Film

Shame Shame (v.o)

Date de sortie 04.01.2012
Durée 99 minutes
Age 16/16
Pays Royaume-Uni (United Kingdom)
Distributeur Frenetic
Genre Drame
Réalisateur Steve McQueen (II)
Acteur James Badge Dale Michael Fassbender Carey Mulligan
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public
 
3.9/5
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Synopsis

Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie...

Steve McQueen (II)

James Badge Dale

Michael Fassbender

Carey Mulligan

Critiques

Fabio Gramegna | Lundi 2 janvier 2012
 

Hunger, premier long métrage de Steve McQueen, racontait l’histoire vraie de Bobby Sands, un membre de l’IRA qui a décidé en 1981 d’effectuer une grève de la faim en prison, afin d’obtenir un statut à part pour les prisonniers politiques en Irlande du Nord. Michael Fassbender était déjà de la partie et surtout, le film était déjà une belle claque. Avec son second essai, Shame, McQueen passe encore au cran supérieur. Il faudra compter sur lui à l’avenir.

Car Shame, bien que servi par un exceptionnel Fassbender, est bien plus que la démonstration du talent d’un acteur. Tout d’abord, comme Another Year de Mike Leigh et The Social Network de David Fincher, pour ne citer que deux exemples récents, l’œuvre traite aussi avec force d’un des maux de notre civilisation occidentale moderne – la solitude. Brandon vit dans l’une des plus grandes villes du monde, New York. Il est beau, intelligent, pourtant, comme beaucoup d’autres, il est seul. Pire, lorsque sa sœur, elle aussi profondément seule et qui représente son unique « proche », vient à sa rencontre, il la repousse, la considérant comme un poids.

Oui, Brandon est malade, victime d’une addiction au sexe. Cependant, il semble surtout représenter la maladie (dans une forme extrême, admettons-le) de toute une nouvelle génération formée par notre société. Une génération ayant perdu les valeurs de la famille, de l’amour, de l’amitié et ne pensant qu’au plaisir instantané, au sexe. Ces éléments apparaissent par exemple lorsque Brandon se retrouve au restaurant avec une éventuelle nouvelle conquête – « à quoi bon le mariage ? » s’interroge-t-il, prouvant sa peur de l’engagement – ou lors du dernier dialogue avec sa sœur – « tu essaies de me piéger ». Au fond, Brandon ressemble donc à bien plus de monde qu’il n’y paraît. McQueen, également scénariste aux côtés d’Abi Morgan, ne se présente pas en moralisateur. Il laisse plutôt des portes ouvertes : à qui la véritable « honte » du titre?

Shame est donc un film sur la solitude et sur notre rapport au sexe (lui qui est désormais visible partout, dès le plus jeune âge, à travers la publicité et autre), bien plus que l’étude d’une pathologie ou d’un comportement « honteux » que le spectateur pourrait aisément condamner. Mais Shame est surtout un film bouleversant sur deux personnages perdus – Carey Mulligan est elle aussi parfaite – cherchant simplement à être heureux, à leur manière. Ajoutez à cela une magnifique mise-en-scène, sans fioriture mais d’une maîtrise absolue, ainsi qu’une composition musicale envoûtante, et vous obtenez l'un des premiers grands chocs cinématographiques de l’année.


Remy Dewarrat | Lundi 2 janvier 2012
 

Le nouveau film de Steve McQueen vaut surtout le détour pour l'interprétation justement couronnée lors du dernier Festival de Venise de Michael Fassbender. Il défend un personnage difficile qui ne cherche jamais l'empathie avec le spectateur. Il incarne la honte du titre de l'œuvre. Shame suit un instant de la vie de Brandon, un trentenaire new-yorkais qui travaille beaucoup et possède les symptômes d'un dépendant sexuel, au moment où il reçoit sa jeune sœur chanteuse de bar pour quelques jours. Il le fait sans enthousiasme car cette visite entrave son quotidien.

Le réalisateur choisit une approche très crue de la maladie, voire clinique. On comprend rapidement qu'elle provoque chez Brandon, une sensation de pouvoir, ce qui lui vaudra un passage à tabac en bonne et du forme quand il essaiera de séduire la femme d'un type dans un bar. Il n'use pas non plus de ce pouvoir de séduction pour satisfaire ses pulsions, il a recourt le plus souvent à des professionnelles ou à la masturbation. Ce qui est fascinant dans ce long métrage, c'est que Brandon se sait malade, comme le montre l'excellente scène rapide où on le voit se débarrasser de toutes sa pornographie dans trois gros sacs à poubelles, ainsi que de son ordinateur portable. Il essaie seul de se soigner, mais rechute très rapidement. Il n'est pas du tout prêt à demander l'aide d'autrui. Focalisé sur sa personne, il ne voit pas non plus que sa sœur est en détresse.

Malheureusement, toute l'intrigue entre Brandon et sa sœur est traitée sous forme de mélodrame et cela ne fonctionne pas très bien avec l'ambiance générale du film, cela lui enlève un peu de sa force. McQueen n'évite pas non plus l'ennui qui finit par s'installer car à force de trop jouer sur la non empathie de son personnage, le spectateur se lasse gentiment de ce qui lui arrive. Mais voilà, malgré ces petits écarts, il y a Michael Fassbender qui captive à lui seul. Cet acteur incroyable possède un talent qui se bonifie à chaque film de façon toujours plus remarquable. Ici, son interprétation laisse sans voix.

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Votre avis sur ce film:
 

Dind Jean-François | 10.01.2012 20:27
Excellente interprétation de Michael Fassbender dans un tout autre registre qu'en Docteur Freud dans le film A dangerous Method.