Film

La Belle et La Bête La Belle et La Bête (v.o)

Date de sortie 12.02.2014
Durée 112 minutes
Age 8/10
Pays Allemagne (Deutschland) , France
Distributeur Pathé
Genre Fantastique
Réalisateur Christophe Gans
Acteur Vincent Cassel Léa Seydoux
Note CLAP.CH
 
3.3/5
Note du public
 
2.8/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

1720. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie. Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine. Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux. Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son coeur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

Christophe Gans

Vincent Cassel

Léa Seydoux

Critiques

Laurent Scherlen | Jeudi 13 février 2014
 
POUR

Huit ans après son dernier film, Silent Hill, et suite à des projets tous plus excitants les uns que les autres, malheureusement avortés (Bob Morane, Rahan, Fantômas), l'un des plus grands représentants du film de genre made in France revient derrière la caméra avec une nouvelle version de La Belle et la Bête, jadis porté à l'écran par Jean Cocteau. Revenant aux sources du conte de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, Christophe Gans opte pour le parti-pris de la féérie pure, plongeant d'emblée le spectateur dans un enchantement qui ne se démentira jamais.

S'ouvrant sur une scène dans laquelle une maman s'apprête à faire la lecture d'un livre à ses deux enfants, le film reviendra régulièrement sur cette séquence, l'histoire du conte prenant vie sous nos yeux au fur et à mesure de la lecture (voir à ce titre la formidable image de la gravure du navire prenant vie). Intelligemment, Christophe Gans dresse ainsi une passerelle entre le monde réel et celui de l'imaginaire, le premier nourrissant le second (les cinq dernières minutes du film seront là pour s'en faire l'écho). Véritable galerie d'images à la beauté plastique ahurissante (quasiment chaque plan du film pourrait être accroché au mur tel un tableau), La Belle et la Bête en appelle à notre faculté d'émerveillement et d'abandon dans un monde irréel où les princes cotoient les nymphes, où les châteaux sont parés de mille feux et où la forêt possède son propre Dieu. C'est notamment sur ce dernier point que l'on retrouve la fascination du réalisateur pour la culture japonaise et notamment l'animisme, Gans se rapprochant ici de Miyazaki dans sa propension à présenter une nature dotée d'une âme propre.

D'un symbolisme permanent, le film ne raconte ni plus ni moins que l'éveil d'une jeune fille à la sensualité et son passage de l'état d'adolescente à celui de femme. Le caractère animal de la Bête n'est bien entendu pas anodin, et participe de l'aspect charnel, sensuel et érotique de l'histoire. Non content de raconter l'idylle naissante entre deux êtres, le film met également l'accent sur le drame passé du prince (Vincent Cassel) et la malédiction qui en découle. C'est ainsi une double histoire d'amour qui nous est contée, la première irriguant la seconde dans une remarquable fluidité narrative.

Bourré de séquences visuellement inoubliables (la scène de bal, la Belle à terre dans la neige, la scène d'ouverture, la Belle tombant dans le lac gelé, entre autres), le film possède entre autre une scène s'imposant instantanément comme le plus beau plan de toute l'oeuvre de Gans. Cette séquence, illustrant la colère du Dieu de la forêt s'apprêtant à faire s'abattre son courroux, voit les hommes du prince sur leurs chevaux, apeurés, paniquant sous un ciel déchaîné, à la merci d'une force qu'ils ne maîtrisent pas. Filmé en lent travelling, le plan s'apparente à un tableau prenant vie, Gans parvenant à créer une puissance d'évocation absolument estomaquante par la seule force de sa mise en scène. Ou quand l'art cinématographique s'affranchit des barrières artistiques (une constante chez le réalisateur). Un instant rare qui restera longtemps gravé dans la rétine des spectateurs.

