Film

Le Loup de Wall Street The Wolf of Wall Street (v.o)

Date de sortie 25.12.2013
Durée 165 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Universal Pictures
Genre Biopic , Drame
Réalisateur Martin Scorsese
Acteur Leonardo DiCaprio Jon Favreau Jonah Hill [+]
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
3.6/5
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Synopsis

L'histoire vraie de Jordan Belfort, un courtier en bourse qui passa vingt mois en prison pour avoir refusé de participer à une gigantesque arnaque, dévoilant la corruption et l'implication de la pègre qui sévit à Wall Street et au-delà des Etats-Unis.

Martin Scorsese

Leonardo DiCaprio

Jon Favreau

Jonah Hill

Matthew McConaughey

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 23 décembre 2013
 

Un film sur l'excès, en période de fêtes de fin d'année, c'est là le magnifique cadeau du Père Noël Martin Scorsese. L'univers de la finance ne sert que de toile de fond à The Wolf of Wall Street qui va chercher très loin dans le comportement humain, ses réactions et les conséquences qui peuvent en découler. A travers le personnage de Jordan Belfort, magistralement incarné par Leonardo Di Caprio, Scorsese et son scénariste Terrence Winter brossent le destin d'un homme qui se laisse séduire par les sirènes de la gloire et de la fortune. Plus que cela, il s'y vautre sans aucune restriction, se laisse submerger entièrement, quitte non seulement à se mettre en danger lui-même, mais sa famille aussi. Il devient un cas clinique sous la caméra de Martin Scorsese, soit entièrement dévouée à la publicité de Jordan Belfort en gourou de la finance, soit témoin privilégié de ses moments de crises qui deviennent de plus en plus nombreuses. Tout le filme fonctionne sur cette dichotomie entre l'euphorie la plus totale et excessive, et la détresse la plus complète et destructrice.

The Wolf of Wall Street regorge de scènes marquantes et le montage de Thelma Schoonmaker, qui alterne entre moments de bonheur et de malheur, est remarquable à plus d'un titre, car il évite astucieusement toute empathie malsaine avec Jordan Belfort, sans omettre d'exposer en pleine lumière la fascination qu'il exerce sur les autres. On retrouve ici les thèmes de prédilection du réalisateur de La Dernière Tentation du Christ comme l'ascension rapide d'un homme normal à priori, son incapacité à gérer le succès et sa chute dans la déchéance. Et c'est le cercle familial qui sera la première victime de cette descente infernale. Les scènes de ménage entre Belfort et sa femme sont d'une violence extrême et offrent à Leonardo Di Caprio et Margot Robbie une opportunité de montrer leur talent et ils ne s'en privent pas, pour notre plus grand plaisir.

Dans ce long métrage il y a surtout Leonardo Di Caprio, puis ceux et celles qui gravitent autour comme Rob Reiner en père irritable, Joanna Lumley en tante qui sert de prétexte à une arnaque fiscale gérée par Jean Dujardin, impeccable en banquier suisse, peu regardant de la loi. Tous sont au diapason de Di Caprio qui fait là une nouvelle fois une prestation remarquable. Il parvient à nous émouvoir autant qu'à nous irriter, et avec la même intensité. La séquence sur le yacht avec l'agent du FBI en est la plus belle illustration.

The Wolf of Wall Street est une comédie grinçante qui met mal à l'aise à plusieurs reprises. On y voit des êtres humains sous leurs plus mauvais jours dans des fêtes dantesques et orgiaques où chacun va au delà de ses limites, en faisant montre du plus grand manque de respect envers les autres, soit en s'en servant, soit en s'en moquant. Le film fait d'ailleurs un étalage pertinent de toutes les addictions: drogues, sexe, alcool, argent, succès. C'est un engrenage imparable qui prend possession de Jordan Belfort et ne le lâchera plus jusqu'à l'excès de trop. En ce sens le film correspond à merveille à la citation de Frédéric Beigbeder: "Les fêtes ont été données à l'homme pour cacher sa pensée." Et la fin qui peut faire froid dans le dos, procède de la même manière qu'un autre chef d'oeuvre de Scorsese, Taxi Driver, avec toutefois encore plus de cynisme.

