Film

The Master The Master (v.o)

Date de sortie 09.01.2013
Durée 137 minutes
Age 16/16
Pays États-Unis (United States)
Distributeur Ascot Elite
Genre Drame
Réalisateur Thomas Anderson
Acteur Amy Adams Laura Dern Philip Seymour Hoffman [+]
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
1.9/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s'être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu'il a en lui. Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd - « le Maître », charismatique meneur d'un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

Cette année, The Master a remporté deux prix à la Mostra de Venise: le Lion d'argent récompensant la mise en scène de Paul Thomas Anderson et le Prix d'interprétation masculine, décerné ex-aequo à Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix.

En Bluray et dvd à partir du 9 mai 2013.

Thomas Anderson

Amy Adams

Laura Dern

Philip Seymour Hoffman

Joaquin Phoenix

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 7 janvier 2013
 

The Master de Paul Thomas Anderson, c'est la claque du début 2013. Le réalisateur du magnifique There Will Be Blood réussit de nouveau une oeuvre incroyable. Son film met mal à l'aise comme rarement en dénouant brillamment les processus d'une secte, et surtout ses méthodes de recrutements ainsi que le choix de ses victimes. Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman y sont prodigieux.

Le film s'ouvre sur une séquence totalement hallucinante dans laquelle on découvre Freddie Quell en train d'honorer une femme en sable sous les rires gras de ces camarades d'armée. Nous sommes au tout début des années 1950. Ce vétéran de la Deuxième Guerre Mondiale est complètement perdu et il se confectionne des boissons alcoolisées personnalisées, quand il ne boit pas des produits de beauté. Il est en train de se consumer le soir où, dans un état critique, il se retrouve sur un bateau en route vers le sud pour célébrer le mariage de la fille de Lancaster Dodd, un personnage dangereusement séduisant.

Ce film exceptionnel suit dès lors la relation entre ces deux personnages et nous plonge, sans aucun cordon de sécurité, dans ce que l'âme humaine peut recéler de plus torve. D'un côté, on a le maître du titre et de l'autre la victime savamment choisie qui devient le meilleur élève. Intelligemment, Paul Thomas Anderson se pose en observateur et ne cherche jamais l'empathie avec ses personnages et il enlève tout superflu, ce qui fera dire à certains que le film manque d'émotion. Et c'est tant mieux quelque part, car s'il faut entendre par là sensibleries et pleurnicheries indécentes, chères à notre société de grande consommation actuelle, ce mot n'a pas sa place ici. Le réalisateur cherche justement l'inconfort du spectateur et y parvient haut la main. Son long métrage dérange et on se retrouve assez vite dans une position inconfortable, mais fasciné par la mise en scène et le propos de The Master qui attaque de manière frontale son sujet qui, lui aussi, met mal à l'aise. Et cela fait du bien d'être de temps en temps secoué par ce qu'un cinéaste inspiré nous donne à voir. On voit très clairement pourquoi Freddie est choisi par Lancaster et comment ce dernier l'entraîne dans les mailles de ses sordides filets. Freddie est tellement en roue libre, au bord de la rupture, qu'il devient le client idéal.

Dans le rôle de Freddie Quell, Joaquin Phoenix réalise une performance qui laisse pantois. Son attitude voutée, pour montrer que son personnage porte tout le poids de l'univers sur ses épaules, n'est que l'une des nombreuses trouvailles de ce comédien décidément hors norme. Face à lui, l'immense Philip Seymour Hoffman donne vie à un être que l'on pourrait ranger à côté des pires méchants de fiction, ou non. Il use malicieusement de la séduction qui est l'arme de Lancaster Dodd pour parvenir à ses fins. Il n'y a pas de mot pour dire tout le bien que l'on pense de cet acteur à chacune de ses prestations.

