manipulateur et ce jeune musicien est impressionnant. Quant à la prestation du Monsieur précité, tout simplement explosive. J'ai adoré.

Vincent | 07.01.2015 12:20
 
Film correct sur le plan esthétique, mais au scénario au mieux quelconque, au pire nauséabond. Damien Chazelle nous assène durant deux heures une abrutissante relecture de l'idéologie néo-libérale américaine. Car, oui, le self-made man qui se transforme en machine pour réussir (quoi? on se le demande bien...) dans son domaine ça fait encore recette dans le pays de l'Oncle Sam. Et puis, je regrette que le script du film ne prenne pas le moins du monde le parti de la remise en question de ces dogmes, la preuve en mille avec la fin (je vous épargne un spoiler). A cela s'ajoute encore quelques inepties. En vrac, la représentation des femmes ("je vous propose un dessert", dit la tante, juste-là pour faire joli, ou l'ex-petite copine, fardeau et trop cruche pour comprendre son goût du jazz, dépendante de son nouveau mec pour se pointer à sa compèt' de jazz), ainsi que le discours homophobe et sexiste de Fletcher, qui ne souffre d'aucune remise en question (ce qui était toutefois le cas dans Full Metal Jacket, si l'on veut faire dans le raccourci).

vincenzobino | 21.12.2014 20:28
 
Jouissif, tel est le mot qui correspond au sentiment éprouvé a la fin du film. 30 minutes après sa sortie, je suis encore en pleine représentation avec les battements de batterie et la mélodie-titre me hantant, et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Amis mélomanes, vous l'aurez compris, ce film est pour vous. Une véritable confrontation entre un jeune loup voulant percer comme batteur et un "vieux briscard" ne connaissant pas d'autre mots que perfection et dépassement de soi. 2 acteurs monstrueux les incarnent: Miles Teller, que je ne connaissais pas et JK Simmons. Je serais curieux de savoir la nature de leur relation durant le tournage car leur jeu ne laisse déceler aucun frisson mais une transe quasi permanente. Pas étonnant qu'il ait reçu un tel accueil critique et public tant a Sundance qu'à Deauville. Du p.....n de bon cinéma a recommander vivement... PS: restez donc jusqu'à la fin du générique si vous êtes amateurs de jazz...

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