Film

The Grand Budapest Hotel The Grand Budapest Hotel (v.o)

Date de sortie 26.02.2014
Durée 100 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Fox
Genre Comédie
Réalisateur Wes Anderson
Acteur Mathieu Amalric Willem Dafoe Ralph Fiennes [+]
Note CLAP.CH
 
3.3/5
Note du public
 
3.8/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Film d'ouverture 64ème Brlinale 2014

Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Wes Anderson

Mathieu Amalric

Willem Dafoe

Ralph Fiennes

Jeff Goldblum

Harvey Keitel

Bill Murray

Edward Norton

Léa Seydoux

Tilda Swinton

Owen Wilson

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 24 février 2014
 

CONTRE

Wes Anderson clame partout que son dernier film est un hommage à l'immense écrivain Stefan Zweig, qu'il dit admirer, mais qui est méconnu dans son pays, les USA. Au sortir de la projection, on peut clairement se demander s'il ne s'agit pas là d'un canular, tellement son long métrage n'a rien à voir avec l'oeuvre de Zweig, si ce n'est l'époque.

Comme souvent chez Anderson, son travail souffre d'un défaut majeur: ne rien prendre au sérieux dans un étalage d'hystérie souvent insupportable. Ici il atteint des sommets tant son film à l'air d'être entièrement accéléré, à la manière des effets spéciaux de l'époque du cinéma muet. Certes les décors, les costumes, les effets visuels et l'image sont créatifs, les comédiens tous excellents, mais le scénario de ce Grand Budapest Hotel peine sérieusement à convaincre car il part dans tous les sens et surligne l'hystérie citée plus haut. La musique omniprésente d'Alexandre Desplat, dans un style tsigane surexcité devient vite saoulante. On en ressort lessivé, fatigué et heureux que cela se termine enfin.

Wes Anderson est largement surestimé par une critique un peu trop vite convaincue par une oeuvre sympathique, mais maniérée et, il faut l'avouer, réservée à un public de salons mondains qui excuse un peu vite les défauts d'un cinéma hermétique et, somme toute, chichiteux. Il y dans Grand Budapest Hotel des tonnes de bonnes idées, mais peu sont abouties ou juste esquissées. Les nombreux gags qui émaillent le film n'ont pas le temps d'être digérés que l'on passe à autre chose, sans ne jamais laissé le temps au spectateur de les savourer pleinement. L'intrigue policière se fourvoie finalement dans la plus pure anecdote. L'illustration de la montée des fascismes dans l'Europe de la première moitiés du XXème siècle tient plus de la discussion de réseaux sociaux dont le cynisme l'emporte sur l'intelligence du propos, que d'une vraie vision pertinente.


Firouz-Elisabeth Pillet | Lundi 24 février 2014
 

POUR

The Grand Budapest Hotel, huitième long métrage du cinéaste texan Wes Anderson, a été présenté en ouverture de la dernière Berlinale, le 6 février 2013.

Les critiques ont souvent reproché à Wes Anderson de s’échiner à faire inlassablement le même film, de manière presque obsessionnelle. Le reproche est injuste au regard de la fantaisie et de l'inventivité qui caractérisent son œuvre. De telles critiques s'apparenteraient à accuser Chaplin de recourir toujours aux mêmes truchements comiques ou de  reprocher à Hitchcock de se répéter sous prétexte qu’il tournait des films à suspense.

Le cinéaste américain, qui vit la moitié de l'année à Paris, a succombé aux charmes des villes du vieux continent et s'inspire de l'histoire, des l'architecture, des contes pour nous entraîner dans une station thermale d'un pays imaginaire, la République de Zubrowka. On y suit les aventures de Gustave H, interprété par le très britannique Ralph Fiennes, dandy à souhait, concierge d'un célèbre hôtel européen de l'entre-deux-guerres, qui prend sous son aile un nouveau groom, Zéro Moustafa, qui sera son allié le plus fidèle. Wes Anderson s’évertue à reproduire son style étincelant, voire clinquant, un style devenu sa marque de fabrique. Mais contrairerment à son film précédent, Moonrise Kingdom, sympathique escapade bucolique aux accents de boy-scouts, le cinéaste aborde ici des sujets très sérieux, voire délicats, tels les montées des fascismes, les milices nazies, les ségrégations et l'extermination des minorités, la décadence des empires (on songe à la chute du dernier tsar), la vieille Europe des années 1930, l’immigration, mais aussi la filiation (ici, symbolique), le désir sexuel intempestif, le tout sur fond onirique qui invite au voyage.

