Film

Maps To The Stars Maps To The Stars (v.o)

Date de sortie 21.05.2014
Durée 111 minutes
Age 16/16
Pays Canada , France , États-Unis (United States)
Distributeur Pathé
Genre Drame
Réalisateur David Cronenberg
Acteur John Cusack Julianne Moore Robert Pattinson
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
2/5
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Synopsis

Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2014

La famille Weiss fait partie de la dynastie Hollywoodienne typique: le père Stafford, est un ancien entraîneur, qui a fait fortune avec ses livres d'autogestion ; la mère Cristina, pousse la carrière de leur fils Benjie, 13 ans, un enfant star. L'un des clients de Stafford, une actrice Havana, rêve de tourner un remake du film qui a fait de sa mère, Clarice, une star dans les années 60. La mort de sa mère hante ses nuits. Benjie vient de terminer une cure de désintoxication qu'il avait commencée à l'âge de 9 ans, quant à sa sœur, Agatha, elle a été récemment libérée d'une peine pour pyromanie... Elle s'est liée d'amitié avec Jérôme, un chauffeur de limousine qui est aussi un acteur en herbe.

David Cronenberg

John Cusack

Julianne Moore

Robert Pattinson

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 19 mai 2014
 

Après s'être plongé dans les futilités matérialistes du capitalisme libéral dans le génial mais mésestimé Cosmopolis, David Cronenberg jette son dévolu sur l'avidité pour le succès et la gloire qui règnent à Hollywood, dans ce percutant Maps to the Stars, avec, pour point commun entre ses deux derniers films, son nouvel acteur fétiche: Robert Pattinson. Ce dernier tient le rôle d'un acteur aspirant et conducteur de limousine qui sert au spectateur à pénétrer dans un univers peu reluisant, voire glauque.

Une nouvelle fois, en cinéaste exigeant, ce qui est la marque des artistes cherchant à troubler leur auditoire, Cronenberg réalise une oeuvre difficile qu'il ne convient pas de consommer, mais qu'il faut intégrer et supporter, afin d'en assimiler toutes les richesses. Avec son scénariste Bruce Wagner, le réalisateur canadien compare la Mecque du cinéma mondial à l'Egypte antique des pharaons, faisant de ses personnages des demi-dieux n'aspirant qu'à la divinité et au culte de leur personnalité. On y croise une actrice vieillissante, Havana Segrand (Julianne Moore), qui exige par tous les moyens d'incarner sa propre mère, une ancienne icône d'Hollywood, dans un film qui selon elle devrait lui rapporter au minimum l'Oscar du meilleur second rôle féminin; son masseur, le Dr. Stafford Weiss (John Cusack), un escroc qui a fait fortune avec ses livres sur le développement personnel, faisant de lui un gourou star; le fils de ce dernier, Benjie (Evan Bird), un enfant vedette de treize ans à l'ego démesuré qui, entre deux cures de désintoxication, use d'un cynisme absolu; et sa soeur, Agatha (Mia Wasikowska), qui essaie de renouer les liens familiaux au sortir d'un long séjour dans une institution pour y soigner sa pyromanie.

On n'éprouve aucune empathie envers ces personnages, mais une fascination tant ils sont traités comme des icônes d'un monde en dehors de toute réalité commune. A plusieurs reprises, la caméra de Cronenberg semble attirer à elle ces idoles, si bien que l'on a l'impression que les lents travellings avant agissent comme un aimant attirant ces êtres en apesanteur vers le spectateur. Maps to the Stars, que l'on pourrait traduire par "cartes aux étoiles, vers les étoiles", est une oeuvre pertinente qui fait le constat très amer, mais malheureusement très réaliste, d'un univers en vase clos fonctionnant selon ses propres règles d'enfermement volontaire, à l'instar d'une secte dans laquelle l'inceste sert à se préserver de l'extérieur. Agatha représente l'élément qui essaie de se rebeller contre cet "establishment" mais, comme elle se retrouve seule contre tous, elle se heurte à la toute puissance de cette communauté qui refuse catégoriquement toute revendication personnelle, et prend, dès lors, le rôle d'un bras vengeur qui n'aura de cesse de vouloir anéantir sa propre lignée.

Grâce à des dialogues et des situations particulièrement féroces, le film se moque ouvertement, et à juste titre, de cette tendance qui voit beaucoup de gens renoncer à leur propre personnalité, en cherchant assistance à tous les niveaux auprès de charlatants parvenant, selon eux, à les faire accepter dans un milieu, qui devrait faire d'eux des icônes divines adulées de tous. C'est justement cette poudre aux yeux que Maps to the Stars dissèque profondément de l'intérieur en la faisant exploser dans une oeuvre violente à l'humour corrosif, comme l'illustre parfaitement la séquence où Havana Segrand danse après avoir appris la mort d'un enfant. Pour renforcer cet univers malsain qui tend à l'autosuffisance, certains personnages sont hantés par des fantômes, symboles de leur incapacité à gérer leur humanité en dehors du milieu qui les phagocyte.

Avec ce film brillant qui fera date, Cronenberg fait part de son aversion envers toute religiosité qui annihile le libre esprit et la personnalité de chacun. Ce voyage vers les étoiles n'est pas une balade bucolique, mais une virée chaotique avec pour destination les recoins les plus sombres de l'âme humaine.

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Votre avis sur ce film:
 

Vincent | 14.06.2014 08:45
 
Très mauvais. L'impression de se farcir l'adaptation d'un mauvais bouquin de Bret Easton Ellis. Très peu inspiré, Cronenberg nous inflige une poignée d'élucubrations inintelligibles et, il faut bien le dire, sans intérêt. Julianne Moore y est totalement imbuvable.

Laurent | 09.06.2014 23:34
 
Dès la première séquence avec Mia Wasikowska je me suis ennuyé. Dépouillé de logique, de sens et manquant cruellement de références "Cronenbergienne", je me suis carrément demandé si le réalisateur n'aurait pas vendu son âme à Hollywood comme tant d'autres l'ont déjà fait (pour ne citer que Burton qui s'y perd de plus en plus). Mais revenons au film, hormis la bagarre féminine vers la fin de "l'intrigue", j'ai trouvé le film dénudé de saveurs, lent et présentant trop de changements de point de vue. Dommage, car le casting a été très bien choisi.

JJFF | 05.06.2014 09:16
 
A ne manquer sous aucun prétexte, seul bémol quelques dialogues orduriers superflus.