Film

Cinquante nuances de Grey Fifty Shades of Grey (v.o)

Date de sortie 11.02.2015
Durée 125 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Universal
Genre Drame , Erotique
Réalisateur Sam Taylor-Johnson
Acteur Jamie Dornan Dakota Johnson
Note CLAP.CH
 
0.5/5
Note du public
 
0.8/5
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Synopsis

L'histoire d'une romance passionnelle, et sexuelle, entre un jeune homme riche amateur de femmes, et une étudiante vierge de 22 ans.

Sam Taylor-Johnson

Jamie Dornan

Dakota Johnson

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 9 février 2015
 

C'est donc ça le phénomène qui affole des millions de lectrices et -teurs (il doit quand même y en avoir) par son côté vendu comme sulfureux. Avec les champions des tiroirs-caisses, on aimerait surtout connaître le taux de satisfaction après vente, car succès ne rime pas toujours avec qualité, loin s'en faut. Espérons que la déception est sortie gagnante de cette affaire ou, du moins qu'elle le sera concernant le film. Si c'est le contraire, il y a de quoi s'inquiéter.

Fifty Shades of Grey serait un conte de fées moderne. Mais de quoi les jeunes-filles d'aujourd'hui peuvent-elle bien rêver? Ici, le prince charmant possède les traits d'un millionnaire beaucoup trop propre sur lui pour être vraiment honnête. Et cela doit être justement le côté sombre de ce personnage qui attire l'étudiante vierge, avide de découvertes. Actuellement, la tendance veut qu'il faut avoir au moins une tare pour paraître intéressant. Les gens normaux ne font pas recette, c'est bien connu. On les taxe de qualificatifs comme ringard ou banal.

Ici donc, on assiste pantois à la rencontre entre une jeune femme, remplaçant sa colocataire malade, pour une interview, et un homme à la tête d'un puissant groupe de communication. On devrait se méfier des gens qui se targuent de travailler dans ce domaine, car en général, ils font les pires communicateurs à force de théoriser sur les rapports humains, à coups de recettes imposées, mais totalement impropres aux relations humaines. Conte de fée oblige, on a droit à un coup de foudre aussi crédible que la recette de la morue aux fraises par Gaston Lagaffe. Dès lors, l'élément féminin de cette chose devient la naïveté personnalisée, pour ne pas dire sacralisée, elle qui ne fait pas la différence entre intrusion et curiosité.

S'en suivent des rencontres ennuyeuses entre les deux tourtereaux dans des endroits tous plus luxueux les uns des autres, et on ne parlera pas des nombreuses séquences qui utilisent la désormais facilité scénaristique et graphique de l'échange de messages instantanés avec incrustation à l'écran: ne tirons pas sur une ambulance qui patine déjà assez dans sa médiocrité. Insistant sur le fait qu'il répudie toute romance et que tomber amoureux, n'est pas sa tasse de thé, l'élément mâle de ce produit inconsistant alimente un mystère. La naïve citée plus haut se précipite dans ce leurre à pieds joints et demande à être initiée.

Intervient alors le fameux contrat que le monsieur impose à ses conquêtes pour qu'elles accèdent à sa salle de jeux, comme s'il s'agissait d'un honneur, d'un graal, à savoir, accepter de se faire brutalement dominer contre le plaisir qu'est censé procurer cette méthode. A ce stade, entre deux rires moqueurs justifiés, on se pince pour sortir de ce cauchemar mais, malheureusement, on n'est pas au bout de nos mauvaises surprises. Le triste sire Grey exige que sa chose sexuelle ne boive pas, n'ait pas recours à des produits illicites et ne voie personne d'autre, afin que lui seul devienne sa drogue. La naïve se met donc à négocier des sorties en amoureux (soirées, cinémas, concerts, etc.) avant de signer le document et refuse certaines clauses comme de se faire pénétrer vaginalement et analement par un poing, ou les pincettes destinées aux lèvres de l'appareil génital féminin, car elle espère encore que l'amour peut naître de cette relation.