Trente ans d’histoires, grandes ou petites, presque autant de lieux et de personnages défilent sous nos yeux ébahis, magistralement compressés en une heure quarante (un défi de mise en scène en soi), et répartis en trois fils narratifs que le film tresse avec une virtuosité remarquable, une drôlerie communicative et une fantaisie désopilante, le tout saupoudré d'une ironie déconcertante. Quelques cadavres joncheront le sol, évidemment, dans cette parodie d'Agatha Christie.

Dans cet hôtel cinq étoiles défile une galerie de portraits tous plus savoureux les uns que les autres, dignes des caricatures de Daumiers. L'une des plus riches et vieilles clientes de l'hôtel, Madame D (Tilda Swinton, métamorphosée) est retrouvée assassinée à son domicile. Comme elle laisse un tableau inestimable au concierge, il sera accusé et fera face à des héritiers cupides, emmenés par le redoutable Dimitri (Adrien Brody) flanqué de son homme de main (Willem Dafoe). S'ajoutent dans des rôles plus ou moins courts, Bill Murray, Owen Wilson, Edward Norton, Harvey Keitel, Jason Schwartzman, tous des fidèles de Wes Anderson. Mais aussi des nouveaux venus, comme Jude Law, et même les Français Mathieu Amalric et Léa Seydoux. 

Abordant des pages d'histoires douloureuses du XXème siècle, Wes Anderson réussit la gageure de conserver un ton facétieux, enjoué qui fait mouche, signant, sans doute, l'un des plus  beaux films de ce début d’année.

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Votre avis sur ce film:
 

Laurent Scherlen | 09.03.2014 08:00
 
Fidèle à son univers singulier et surréaliste, Wes Anderson signe avec The Grand Budapest Hotel un film où une galerie de personnages totalement excentriques (incarnés par un casting de malade convoquant Murray, Norton, Keitel, Amalric, Seydoux, Wilson, Swinton, Dafoe, et j'en passe) se heurte à la réalité de l'arrivée du nazisme, et donc à la réalité. Une première chez Anderson, l'excentricité des protagonistes entrant ici en collision frontale avec l'Histoire, et donc le réel. Doté de la mise en scène inimitable du réalisateur (la symétrie de la composition des plans est à nouveau sidérante), The Grand Budapest Hotel piétine un chouilla dans son dernier tiers, avant de se conclure de la plus jolie des façons, l'ultime plan formant une boucle narrative avec le prologue du film, proposant in fine un propos touchant sur la création. Pas le meilleur film de son réalisateur, mais une oeuvre à la patine surannée qui confirme, si besoin en était, qu'Anderson compte parmi les réalisateurs les plus précieux de sa génération.

Emmanuel Mischler | 09.03.2014 00:53
 
Un film qui est un peu l'aboutissement - jubilatoire, foutraque et somme toute très plaisant - de ce que Wes Anderson fait (très bien) depuis "La famille Tenenbaum" (2001). Pas sûr qu'il puisse aller plus loin dans la démesure. A moins d'un renouvellement, son oeuvre, qu'on aime comparer à un gros gâteau, risque fort pour le coup de devenir indigeste...

vincenzobino | 07.03.2014 21:28
 
Je ne suis pas fan de Wes Anderson mais la qualité du casting me poussât a visionner ce nouvel opus. Je ne le regrette pas. Jubilatoire : tel est le mot qui me vient a l'esprit a la sortie. Que ce soit par les décors et la reconstitution de plusieurs régions en une, fabuleux; par le ton du film ne se prenant jamais au sérieux (ou presque); par le casting excellent (palme a Ralph Fiennes et Tilda Swinton effectivement méconnaissable et enfin par la musique de Desplat, aux saveurs européennes (notamment le générique de fin). Je ne regrette pas et le recommande car ce film fait un bien fou après une journée de travail...

Minnie | 07.03.2014 17:13
 
Le nouveau délire de Wes Anderson est un régal. Beaucoup plus intéressant que Moonrise Kingdom (à mon humble avis), cette pépite remplie de couleurs est joyeusement interprétée par un casting plus que cinq étoiles. une mention particulière à Tony Revolori qui est une vraie découverte. La mise en scène farfelue de Wes Anderson donne à ce film un ton déjanté agréable bien que certaines longueurs viennent un peu le ternir. Néanmoins, ce grand n'importe quoi vaut le détour. :o)

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