Film

Rêves d'or La jaula de oro (v.o)

Date de sortie 04.12.2013
Durée 102 minutes
Age 16/16
Pays Espagne (España) , Mexique (México)
Distributeur Xenix
Genre Drame
Réalisateur Diego Quemada-Diez
Acteur Rodolfo Dominguez Brandon Lopez Karen Martinez
Note CLAP.CH
 
4.5/5
Note du public
 
5/5
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Synopsis

Zurich Film Festival 2013: L'Oeil d'Or pour le meilleur film, Cannes 2013 - Un certain regard - Prix d'interprétation

Juan, Sara et Samuel, 15 ans, fuient le Guatemala pour tenter de rejoindre les Etats-Unis. Au cours de leur traversée du Mexique, ils rencontrent Chauk un indien tzotzil ne parlant pas espagnol et voyageant sans papiers. Les adolescents aspirent à un monde meilleur au-delà des frontières mexicaines mais très vite, ils vont devoir affronter une toute autre réalité.

Diego Quemada-Diez

Rodolfo Dominguez

Brandon Lopez

Karen Martinez

Critiques

Firouz-Elisabeth Pillet | Lundi 2 décembre 2013
 

Peu importe le matériau qui la compose : une cage est une cage. Le titre du film La Jaula de oro (Rêves d'or), premier long métrage du réalisateur espagnol installé au Mexique Diego Quemada-Diez adhère parfaitement au thème qu'il aborde une fois que les spectateurs entament le voyage avec les protagonistes, trois adolescents guatémaltèques qui entament un périple périlleux et redoutable à travers le Mexique pour passer aux Etats-Unis où ils espèrent une vie meilleure. Le thème de l'émigration a été souvent abordé au cinéma comme dans Sin Nombre (Sans nom), du cinéaste états-unien Cary Fukunaga, qui racontait l'histoire de deux jeunes gens en partance du sud du Mexique pour gagner clandestinement les Etats-Unis.

La différence entre les deux films, outre a nationalité des réalisateurs, se révèle dans leurs façons respectives de filmer: alors que le Californien mettait en scène un spectacle, Diego Quemada-Diez affirme son propre style, un mélange subtil entre le documentaire et la fiction, faisant de ce périple une odyssée aux multiples obstacles, un «antagoniste» qui, selon les propres termes du cinéaste, prend des formes diverses: crime organisé, groupes maffieux, narco-trafficants, francs-tireurs. Sans relâche le trio d'adolescents auquel se joindra un jeune Indien tzotzil des Chiapas, affronte des péripéties même quand ils se croient en terre amie. Le réalisateur parvient à maintenir le suspense et une tension grâce à un scénario riche et imprévisible, nourri par les témoignages que Diego Quemada-Diez a récoltés auprès des immigrants latino-américains pendant plus de six ans. Cette récolte d'informations de première main confère au film une véracité et une authenticité, révélant de l'intérieur l'horreur et la violence de l'exode des clandestins.

Les images sont d'une beauté étrange, d'autant plus étrange d'ailleurs qu'elles reflètent la dureté de la réalité vécue par les personnages, montrant un malheur presque poétique qui jette son dévolu sans pitié sur les protagonistes. Si il fallait décrire La Cage d'or, on pourrait dire de ce voyage que la destination s'éloigne de plus en plus à mesure que les adolescents approchent du but. C'est dans cette contradiction que la liberté des protagonistes se termine, un paradoxe judicieusement filmé par le cinéaste hispani-mexicain qui opte parfois pour le hors-champ, épargnant la violence de certaines scènes aux spectateurs qui peuvent aisément imaginer ce que vivent les protagonistes, comme lors de l'enlèvement de Sara par des membres du crime organisé. On imagine facilement que la jeune fille est enlevée pour être livrée à la traite des Blanches mais la caméra de Diego Quemada-Diez a la pudeur de ne pas le filmer.

Dans une mise en scène naturaliste, la caméra de Diego Quemada-Diez implique les spectateurs qui deviennent témoins de ce que vivent les protagonistes comme si ils étaient aux premières loges, voire au bord des voies ferrées qu'empruntent les wagons de marchandises sur lesquels voyagent les clandestins. Alors que certains cinéastes hésitent à recourir à des acteurs non professionnels, Diego Quemada-Diez n'hésite pas à le faire, alimentant son scénario des propres attitudes, des réactions et des modes d'expression de ces jeunes acteurs.

Le travail photographique de Marie Secco est incroyable, mettant en relief  ces détails qui donnent de la profondeur aux personnages et qui font la densité et l'essence de l'histoire, comme l'incapacité de Juan et Sara à comprendre le dialecte de Chauk ou l'amour inavoué entre Juan et Sara. A mesure que le voyage progresse, la caméra laisse entrevoir  le fond du rêve de ces jeunes aventuriers qui avancent sans savoir où aller, qui courent de toutes leurs forces vers la liberté mais peut-être dans la mauvaise direction.

Diego Quemada-Diez, qui a signé plusieurs courts métrages remarqués et a travaillé avec des cinéastes comme Ken Loach, Fernando Meirelles, Alejandro González Iñárritu, Oliver Stone, Spike Lee et Isabel Coixet, confirme son indéniable talent avec ce premier long métrage, primé dans de nombreux festivals dont Cannes (Un certain regard), Mar de Plata, Lima, Chicago, Zürich et Saint-Pétersbourg. Le style particulier du cinéaste combine tous les éléments du langage cinématographique, livrant un témoignage inédit sur l'émigration. Les spectateurs qui resteront jusqu'à la fin du générique, qui dure six minutes, pourront y lire les noms des six-cents émigrants qui ont collaboré, par leur témoignage ou leur participation, à La Jaula de oro, un vrai film coup de poing qui ébranle notre confort d'Occidentaux.


Jeanne Rohner | Lundi 2 décembre 2013
 

Le premier long-métrage du mexicain Diego Quemada-Diez retrace le parcours de migrants sud américains partis chercher un avenir meilleur aux Etats-Unis. Juan, Chauk et Sara sont les trois adolescents incarnant ce rêve d'or; embarqués de train en train, c'est avec une incroyable détermination qu'ils tentent de franchir la frontière qui les sépare d'une nouvelle vie.

Le réalisateur réussit à nous entraîner dans la spirale d'espoirs et de désillusions que traversent ces trois jeunes issus des quartiers pauvres du Guatemala. Il y a tout d'abord Chauk, l'indien qui ne parle pas un mot d'espagnol, qui s'invite dans le périple initié par Juan et Sara. Son arrivée créera quelques tensions, une atmosphère de discorde bien pensée par Diego Quemada-Diez qui décide ainsi de relater tout autant le parcours dangereux des migrants clandestins que les inquiétudes adolescentes de ses personnages. Puis il y a surtout les obstacles qui se multiplient et les dangers qui s'intensifient à mesure que le trio se rapproche des limites mexicaines. Les mauvaises rencontres vont laisser de lourdes cicatrices; ainsi, les étapes du parcours nous sont détaillées avec une froideur terrifiante, faisant de ce film empreint d'un réalisme cru, une épopée toujours au seuil du récit documentaire. La fin assez pesante véhicule d'ailleurs un message bien fataliste, suggéré déjà dans le titre original: un rêve d'espoir balayé par le souffle accablant d'un Eden qui se révèle au final n'être qu'une cage dorée.

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cinema11 | 06.12.2013 22:10
 
Film magnifique et prenant!