Film

Notre étrangère Notre étrangère (v.o)

Date de sortie 23.11.2011
Durée 82 minutes
Age 10/14
Pays
Distributeur Colifilms Diffusion
Genre Science fiction
Réalisateur Sarah Bouyain
Acteur Dorylia Calmel Nadine Kambou Yéri Djénéba Koné [+]
Producteur Sophie Salbot
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public Aucun vote

Synopsis

Suite au décès de son père, Amy, une jeune métisse vivant en région parisienne, revient à Bobo au Burkina Faso, pour chercher sa mère dont elle a été séparée à l’âge de 8 ans. Elle ne revoit que sa tante. Amy entourée d’une cour familiale aussi rassurante qu’étouffante, va et vient dans une ville où elle n’a plus de repère.
Mariam, une burkinabé de 45 ans, est technicienne de surface et vit à Paris dans l’espoir de
retrouver sa fille. Depuis peu, elle a rencontré Esther, cadre dans l’entreprise où elle fait le ménage. Ces deux femmes solitaires apprennent à s’apprécier.

Sarah Bouyain

Dorylia Calmel

Nadine Kambou Yéri

Djénéba Koné

Assita Ouedraogo

Dominique Reymond

Nathalie Richard

Jérôme Sénélas

Blandine Yameogo

Sophie Salbot

Critiques

Jeanne Rohner | Lundi 21 novembre 2011
 

La réalisatrice Sarah Bouyain, après un documentaire sur la question du métissage - Les enfants du blanc (2000) - renoue dans ce premier long-métrage de fiction avec ses racines africaines pour traiter avec pudeur des thèmes comme l’exil et la solitude des êtres dans la quête de leurs origines.

Les histoires de deux femmes burkinabées, si proches dans leurs efforts pour renouer des liens rompus par le passé, sont mises en scène parallèlement de façon très intelligente. L’une, Amy, part de Paris dans l’espoir de rencontrer sa mère, alors que l’autre, Mariam, vit à Paris ; elle souffre de ce déracinement et, subtilement évoquée, de l’absence de sa fille. Bien davantage que des racines communes, les deux femmes partagent ce sentiment d’être étrangères à l’environnement qu’elles arpentent, déchirées entre deux cultures. En effet, bien qu’Amy soit d’origine burkinabée, elle est considérée comme l’étrangère blanche dans le village où habite sa tante. Mariam, elle, est complètement centrée sur la douleur qui la porte, déphasée dans un pays qui l’a accueilli mais où elle ne sait vivre pleinement.

Ce film est poignant par la sincérité des sentiments qu’expriment deux actrices formidables, Dorylia Calmel et Assita Ouedraogo; on sent que la cinéaste a dû plonger dans son vécu pour faire ressortir des situations aux émotions palpables. Elle arrive à souligner à travers de longs plans fixes le calme qui entoure la maison de la tante mais aussi le poids du secret que l’on cache à Amy. De plus, l’absence de sous-titres dans les échanges en langue dioula permet à la réalisatrice de nous faire partager l’incompréhension de la jeune fille – qui ne connaît pas cette langue – face à sa tante. Par des regards, des sourires et parfois des larmes, elles arrivent pourtant à se confier. Le dioula, Mariam l’enseigne à une française dont elle va se rapprocher, dans des moments d’amitié où sa tristesse semble presque s’évanouir - jusqu’à ce que cette relation la mène à affronter à nouveau l’absence qui la ronge.

Notre étrangère est finalement un très beau film sur le chevauchement des cultures, mais aussi sur ce désir incessant d’accéder à une certaine paix intérieure dans le but de poursuivre son chemin plus serein.

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