On pourra toujours trouver tel CGI râté (la biche) ou relever certaines longueurs ou redondances (les lucioles), cela n'enlève en rien le plaisir absolu, enfantin, magique et salvateur que procure La Belle et la Bête. Cyniques de tous poils, passez votre chemin, le long-métrage de Christophe Gans en appelle à notre faculté d'émerveillement et de croyance envers un univers féérique où la poésie le dispute à la magie.

A une époque où le cinéma populaire résonnerait presque comme un gros mot, La Belle et la Bête rappelle à ceux qui en douteraient qu'il n'y a rien de plus noble que de vouloir apporter du plaisir au plus grand nombre.

Remy Dewarrat | Lundi 10 février 2014
 

CONTRE

Une nouvelle version de l'histoire déjà immortalisée au cinéma par Jean Cocteau ne pouvait qu'attiser la curiosité, mais malheureusement au sortir de la projection du film de Christophe Gans, on déchante car on a juste assisté à un spectacle sans grande envergure, plus proche des comédies musicales prisées par les adolescent(e)s et celles et ceux qui n'ont pas encore su se sortir mentalement de cet âge qualifié d'ingrat. Certes le long métrage de Gans recèle certaine qualités techniques indéniables, mais il pêche sérieusement dans sa direction d'acteurs que l'on ne sent que trop rarement impliqués dans le projet. C'est lisse et cela ne fait pas de vague. Il y a quelques seconds rôles sympathiques: les deux soeurs de Belle dont l'une est jouée par Audrey Lamy qui se montre encore plus vénale que sa Marion de Scènes de ménage.

Il y a certains effets visuels excellents comme le naufrage du début, d'autre très moyens et un paquet vraiment très limite à l'instar des géants, personnages qui n'ont d'autre raison d'être que le sensationnalisme et qui finissent par n'être qu'anecdotiques. On a la détestable impression que l'ouvrage ne fait que suivre des recettes élaborées pour plaire à son public cible en oubliant littéralement les autres spectateurs qui n'y trouveront pas leur compte et qui oublieront la chose une fois qu'ils auront quitté la salle de cinéma.

Sans rire aux dépens du film durant sa projection, comme c'était très souvent le cas dans l'indigeste saga mormone Twilight par exemple, on se surprend, après coup, à s'en moquer gentiment en se remémorant ce que l'on vient de voir. Et il faut dire que le générique de fin est accompagné d'une chanson si mielleuse qu'elle finit par résumer toute l'entreprise.

Merci d'avoir voté pour ce film !
Votre commentaire sera validé par notre cher administrateur...
Votre avis sur ce film:
 

vincenzobino | 23.02.2014 19:54
 
Christophe Gans m'avait enchanté avec son pacte des loups. Verdict un tantinet plus réservé avec cette relecture du célèbre roman. Effectivement, une magie émotionnelle fait cruellement défaut tout du long. De plus, il m'a fallu un certain temps pour pleinement rentrer dans cette "magie" (entre les quelques mélanges d'autres contes et certaines longueurs présentes). Néanmoins la seconde partie du film est bien supérieure visuellement parlant (effets visuels de Tatopoulos, complice de Emmerich excellents). Autre bonne surprise : Lea Seydoux s'avère une magnifique Belle, alors que je ne l'imaginais pas dans ce rôle; Cassel étant excellent et rappelant Oldman dans Dracula. Au final, se laisse voir même si nous sommes loin du chef-d'œœuvre.

Laurent | 14.02.2014 17:39
 
Au travers de cette adaptation, je n'ai également pas pu m'empêcher de penser à l'oeuvre de Cocteau et d'en faire une comparaison. Malheureusement celle de Gans est largement en-dessous. Trop d'effets virtuels mal confectionnées, trop de personnages peu exploités (la "médium" par exemple). Mais le summum, et à mon grand malheur, reste la Bête (Cassel donc) qui utilise quoi, un Babyliss pour ses poils ? Dommage, car l'idée était très bonne et certains aspects bien gérés.