Très inspiré, Paul Thomas Anderson opte pour un format d'image proche de la vision humaine et il fait très bien car l'utilisation du scope aurait été ici très peu pertinente. La caméra du réalisateur fait office d'observatrice, elle est le lien direct entre l'écran et le spectateur, la lucarne par laquelle ce dernier est témoin de l'endoctrinement de Freddie. La musique procède exactement de la même manière. Pour sa deuxième collaboration avec Paul Thomas Anderson, Jonny Greenwood, éminent membre de Radiohead, cherche lui aussi à mettre mal à l'aise, mais sans choquer pour choquer. Il utilise des instruments associés généralement à la douceur en les torturant, les poussant toujours à la limite de la dissonance sans ne jamais vraiment la franchir. C'est remarquable à plus d'un titre. La reconstitution des années 50 par les décors, les accessoires et les costumes confine à un réalisme impeccable.

The Master montre très clairement qu'après le déjà sublime There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson est le mieux placé pour devenir le digne successeur de Stanley Kubrick, autant par la forme que par le fond qui, comme chez le réalisateur de Eyes Wide Shut, s'attarde brillamment sur l'âme humaine, et surtout ses dysfonctionnements.

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Votre avis sur ce film:
 

Julie Sion | 23.01.2013 21:08
 
Nul

Emmanuel Mischler | 23.01.2013 15:24
 
Une note si faible pour un tel film, c'est à se demander ce que le public attend désormais du cinéma... The Master est incontestablement un très grand film. Au rythme plutôt lent certes, mais pour reprendre l'heureuse expression du critique du Figaro Eric Neuhoff, "ce film, c'est la foudre au ralenti". On ne peut mieux dire! Anderson manie avec une maîtrise déconcertante de grandes thématiques: la manipulation mentale, les troubles sexuels, les rapports filiaux, le tout dans une décharge de violence contenue qui se lit dans chaque scène, sur les traits de Joaquin Phoenix comme dans le regard de P.S. Hoffman. Parallèlement, c'est aussi un film qui respire, dans quelques scènes filmées là encore avec une rare maestria: Phoenix allongé à côté de sa Vénus de sable, la scène dans le désert, etc. P.T. Anderson est à un ou deux grands films d'égaler ses maîtres: Kubrick, Cronenberg, Scorsese, ... Vivement la suite!

Fabio | 14.01.2013 15:23
 
Sans crier au chef d'oeuvre ultime, et en avouant volontiers que ce film n’est pas fait pour plaire à tout le monde, je pense que The Master a suffisamment de qualités - acteurs, réalisation grandioses - pour qu'on lui épargne l'affront de notes telles que 0,5 ou de qualificatifs tels que « navet ». L'argument de l'ennui est très subjectif: je ne me suis pas ennuyé et bien d’autres non plus. Côté scénario, il y a sans doute quelques zones molles, surtout dans la deuxième moitié. Mais P. T. Anderson a volontairement écrit un film sans véritable intrigue (il le dit dans des interviews) pour se concentrer sur la relation entre les deux personnages principaux. A travers eux, The Master est la peinture d'une époque, d’une atmosphère, d'un pays et d'âmes humaines à la dérive. The Master n'est pas un film sur la scientologie à proprement parler. De plus, il n’apporte pas de réponses prémâchées au spectateur. Si c’est ce que vous attendez d’un film, il y a en effet de quoi être déçu. Mais laissez aux gens la possibilité d’aimer des films qui ne donnent pas toutes les clés et qui ne cèdent pas à l’émotion facile. Enfin, même s’il est sans doute un peu tôt pour les comparer, je vois aussi, comme Remy, une analogie entre Anderson et Kubrick, la même ambition de ne réaliser que de « grands films ». Certains (tous les critiques n’ont pas aimé, loin de là !) reprochent d’ailleurs au premier cette ambition en parlant de « prétention ». Je dis au contraire : heureusement qu’il existe encore des auteurs à Hollywood qui tentent de nous offrir autre chose que ce qui sort à longueurs d’années. Même si tout n’est pas parfait à chaque fois. Les films de Kubrick non plus ne faisaient pas l’unanimité à leur sortie. Pourtant, il est généralement considéré comme l’un des meilleurs de tous les temps. Des débats sans fin :-)

JJFF | 14.01.2013 10:55
 
Excellentes interprétations de Philip Seymour et de Joaquin Phoenix. La reconstitution des années 50 est particulièrement bien réussie. Seul bémol, la durée du film un peu trop longue...

