Film

The Tree of Life The Tree of Life (v.o)

Date de sortie 17.05.2011
Durée 138 minutes
Age 10/16
Pays
Distributeur EuropaCorp Distribution
Genre Fantastique , Aventure
Réalisateur Terrence Malick
Acteur Jessica Chastain Laramie Eppler Jessica Fuselier [+]
Note CLAP.CH
 
3.5/5
Note du public
 
3.2/5

Synopsis

Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

Terrence Malick

Jessica Chastain

Laramie Eppler

Jessica Fuselier

Joanna Going

Nicolas Gonda

Kari Matchett

Hunter McCracken

Sean Penn

Brad Pitt

Fiona Shaw

Tye Sheridan

Michael Showers

Will Wallace

Kimberly Whalen

Critiques

Laurent Scherlen | Dimanche 15 mai 2011
 

CONTRE

La bande-annonce de The Tree of life avait rendue intenable l’attente du nouveau film de Terrence Malick. D’une beauté et d’une puissance émotionnelle à couper le souffle, elle laissait augurer d’un nouveau chef d’œuvre du réalisateur de La ligne rouge,  renvoyant au pilori nombre de films en l’espace de deux petites minutes. Face au résultat final, le terme d’euphémisme ne serait lui-même pas assez fort pour définir l’insondable consternation qui nous submerge à la vision du long-métrage.

Comment un metteur en scène de la trempe de Malick a-t-il pu se fourvoyer de la sorte ? Comment le poète qui nous livra jadis des splendeurs comme Les moissons du ciel ou Le nouveau monde a-t-il réussi à accoucher d’une œuvre aussi insupportable ? Car le constat est malheureusement bien là : The tree of life est un interminable, un prétentieux, un long et pénible cours de catéchisme porté sur plus de 2h15. Tout y est : créationnisme, amour de son prochain, endoctrinement des enfants (la scène où la mère dit à son fils en lui montrant le ciel « C’est ici qu’habite Dieu » mérite son pesant de cacahuètes), le tout dans un prosélytisme écoeurant donnant le sentiment d’être la victime d’une véritable prise d’otages. S’interroger sur la foi est une chose (Sous le soleil de Satan, Hadewijch ou même Signes constituent à ce titre des exemples réussis de longs-métrages interrogeant le spectateur sur une éventuelle puissance supérieure), asséner des croyances religieuses en les imposant comme l’unique vérité en est une autre. Et c’est malheureusement vers ce second choix que s’est tourné Terrence Malick, livrant un film qui demeure pour l’instant le pire de l’année.

Il y a cependant 2-3 choses à sauver dans The tree of life : une mise en scène d’exception (Malick est définitivement l’un des plus grands techniciens an activité), une musique sublime d’Alexandre Desplat, et quelques séquences qui parviennent à susciter une certaine émotion (les 2 premières minutes de la création de l’univers, certains plans d’une réelle sensualité poétique, notamment), mais ces dernières ne parviennent jamais à sauver ce pamphlet religieux dont la grossièreté d’approche confine à la vulgarité. En outre, Malick se complaît plus d’une fois à tirer sur les cordes qui faisaient le charme de ses précédentes œuvres : la voix off devient ici redondante et fatigante, la poésie devient forcée et creuse, les coupes de plans au milieu d’une scène confinent au systématisme maniériste, bref, le film constitue formellement le « Terrence Malick pour les nuls ».

D’une longueur narrative qui ferait passer Autant en emporte le vent pour un court-métrage, The tree of life parvient, outre la colère de s’être fait entuber dans les grandes largeurs et d’avoir été bloqué dans une église pendant 2 heures, à susciter un besoin de plus en plus impérieux de se lever de son fauteuil et de sortir de la salle à grandes enjambées, tant les minutes semblent au fil du métrage durer des heures. Les soupirs de soulagement entendus dans la salle au générique de fin et les spectateurs étant parvenus à s’échapper de la salle en cours de projection témoignent de la pénibilité de la projection.

Difficile de concevoir et d’admettre que Terrence Malick soit tombé si bas, mais c’est malheureusement bien le cas : The tree of life est une œuvre de prédicateur, un cours de religion, une tentative d’endoctrinement.

Il ne manquait plus que la quête à la fin de la projection pour que le tableau soit complet.