Cette horreur filmique préconise donc les négociations, alors qu'une relation devrait être faite de compromis. Le sexe traité comme un contrat, voilà bien une idée tordue issue de notre civilisation malade qui vénère de plus en plus les pornocrates, autant mâles que femelles, justifiant leur détestable vision de la vie par le fallacieux prétexte de l'ouverture d'esprit. Que le roman ou le film soit l'oeuvre de deux femmes laisse songeur, tant leurs discours suintent le machisme et là bêtise qui voudraient qu'une relation comporte obligatoirement un dominateur et une soumise, mais une soumise consentante. La belle affaire, tout cela ne fait pas avancer la cause féministe qui cherche à établir l'égalité, mais la dessert, voire l'anéantit. Et ce n'est pas la moralisation finale qui va sauver les meubles, bien au contraire.

La mise en scène très peu inspirée abuse des clairs-obscurs, des fondus-enchaînés, de la nudité (surtout de l'actrice) et de l'utilisation de chansons suaves commerciales. Le point d'orgue survient avec le ralenti sur les coups de martinet, autre grand moment de rigolade. Bref, on y trouve le catalogue de toutes les facilités que l'on pouvait craindre d'un tel produit devenant très vite pathétique, comme son succès annoncé et déjà idolâtré. La féminité qui est autrement mieux analysée dans Nymph()maniac de Lars von Trier, perd ici toute son aura et tout son mystère, pour faire place à une bluette pseudo sulfureuse. Et on se permettra de douter de la sagacité de celles et ceux qui défendront cette chose en y trouvant quelque intérêt, ou émotion chère à nos sociétés polluées par la consommation à tous les niveaux.

 

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Votre avis sur ce film:
 

Master Play | 03.03.2015 05:24
 
Dans ce cas là, ayez un peu d'imagination et faites le vous-même vous aurez plus de plaisirs. Franchement, pas besoin d'Hollywood et ses acteurs pas crédibles pour vous procurer des sensations. Cherchez les vous même avec votre partenaire.

Minnie | 02.03.2015 21:58
 
Mais quelle perte de temps. Insipide à souhait, cette adaptation de la plus grosse erreur littéraire est incontestablement la première grosse daube de cette année. La fade Dakota Johnson et l'insipide James Dornan nous offrent des scènes d'une nullité écoeurante. L'alchimie inexistante des deux acteurs est si présente dans le film qu'on se demande comment les scènes dites osées ont pu se faire. Ces dernières d'ailleurs ne sont tournées que pour émoustiller les jeunes filles en fleur en mal d'amour et espérant un prince charmant pathétique qui pense que le sadomasochisme est la clé d'une belle relation amoureuse et qu'à vingt ans il faut se laisser faire par un bellâtre assoiffé. La réalisation de Sam Taylor-Johnson est digne d'un mauvais téléfilm du samedi soir sur TF1 dans sa période Hollywood Nights. L'engouement pour ce film est incompréhensible (de même pour le succès littéraire tant l'écriture est abjecte et bêtifiante). J'espère sincèrement que la suite ne pourra pas être tournée tant le massacre doit s'arrêter maintenant. Autant proposer l'adaptation de la Philosophie dans le Boudoir si l'on souhaite voir un film interdit aux moins de 16 ans dans les salles tous publics. Bref, à oublier très vite.

vincenzobino | 15.02.2015 19:43
 
Oui, j'ai tenté l'expérience. Et comme vous tous, me suis bien marré durant l'heure et quart passée en salle. Et rassuré que même les personnes ayant lues le livre sont effondrées d'un tel résultat. Je n'ai pas envie de gaspiller davantage d'énergie si ce n'est un conseil : ne gaspillez pas d'argent pour cette débilité et si, comme moi, vous avez un abonnement ciné, profitez de revoir un film valant la peine (Wild pour ma part où nous avons 2 femmes valant la peine). Ce film ne présente rien, que ce soit par le jeu, la mise en scène, la technique ou l'intérêt. Sans doute la daube de cette décennie, voire plus...

joconde | 14.02.2015 09:44
 
insipide et ennuyeux

lassé de trier,, | 11.02.2015 12:41
 
Très bonne critique, bcp de négatif, mais malheureusement, réaliste.

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