Film

Millénium: les hommes qui n'aimaient pas les femmes The Girl with the Dragon Tattoo (v.o)

Date de sortie 18.01.2012
Durée 158 minutes
Age 16/16
Pays
Distributeur Walt Disney Pictures
Genre Drame
Note CLAP.CH
 
2.5/5
Note du public
 
2.1/5
  Voir la bande annonce

Synopsis

Mikael Blomkvist, brillant journaliste d’investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu’elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.
Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu’ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au cœur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares…

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 16 janvier 2012
 

CONTRE

Millénium version américaine, c'est le produit type du remake uniquement fait pour le public américain qui, d'après les pontes du marketing de ce milieu, ne va pas voir des films étrangers sous-titrés. On préfère donc là-bas refaire un film plutôt que de diffuser l'original sous-titré ou doublé. Et c'est bien de cela qu'il s'agit: David Fincher refait l'œuvre suédoise comme s'il utilisait l'original en guise de recette. C'est troublant, dans le mauvais sens du terme, de voir le nombre de scènes copiées du premier. On est face à une photocopie et on en arrive même  à se demander si le film suédois n'était pas utilisé sur le plateau pour fignoler les cadres, les positions des comédiens, les lumières, etc. On attendait du réalisateur de Seven, une interprétation et non ce très vulgaire exercice de faiseur que n'importe quel tâcheron traînant dans les couloirs d'Hollywood aurait pu pondre.

Mais qu'est-il en train d'arriver à David Fincher, le réalisateur inspiré et à l'univers si particulier de Fight Club et Alien 3? Depuis trois films, il met son talent au service d'intrigues mineures. Avec L'Etrange Histoire de Benjamin Button, il a perdu son temps à adapter l'une des histoires les plus tartes qu'il soit, un prêchi-prêcha insupportablement tire larmes qui ne tient pas la route une seule seconde. Son film était long et ennuyeux, esthétisant et larmoyant. Le cas de Social Network surfe sur une nouvelle mode où l'on se croit intéressant à raconter la vie des nouveaux héros. Là encore, le résultat n'est pas à la hauteur et donne un long métrage qui se laisse regarder mais ne contient rien d'exceptionnel et devient vite ennuyeux lui aussi.

Avec Millénium, il sombre à pieds joints dans un classicisme déconcertant, usant du bleu et du mauvais temps pour les scènes présentes, et du jaune et du soleil pour les flashes back. Il reprend même l'un des plus gros défauts du film suédois, l'illisibilité de l'intrigue dans une construction en puzzle auquel il manque visiblement plusieurs pièces. Ne parlons pas ici en des termes savants d'une quelconque subtilité d'écriture car ce serait faire un travail totalement inutile. Il se vautre aussi dans la même gratuité complaisante en ce qui concerne la violence, surtout celle qui accompagne Lisbeth, mais cela on peut aussi l'imputer au roman de Stieg Larsson. C'est là que l'on comprend comment cette trilogie est devenue un phénomène de librairie. Cette histoire mélange, dans un ordre pour le moins aléatoire, tout ce qui titille plus ou moins malsainement le grand public, comme la violence sexuelle. Mais finalement, une certaine morale, soutenue par une idée claire de vengeance, vient sauver le tout, ce qui permet à certains de faire partie sans remords du groupe des supporters de l'œuvre.

Le travail de Fincher est donc ici des plus paresseux, sans aucune personnalité, il se contente de nous livrer un film froid sans envergure, passablement plat, et il réussit même à ne pas profiter à sa juste valeur de l'excellent travail de Trent Reznor et Atticus Ross, tellement il utilise leur musique au lieu de s'en inspirer, et souvent, de façon malheureusement maladroite. Espérons que ce cinéaste, que l'on apprécie énormément et qui semble perdu depuis son magnifique Zodiac, renaisse avec son projet sur 20'000 lieues sous les mers, malgré qu'il s'agisse encore une fois d'un remake.


Loïc Valceschini | Lundi 16 janvier 2012
 

POUR

Il est rare que des remakes américains, souvent symboliques d'un manque de créativité désolant, n'égalent voire ne surpassent les films originaux. The Girl with the Dragon Tattoo prouve qu'il en est possible autrement. Seulement deux ans après la sortie du film homonyme suédois, basé sur la trilogie romanesque à succès de Stieg Larsson, David Fincher en porte la version américaine à l'écran. Américaine et pas américanisée, car le réalisateur a choisi de respecter la géographie du récit, tout comme l'origine de la majorité des acteurs – exceptés les principaux. Il fait froid, l'endroit est désolé, l'ambiance devient rapidement pesante. Quelque part entre Se7en et Zodiac, Fincher relate cette enquête avec un sens du rythme inouï (la relative longue durée du film ne se remarque même pas), réussissant constamment à maintenir la curiosité des spectateurs.