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Votre avis sur ce film:
 

Nicolas | 18.01.2014 21:44
 
Un Di Caprio impressionnant (comme très souvent), et un film décoiffant, qui approche souvent de la limite du supportable sans toutefois la dépasser! Une légère déception toutefois sur la fin qui tirait légèrement en longueur.

Laurent S. | 11.01.2014 11:03
 
On aura tout lu et tout entendu à propos du dernier film du tandem Scorsese/DiCaprio: dangereux, obscène, complaisant, pornographique (sic), dégoûtant, etc. Les défenseurs de ces qualificatifs seront au mieux passés à côté du coeur du film, au pire n'auront pas accepté le reflet de leur propre image que leur renvoie le long-métrage (le sublime plan final). Car loin de défendre et de cautionner les agissements égoïstes et cyniques de son personnage principal, le réalisateur de Kundun en souligne au contraire les excès pour mettre en lumière les dérives et les dangers du capitalisme lorsque ce dernier tombe entre de mauvaises mains. En substance, sans garde-fous (institutionnels et moraux, donc individuels), le capitalisme, à son stade terminal, débouche inévitablement sur une Babylone transformant littéralement ses protagonistes (voir à ce titre l'évolution du personnage de Jordan Belfort, innocent au début du film et sans aucune morale à la fin). En montrant les snifs de coke, les orgies à répétition et l'arrogance de Belfort et de ses adeptes (la secte n'est pas loin), Scorsese fait un tel étalage de stupre et de dépravation qu'il est évident que son but n'est pas la complaisance mais au contraire la prise de conscience. C'est à ce titre que Le loup de Wall Street est édifiant: dans sa capacité à mettre le doigt sur les risques de la toute puissance de l'argent, en déroulant ses débordements par le menu. Notons également qu'absolument toutes les scènes de sexe sont systématiquement désamorcées par un humour de chaque instant (la partouze dans l'avion, hilarante, la scène de la bougie, l'orgie homo, etc). En d'autres termes, ce n'est pas l'acte qui choque, mais ce qu'il signifie. Par ailleurs, l'un des gros tours de force du film réside dans le rapport ambivalent que le spectateur entretient avec le personnage incarné par DiCaprio (qui mérite au passage un Oscar, sa prestation étant la plus impressionnante de sa carrière). En effet, Scorsese parvient à nous le rendre tour à tour attachant et antipathique. Autrement dit, il ne perd jamais de vue l'aspect humain du personnage (et donc quelque part victime), malgré ses actes plus que répréhensibles. Doté d'une mise en scène renversante de maîtrise rappelant l'un des films les plus géniaux de son metteur en scène (Les Affranchis), tant du point de vue de la forme (la voix off) que du fond (ascension et chute), Le loup de Wall Street décrit en outre en sous-texte tout au long du métrage, et plein cadre à la fin, les proies faciles que constituent les victimes des agissements de Belfort (voir à ce titre les visages de ces anonymes du plan final). C'est également ce miroir que Scorsese nous tend qui participe de ce malaise insidieux que le metteur en scène instille chez le spectateur. Brillant. Avec Le loup de Wall Street, Martin Scorsese livre incontestablement l'un de ses tout meilleurs films: visuellement splendide, thématiquement terrible et témoin d'une époque où la morale, l'humanité et les valeurs ne sont plus que de lointains souvenirs.

Laurent | 02.01.2014 03:33
 
Enfin un Scorsese comme je l'aime ! Bien que j'ai adoré son hommage à Georges Méliès (pour Hugo Cabret) et qu'il ait été un des rares seuls à l'avoir fait, j'ai encore plus apprécié sa nouvelle performance ! Quant à Di Caprio, que je pensais un peu essoufflé suite à ses différentes collaborations avec le réalisateur, j'ai été plus qu'impressionné par sa prestation ! A voir en VO et hormis quelques séquences à la fin, je me suis senti tenu par le pitch et le suspens jusqu'au bout !

Vinc B. | 28.12.2013 12:37
 
Un film peu inspiré, presque dépourvu d'intérêt. Il faut bien une heure, une heure quinze pour que le film démarre véritablement. Et encore, je suis toujours à me demander quelle est véritablement le fil conducteur de ce film. Surtout, l'accumulation et la répétition de fêtes, d'abus de drogue et d'alcool, d'étalage de pognon rend rapidement nauséeux. En deux mots: une relecture de Projet X (pour l'amoralité et la déliquescence des personnages) pour adultes.

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