Film

La dame de fer The Iron Lady (v.o)

Date de sortie 15.02.2012
Durée 104 minutes
Age 10/16
Pays
Distributeur Pathé Distribution
Genre Biopic , Historique
Note CLAP.CH
 
3/5
Note du public
 
2.9/5

Synopsis

L'histoire relate les dix-sept jours précédant la Guerre des Malouines, entre mars et juin 1982, qui donnèrent au Premier ministre britannique Margaret Thatcher le surnom de Dame de fer.
Critiques

Patrick Ramuz | Lundi 13 février 2012
 
Meryl Streep est une comédienne de génie. Voilà ce que je retiens de La Dame de fer, le film consacré à Margaret Thatcher, qui dirigea le Royaume-Uni de 1979 à 1990. Autant le dire d'emblée, ce long métrage n'aurait que peu d'intérêt s'il n'était pas "porté" par la performance stupéfiante de l'actrice américaine qui parvient à disparaître derrière son personnage, tout particulièrement – et là est son plus grand exploit – lorsqu'elle incarne l'ex-premier ministre à 80 ans, souffrant de démence sénile. Dans ces moments-là, on se dit que Streep est (peut-être) sans égal dans sa profession.

Pour le reste, il faut bien avouer que La Dame de fer, même s'il n'a rien de déshonorant, demeure un divertissement de facture classique qui se contente d'illustrer son sujet plutôt que de le traiter en profondeur. Les férus d'histoire regretteront que le parcours de Thatcher soit simplement évoqué à travers une succession de vignettes informatives alors que les années 80 constituent certainement pour l'Angleterre la période de son histoire la plus houleuse et donc la plus fascinante depuis la deuxième guerre mondiale. Entre le bras de fer engagé par le gouvernement avec les grévistes et la population, le conflit nord-irlandais, la guerre des Malouines et l'effondrement du bloc de l'Est, il y avait de quoi faire. Trop sans doute pour un film de moins de deux heures. Alors, plutôt que de véritablement se plonger dans les remous de l'histoire et de tenter de comprendre les raisons pour lesquelles Thatcher demeure une figure historique aussi controversée, la réalisatrice Phillyda Lloyd a préféré se focaliser sur le parcours d'une femme d'exception et sur le prix du pouvoir. L'intention est louable, mais il eût été peut-être plus stimulant pour le spectateur qu'elle approche le personnage en le remettant dans le contexte d'un moment-clé de sa carrière politique. En général, lorsque le cinéma choisit cette voie, il parvient à des résultats plus accrocheurs que celui-ci. Je pense notamment à 13 jours (John Fitzgerald Kennedy et la crise des Missiles de Cuba), à The Queen (La Reine Elizabeth et la mort de Lady Di), à Frost/Nixon (Nixon et les révélations sur le Watergate), voire dans une certaine mesure à Invictus (Mandela et la Coupe du monde de rugby). La réussite de ces films prouve qu'une crise ou un évènement important relaté depuis "les coulisses du pouvoir" peut en dire beaucoup plus sur la personnalité et la dimension historique d'un homme ou d'une femme politique que le résumé de toute une vie étalé sur dix heures de série télévisée.

A l'image du récent J Edgar de Clint Eastwood (pour un résultat tout aussi mitigé), La Dame de fer emprunte une voie plus traditionnelle qui cherche à couvrir la totalité du parcours effectué par le personnage historique. Or, à moins que ce choix narratif ne soit transcendé par un cinéaste inspiré capable d'insuffler un caractère épique à son film (Richard Attenborough et son Gandhi, Spike Lee et son Malcolm X) ou de nous emmener dans un trip à part (Oliver Stone et son Nixon), il conduit trop souvent à des longs métrages ressemblant à des albums photos agréables à l'œil, mais sans grand relief. Grâce à l'immense talent de son actrice principale, Phillyda Lloyd ne tombe pas dans le piège de la "visite guidée", mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a un autre film (voire une série) à réaliser sur cette période-clé du Royaume-Uni, lorsqu'il était dirigé d'une main de fer - dans un gant de fer - par The Iron Lady. Le seul problème est que, pour bien faire (c'est le cas de le dire), il faudrait que Meryl Streep accepte de reprendre le rôle, comme le fit Michael Sheen en reprenant par trois fois celui de Tony Blair (The Deal, The Queen, The Special relationship). On peut toujours rêver. Patrick Ramuz, invité clap du mois de février 2012 (voir sa page principale)
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Votre avis sur ce film:
 

Suz | 22.03.2012 13:21
Meryl impressionnante ...

fabacg | 21.02.2012 00:30
Bluffant !!!

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