Film

L'Enfance d'Icare L'Enfance d'Icare (v.o)

Date de sortie 12.01.2011
Durée 98 minutes
Age 16/16
Pays
Distributeur Stamm Film AG
Genre Drame
Réalisateur Alex Iordachescu
Acteur Carlo Brandt Guillaume Depardieu Jean-Pierre Gos [+]
Scénariste Marcel Beaulieu Marianne Brun Alex Iordachescu
Auteur Marcel Beaulieu Marianne Brun Alex Iordachescu
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public
 
4.3/5

Synopsis

Suite à un accident, Jonathan Vogel a perdu une jambe. Le professeur Karr lui propose un traitement révolutionnaire qui va changer sa vie. Mais ce rêve fou se transforme en cauchemar et Vogel devient la victime d’une erreur médicale.

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Alex Iordachescu

Carlo Brandt

Guillaume Depardieu

Jean-Pierre Gos

Sophie Lukasik

Alysson Paradis

Dorothea Petre

Marcel Beaulieu

Marianne Brun

Alex Iordachescu

Marcel Beaulieu

Marianne Brun

Alex Iordachescu

Critiques

Fabio Gramegna | Lundi 10 janvier 2011
 
Guillaume Depardieu s’est éteint en octobre 2008, quelques jours seulement après la fin du tournage roumain de L’enfance d’Icare. Il est certainement difficile d’oublier ceci à la vision du premier long-métrage d’Alex Iordachescu. Il y est en effet question de mort, de désir d’immortalité, de souffrance. De plus, de nombreux éléments font référence à la vie de l’acteur français : l’apparente passion du personnage principal pour la moto et sa jambe amputée, notamment. Pourtant, il est nécessaire de passer au-delà de la troublante frontière entre réalité et fiction et de la disparition de Depardieu pour s’apercevoir des qualités évidentes de L’enfance d’Icare. Plus de deux ans après ce malheureux événement, l’opportunité est enfin offerte au public de découvrir cette œuvre dérangeante et radicale. Il serait dommage de la manquer.

Le scénario de Iordachescu (co-écrit avec Marianne Brun et Marcel Beaulieu) pose le doigt sur un aspect inquiétant de notre époque. Plus les avancées dans les domaines de la science et de la médecine sont grandes, plus les êtres humains semblent avoir du mal à accepter la  vieillesse, la maladie, voire à concevoir la mort. Le professeur Stivlas Karr (Carlo Brandt), sorte de savant fou, est de ceux-là. Lui prétend que l’homme est potentiellement immortel. Il a donc besoin d’un patient pour tester ses mystérieuses expériences – « Je ne peux être le piano et le pianiste » dit-il pour justifier le fait qu’il ne se mette pas lui-même en danger. Ce précieux cobaye, il le trouve en la personne de Jonathan Vogel (Guillaume Depardieu). Ce dernier a envie de se rattacher à cet espoir insensé de guérison, lui qui a souffert la perte d’un membre. Pourtant, son problème semble plutôt résider dans une autre perte : celle d’un être aimé, depuis la séparation d’avec sa femme. Sur ce dernier point, la science ne peut rien pour lui. La réflexion proposée est belle et intrigante à la fois et cette piste n’est évidemment pas la seule à apparaître. Autre grand aspect positif : l’atmosphère générale. Son inquiétude dans le propos, Iordachescu la fait également ressentir dans ses choix artistiques. La photographie, qui varie au cours du film, est remarquable. Difficile d’oublier les scènes dans la clinique, effrayante de luminosité, ou encore dans la forêt. Le travail sur le son et la musique a également été très grand. Sur ce point, le réalisateur a fait appel au groupe suisse Young Gods et on ne peut qu’admirer le résultat, très particulier, entre mélodie et bruit. Enfin, tout ceci n’aurait suffi sans de bons acteurs. Guillaume Depardieu – troublant en personnage n’exprimant presque rien de ses sentiments – et Carlo Brandt sont tous les deux parfaits. Alysson Paradis, la sœur de Vanessa, s’en sort également bien, en fille rebelle du professeur Karr.

Certains seront sans doute perturbés devant les directions que prend parfois L’enfance d’Icare ; il semble par exemple qu’on se dirige à diverses reprises vers le fantastique, sans trop d’explication. D’autres lui reprocheront peut-être son étrangeté, sa rudesse ou quelques éventuelles maladresses. De notre côté, nous préférerons mettre en avant l’audace et la sincérité de la démarche entreprise par Alex Iordachescu. Le sujet n’est pas facile. Cela ne peut plaire à tous mais au final, on comprend pourquoi Guillaume Depardieu s’est énormément impliqué dans ce projet qui lui tenait grandement à cœur. L’enfance d’Icare est un film original qui ose sortir des sentiers battus pour traiter d’un thème important de notre société, mais également un beau moment de cinéma.
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