Film

Cogan : La mort en douce Cogan : Killing Them Softly (v.o)

Date de sortie 05.12.2012
Durée 97 minutes
Age 16/16
Pays
Distributeur Ascot Elite
Genre Policier , Thriller
Réalisateur Andrew Dominik
Acteur James Gandolfini Richard Jenkins Brad Pitt
Note CLAP.CH
 
1.8/5
Note du public
 
1.9/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui dégénère…

Andrew Dominik

James Gandolfini

Richard Jenkins

Brad Pitt

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 3 décembre 2012
 

CONTRE

Auteur du très réussi L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, le réalisateur australien né en Nouvelle-Zélande Andrew Dominik s'attaque cette fois à une autre légende de la culture américaine: le polar. Malheureusement, tout ce qui fonctionnait dans son western crépusculaire s'effondre ici comme un château de cartes.

Ce film est un peu la synthèse de ce qu'il ne faut pas faire. Passons très vite sur les discours de Bush et Obama en fond sonore car c'est là une idée d'une facilité déconcertante qui essaie vainement de donner à la chose un aspect politique. Cela en devient très vite pénible. On doit aussi supporter des dialogues abscons et m'as-tu vu qui ne font quasiment jamais avancer ni l'intrigue, ni la personnalité des différents protagonistes. On est face au syndrome "Je fais du Tarantino car c'est un dieu" et au final, c'est encore une fois l'ennui qui l'emporte.

James Gandolfini se caricature lui-même, Ray Liotta essaie de faire ce qu'il peut mais il est mal servi par le scénario et la mise en scène. Brad Pitt traverse le long métrage comme s'il n'existait pas. Les deux "héros" sont le symptôme de l'écriture des personnages d'aujourd'hui: rien pour eux et parfaitement cyniques.Et surtout, on ne pardonnera jamais cette façon détestable de magnifier la violence dans des ralentis interminables et insistants.

Au final, on sort de la salle en pensant y être resté plus de trois heure alors que le supplice ne dure qu'une heure et quarante minutes. On doutera logiquement donc qu'une version longue puisse sauver ce produit du naufrage artistique.


Max Borg | Lundi 3 décembre 2012
 

POUR

Difficile de ne pas approcher Killing Them Softly, le nouveau long métrage d’Andrew Dominik, et Lawless de John Hillcoat : présentés, les deux, en compétition à Cannes cette année, ce sont des films de genre typiquement américains signés par des réalisateurs australiens, et avec des distributions formidables. Mais les ressemblances s’arrêtent là : alors que Lawless est plutôt un Western déguisé en film de gangsters vintage (années 20 et 30), Killing Them Softly, adapté d’un roman paru en 1974 et épuisé pendant des années, est une critique explicite des Etats-Unis d’aujourd’hui, comme le témoignent les voix off de George W. Bush et Barack Obama.

Au lieu de Boston, où se déroule l’histoire dans le roman, Dominik a décidé de situer l’action en Louisiane, ce qui lui permet de réfléchir sur le déclin social et économique des USA. C’est ici que deux jeunes voleurs, Frankie (Scoot McNairy) et Russell (Ben Mendelsohn), se font engager pour un braquage assez spécial : les cibles sont ceux qui participent à une partie illégale de poker organisée par Markie Trattman (Ray Liotta), et c’est ce dernier qui portera le chapeau puisqu’il avait monté un coup pareil dans le passé. Tout se passe comme prévu, sauf que Trattman professe son innocence et Driver (Richard Jenkins), porte-parole des différentes organisations criminelles locales, se voit forcé à embaucher un nommé Cogan (Brad Pitt) pour découvrir la vérité.

Il y aurait, en théorie, de quoi faire une belle déconstruction/méditation  sur le genre, comme dans la précédente collaboration de Dominik et Pitt, le sublime L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. La différence cruciale est la durée des deux films : les 160 minutes de Jesse James ayant diminué son potentiel en termes de recettes, les distributeurs américains de Killing Them Softly, les frères Weinstein, auraient insisté que le nouveau film de Dominik ne dure qu’une heure et demie, hormis le générique de fin. Or, sachant qu’il existe au moins une heure de matériel supprimé au montage, d’après le témoignage d’un acteur, il est plus facile de comprendre pourquoi le produit sorti en salle a l’air si déconnecté, comme s’il s’agissait d’une partie d’un projet beaucoup plus large. C’est pour ça aussi que Sam Shepard, montré avec un certain orgueil dans la bande-annonce, n’apparait que dans une scène, et que l’on peut remettre en question le statut de Brad Pitt comme vedette du film, en raison de sa présence fragmentaire.

Bref, pour vraiment savourer le talent du cinéaste australien, il faut espérer que les scènes coupées seront réintégrées dans le DVD/Blu-ray. En attendant, Killing Them Softly reste un produit discret et regardable pour son sens de l’humour, son utilisation de la violence et son message de fond (« L’Amérique n’est pas un pays, c’est un business », dit Cogan dans la scène-clé). Et pour les fans du genre, il y aussi le plaisir (coupable) de voir Henry Hill et Tony Soprano dans le même film…

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Votre avis sur ce film:
 

Laurent | 10.01.2013 15:34
 
Un très bon film à suspens qui nous démontre la véritable Amérique, plus spécifique dans l'état de Louisiane où même les truands s'y perdent et constatent leur vieillissement. A la base un coup fumant, il s'avère que le braquage prend une tournure difficile et qui peut amener à la mort certains protagonistes; j'ai adoré ce style ! L'arroseur arrosé !

Charlotte | 09.12.2012 07:29
 
bof, je suis partie avant la fin n'ayant pas trouvé le moindre intérêt à la première partie de ce qu'il faut bien appeler un gros navet

Johanna | 07.12.2012 22:20
 
Un pur navet: ennuyeux, sans rythme, avec des acteurs laids, un scénario indigent, des personnages caricaturaux. Un ratage total et complet. Si au moins ce n'était pas si ennuyeux...

Vinc' | 03.12.2012 09:15
 
On retrouve ce sens du rythme, ce goût du détail et ce soin porté aux dialogues qui faisaient déjà merveille dans "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford". Andrew Dominik signe un grand film sur l'Amérique de Bush puis d'Obama, livrée à la sacro-sainte économie de marché, où même les gangsters sont broyés par le système.