Remy Dewarrat | Dimanche 15 mai 2011
 

POUR

Film exceptionnel à plus d'un titre, The Tree of Life se reçoit comme la copie impeccable d'un brillant élève, à qui l'on aurait demandé un travail sur la vie avec un v majuscule. Sans suivre une trame narratrice qui relaterait une histoire dans le sens d'intrigue, Malick filme des instants de la vie et il propose en permanence la thèse, la synthèse et l'antithèse de son sujet. Son cinquième long métrage évoque tout ce que peut être l'existence, aussi bien en s'attardant sur une famille, qu'en évoquant l'intérieur d'un corps, ou en illustrant l'évolution des espèces, dans une longue séquence qui passe par tous les états: gazeux, liquide, et solide. C'est l'eau, source de vie par excellence et remarquablement utilisée par le cinéaste, qui confronte, pour la première fois de leur existence, les trois garçons de la fratrie à la mort, dans une scène de baignade en rivière.

The Tree of Life foisonne de moments anodins qui peuvent aussi bien être source de grands bonheurs, comme le passage où les enfants se lâchent en l'absence de leur père sévère, que de petits malheurs, comme la séquence où ils se retrouvent forcés de déménager, et vice et versa. Mais Malick ne fait preuve d'aucun manichéisme en n'évoquant pas systématiquement le père comme le mal et la mère comme le bien. La force du film est de ne rien catégoriser et le réalisateur du Nouveau Monde balaye toute la gamme chromatique entre le blanc et le noir, montrant par là que la vie s'étiole dans une variation de tons infinis. Le long métrage joue aussi admirablement sur les hauts et les bas qui font de la destinée de tout un chacun ce qu'elle est, en se focalisant sur les doutes qui habitent ses personnages avec comme point d'orgue la scène particulièrement forte où le père répare sa voiture.

Le spectateur suit en filigrane l'aîné des trois fils, Jack, interprété par un Sean Penn quasi fantomatique, qui se souvient de son enfance, car le souvenir fait partie intégrante de l'existence de n'importe qui, il en est indissociable, lui donne une saveur plus gouteuse que la simple évocation des fait avérés tels qu'ils on eu lieu, le sort d'une réalité qu'il cherche parfois à fuir. Sous la caméra de Malick, Jack adulte évolue très souvent dans des paysages désertiques, l'obligeant à faire face à lui-même au milieu d'un univers étrange et étranger. Avec ce procédé, le cinéaste tend vers une forme d'art proche de la peinture, lui permettant ainsi d'isoler son personnage dans un décor qui ne l'évoque pas directement, pour mieux lui faire perdre ses repères et le plonger dans le doute et le questionnement.

Comme il le dit lui-même, Jack a vécu toute sa vie avec deux points de vue, celui de sa mère et celui de son père, deux visions qui se battent continuellement dans son esprit et dans son âme, et dont il ne sait comment, ou ne peut se défaire. Malick joue à merveille sur la dualité des choses et il utilise ce procédé pour se questionner, et nous par la même occasion, sur l'épineux et délicat sujet de la spiritualité chez l'humain: le père la vit comme une vulgaire convention sociale par tradition et la mère comme un authentique acte de foi très sincère. C'est brillant et accuser le réalisateur de prosélytisme ne tient absolument pas la route, ne serait ce que grâce à la séquence du sermon religieux vu par les enfants, car la caméra ne capte dans leurs regards, à cet instant précis, que le doute, pour ne pas dire l'incompréhension la plus totale.

Le cinéma de Terrence Malick est unique et sa mise en scène est aussi bien littéraire, picturale et musicale que cinématographique. Certes son outil de travail est une caméra, mais dans ses mains cet appareil technologique se transforme à volonté en plume, pinceau ou baguette de chef d'orchestre et c'est cela qui fait que son style très personnel lui permet de tutoyer intimement l'art avec un a majuscule.

Merci d'avoir voté pour ce film !
Votre commentaire sera validé par notre cher administrateur...
Votre avis sur ce film:
 

Fabio | 23.05.2011 09:59
D'accord avec Remy: 5/5. Et donc pas d'accord avec Laurent: je ne vois ni prosélytisme (mais une réflexion autour de la foi, ça oui. Et combien de parents ont dit à leurs enfants que Dieu se trouvait au ciel? N'oublions pas que le Sud des Etats-Unis a été et est encore très... religieux) ni le pire film de l'année (avec tous les produits sans âme sortis, je le mettrais dans mon top 3... ;-)

CONCOURS Les Gardiens de la Galaxie 2 gagnez un Bluray ou un DVD

Participer