Film

Les Sorcières de Zugarramurdi Las Brujas de Zugarramurdi (v.o)

Date de sortie 08.01.2014
Durée 104 minutes
Age 16/16
Pays Espagne (España) , France
Distributeur
Genre Comédie , Horreur
Réalisateur Álex de la Iglesia
Acteur Mario Casas Carmen Maura Hugo Silva
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public Aucun vote
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Synopsis

INEDIT EN SUISSE

En plein jour, un groupe d’hommes braque un magasin d’or de la Puerta del Sol à Madrid. José, père divorcé en plein conflit avec son ex-femme, Tony, son complice, sex-symbol malgré lui, Manuel, chauffeur de taxi embarqué contre son gré dans l’aventure, et Sergio, le fils de José, partent en cavale. Objectif : atteindre la France en échappant à la police… Mais arrivé près de la frontière française, dans le village millénaire de Zugarramurdi, le groupe va faire la rencontre d’une famille de sorcières, bien décidées à user de leurs pouvoirs maléfiques pour se venger des hommes…

Álex de la Iglesia

Mario Casas

Carmen Maura

Hugo Silva

Critiques

Laurent Scherlen | Mercredi 15 janvier 2014
 

C'est avec une énergie une nouvelle fois débordante que le réalisateur du splendide 800 balles retourne derrière la caméra pour une histoire de sorcellerie servant de vecteur à un propos bien contemporain. L'histoire nous présente un duo de braqueurs accompagné du fils de l'un d'eux qui, après un hold-up, prennent la fuite vers la France et échouent dans le village de Zugarramurdi, bourgade infestée de sorcières ayant décidé de faire régner le mal sur terre tout en imposant la domination des femmes dans une société d'hommes. Le point de départ du film fait bien entendu penser à From dusk till dawn (Une nuit en enfer) de Robert Rodriguez, dans lequel des braqueurs échouaient dans un bar rempli de vampires. Mais là où le film de Rodriguez s'en tenait à la pantalonnade purement fun, Les sorcières de Zugarramurdi s'oriente clairement, et dès le départ, vers un propos sociétal des plus pertinents.

Partant d'un background bien réel (le village de Zugarramurdi fut effectivement le théâtre d'un procès pour sorcellerie au 17ème siècle, voyant plusieurs accusés brûlés vifs sur le bûcher), De la Iglesia nous présente un groupe de machos accusant les femmes de tous les maux, pouvant de prime abord faire penser que le film constituera une charge misogyne. C'est sans compter l'intelligence du metteur en scène espagnol qui, dans une seconde partie, nous présentera la revanche menée par un groupe de sorcières comptant faire payer la gent masculine des siècles de domination et d'oppression. Au final, Les sorcières de Zugarramurdi nous présente à la fois des hommes et des femmes aux comportements totalement excessifs, le réalisateur renvoyant ainsi dos à dos machistes et féministes.

Clairement inscrit sous le sceau de l'humour (voir à ce titre le générique de début en forme de manifeste, voyant apparaître les visages d'Angela Merkel et de Margaret Thatcher, présentées comme des sorcières), le long-métrage constitue une véritable orgie visuelle menée à cent à l'heure où De la Iglesia fait preuve d'une maîtrise technique absolument bluffante, alternant amples mouvements de caméras et travellings aériens (que ce soit au-dessus d'une voiture sur la route, lors du sabbat final ou encore lors d'une poursuite dans un simple couloir, cette dernière faisant instantanément songer à un mix visuel entre des cartoons et un épisode de Benny Hill). C'est avec un contraste d'autant plus inattendu que sera traitée de la manière la plus sérieuse qui soit la longue séquence de sabbat finale, durant laquelle des centaines de sorcières entonneront une incantation diabolique, le réalisateur faisant ici montre de son respect le plus total pour le genre dans lequel s'inscrit son histoire.

On pourra cependant noter certaines baisses de rythme (trop de séquences de dialogues en voiture) et une photo plutôt décevante (entre vert dégueulasse et jaune pisseux), empêchant de porter le film vers les cimes qu'il aurait pu atteindre. Mais une histoire où l'on voit une main surgir des chiottes, un gamin de dix ans recraché par l'anus d'une créature de dix mètres de haut ou une petite fille découpée en morceaux lors d'un spectacle de magie, le tout dans le cadre d'un propos se moquant avec justesse des excès machistes et féministes de nos sociétés modernes, mérite le respect le plus total.

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