D'un maniérisme pourtant absolu, la mise en scène ne s'avère jamais tape-à-l'oeil; elle s'efface toujours au profit d'un résultat d'ensemble, maitrisé, où toutes les composantes se rejoignent de manière homogène. Tous les éléments du film, qui pourtant témoignent d'une identité propre, s'allient pour décupler l'efficacité de la narration. A ce propos, la musique composée par Trent Reznor et Atticus Ross, avec qui Fincher travailla déjà sur son précédent Social Network, affiche une tendance disruptive, avec tous ses sons parasites et étrangers – rappelant ainsi l'excellentissime travail effectué sur Alien 3. Bien qu'il en soit ainsi, cette musique accroît considérablement la tension anxiogène qui (sous-)tend le film, en jouant notamment sur l'origine diégétique de ses sonorités.

Outre l'aspect technique totalement abouti, la dimension humaine du film n'est pas en reste. Daniel Craig, bestial comme jamais, crève l'écran par sa prestance et son regard brûlant. Rooney Mara, elle, est totalement méconnaissable, et remplace Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth avec une aisance sidérante. Les acteurs secondaires humanisent l'arrière-plan, rajoutant même un peu de froideur aux décors enneigés, par le caractère détestable de certains personnages. L'on regrettera toutefois que le film présente un mélange un peu trop hybride dans les accents et l'origine des acteurs, qui viennent d'Amérique et d'Europe, et qui présentent par conséquent une intonation parfois trop aléatoire.

Si l'on omet l'introduction du film, qui s'inscrit dans l'héritage des génériques télévisuels, ce que nous offre Fincher avec The Girl with the Dragon Tattoo, c'est une véritable tranche de cinéma. Rythmé comme jamais, le film empoigne ses spectateurs avant même que l'intrigue ne soit réellement posée. Tout y est maitrisé, tels que ces légers mouvements de caméra, imperceptibles, à l'images d'autres multiples détails qui foisonnent et qui enrichissent un matériau déjà captivant. Et même si certains s'amusent à remâcher l'éternel pique pamphlétaire contre Fincher, rappelant que ce dernier vient du milieu publicitaire, il aurait pourtant bien des choses à apprendre aux héritiers plus dignes du cinéma qui eux, roupillent derrière leur caméra.

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Votre avis sur ce film:
 

Bryan | 22.11.2012 21:22
 
Excellent remake (mais vraiment nécéssaire ??) avec de très bons acteurs dans les rôles principaux. Mais une intrigue moins bien travailler que la version originale et des scènes violentes, choquantes. A voir donc, surtout pour les fans, et les fans de Daniel Craig. Mais à vraiment éviter pour les plus sensibles.

Koyolite Tseila | 14.02.2012 18:04
Je n'irai pas voir ce film et je ne le verrai jamais. Je trouve scandaleux de faire un remake d'un film (excellent soit dit au passage), juste pour y mettre des têtes connues et un nom de réalisateur connu. C'est une histoire de fric, et si c'est également juste pour plaire au public américain qui ne regardent rien d'autres que des "oeuvres" portant la marque d'Hollywood, alors moi je dis non ! Ce principe me répugne et je me refuse à le cautionner.

Suz | 30.01.2012 12:45
Version solide et efficace. Rooney Mara animale, attachante et crédible, Daniel Graig humain, animé d'une certaine passion. Je n'ai pas envie de comparer les deux versions et j'attends la suite avec impatience!

Fabio | 19.01.2012 09:30
Bien que grand fan de Fincher, j'ai, comme Remy, été malheureusement plutôt déçu par ce "Millenium" et par "Benjamin Button". Il faut dire que le monsieur est perfectionniste et que l'on s'attend donc toujours à quelque chose de (très) grand. Je reste par contre confiant puisque, à mon avis, "Social Network" avait énormément de qualités et qu'il n'était absolument pas question de "mode" (Facebook après toute ces années est bien plus qu'une mode, c'est devenu un nouveau mode de communication) ni de glorifier de "nouveaux héros", bien au contraire (le personnage central est présenté comme quelqu'un de perdu n'étant pas capable de garder son seul ami...).

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