Benito | 12.01.2013 20:13
 
J'aime bien le cinéma américain mais là, je crois qu'on touche le fonds! Il sera difficile de faire pire cette année. Un scénario sans queue ni tête, des mauvais acteurs, un réalisateur qui a juré de nous endormir, un montage approximatif: tout cela fait un film complètement raté et extrêmement ennuyeux. Très pénible à regarder tant c'est ennuyeux.

Julie | 12.01.2013 15:06
 
Je voulais mettre zéro étoile mais c'est, hélas impossible. Ce film est nul. Les scènes du début s'enchaînent d'une manière tellement improbables que j'ai cru qu'on était revenu à l'utilisation des bobines et que certaines avaient été inversées !! Puis le héros rencontre le maître et à partir de là c'est du grand n'importe quoi... Et la fin est à l'avenant... Le scénario est à peu près inexistant, le film dure beaucoup trop longtemps, il n'y a aucun rythme, les acteurs en font trop. Affreux et prétentieux : voilà les mots qui me venaient constamment à l'esprit durant la (trop) longue projection de The master. Dès les premières images, il est clair que l'expérience va être éprouvante. Le plan inaugural sur le sillage du bateau est ainsi à la fois moche, peu signifiant, ridicule et plein d'orgueil, accompagné qu'il est par une musique pompière (ba da ba boum, ba da ba boum). Quand je pense que ce film a été présenté comme LE film de l'année, j'hallucine... J'espère vraiment que le réalisateur changera de profession, car se moquer du spectateur de la sorte, est tout simplement une honte. Après, on se demande pourquoi les spectateurs ne vont plus au cinéma: ben, parce qu'ils en ont marre de payer pour voir des navets. Je ne comprends pas qu'on finance de tels scénari ! Bref, un film à éviter !

Jeff | 11.01.2013 19:24
 
Il semble que Remy Dewarrat et moi n'ayons pas vu le même film: moi j'ai trouvé the Master à mourir d'ennui. Et 2h17, ça peut paraître une éternité, croyez-moi. Je suis allé voir le film après avoir lu les excellentes critiques. Ce film montre, une fois de plus, le décalage entre les critiques qui doivent être très intelligents puisqu'ils ont trouvé ce film merveilleux et les spectateurs dont je suis, qui sont trop bêtes pour comprendre les subtilité et la "grandeur" du film. C'est peu de dire que ce film fut une énorme, une gigantesque déception. Pas d'histoire, juste deux personnages attirés l'un vers l'autre pour une raison indéterminée. Je suppose que le spectateur intelligent est censé remplir les trous de la narration de la richesse extraordinaire et mystérieuse que lui inspire le film ; je ne suis visiblement pas un spectateur intelligent, puisque j'ai juste trouvé tout ça vide, creux et limite débile. Ce film est aussi puissant que de dire: l'eau ça mouille et le feu, ça brûle. Les lieux communs sont lassants. . Que ceux qui espèrent pénétrer les rouages secrets de la scientologie passent leur chemin : ils n'apprendront rien du tout. Et ils risquent de mourir d'ennui... comme moi!

Johanna. | 10.01.2013 22:51
 
La scientologie n'a pas besoin d'avoir peur de ce qu'il faut bien qualifier de navet... On passe d'un cliché à un autre: La guerre rend fou et. la scientologie est une imposture. Super! Quelle trouvaille... J'ai failli mourir d'ennui devant ce film. Je comprends pourquoi le film n'a pas marché dans son pays. Anderson devient de plus en plus ennuyeux, il n'a rien à dire, et a une imagination limitée: ça fait beaucoup quand on veut faire du cinéma et surtout s'en prendre à une secte aussi puissante. Je m'étais pas autant ennuyé depuis Paperboy (autre gros échec aux states, présent à Cannes... passons). La faiblesse du scénario est si criante dans ce master que les acteurs en font des tonnes et rendent le résultat ridicule et ennuyeux. Je n'ai toujours pas compris pourquoi les critiques avaient crié au génie devant ce navet.

Charlotte | 10.01.2013 18:31
 
La scientologie n'a rien à craindre, ce film est ridicule et beaucoup trop long. On s'ennuie et les acteurs en font des tonnes. Dommage, l'idée de dénoncer la scientologie était séduisante.

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