Film

Gainsbourg - vie héroïque (v.o)

Date de sortie 20.01.2010
Durée 0 minutes
Age 12/16
Pays
Distributeur Pathé
Genre Biopic , Musical
Note CLAP.CH
 
4/5
Note du public
 
3.5/5

Synopsis

La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu'au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier.
Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l'avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.
Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 18 janvier 2010
 
Pari réussi par Joann Sfar, connu jusqu'à présent pour ses bandes-dessinées. Son premier film force le respect tant par sa mise en scène originale, sa chronologie maîtrisée et ses interprètes magnifiques dans leur ensemble. Sfar nous plonge tout de suite dans son parti pris poétique, assez proche d'un certain cinéma britannique en faisant vivre toutes sortes d'êtres sortis de l'imagination du jeune Lucien Ginsburg qui aspire à devenir peintre. Et il utilise ce même concept quand il s'agit d'évoquer, le double sauvage de Serge en créant un personnage de toute pièce, et les deux se retrouvent souvent à converser, à se soutenir, à se disputer. Le choix artistique de Joann Sfar pour matérialisé en quelque sorte la conscience de Gainsbourg est d'une créativité admirable. Et bien sûr, le film est émaillé d'un grand nombre de rencontres féminines qui ont toutes compté pour l'auteur de La Javanaise. Et là, le casting est irréprochable. On reconnaît parfaitement les personnages évoqués et chacune des femmes de Gainsbourg bénéficie de sa propre mise en scène. Par un jeu de lumière de teinte ou de piqué de l'image, un montage différent, un cadre approprié, Joann Sfar trouve une touche personnelle, rendant son film très vivant. On a vraiment l'impressions par ce procédé que ce sont les femmes qui font avancer Gainsbourg et que chaque rencontre prend le dessus sur sa vie intime. Et pour incarner cet homme qui traverse tous ces univers différents, Sfar opte pour un acteur tout simplement incroyable, Eric Elmosnino. Il réalise ici une performance magistrale en donnant vie à tous les Gainsbourg, l'artiste, l'insoumis, le libertin, l'amoureux, le père, le provocateur, sans ne jamais sombrer dans la surinterprétation. Il est d'une justesse infinie. Pour terminer, on évoquera encore une excellente ambiance musicale et la très bonne performance du jeune vaudois Kacey Mottet Klein en Lucien Ginsburg, déjà remarquable dans Home d'Ursula Meier.
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Votre avis sur ce film:
 

charriere | 24.08.2010 15:42
un bon film ! un poil déçu par Gainsbourg mais en même temps pas facile, voire impossible de refaire le vrai ! Mais d'un point de vue général et par amour pour Serge , j'ai aimé et re regarderai ce film. MERCI de ne pas oublier un grand personnage .

mathez gérard | 21.02.2010 23:06
Je me réjouis de voir le film! C'était un grand bonhomme!

Laurent | 02.02.2010 17:13
"J'aime trop Gainsbourg pour le ramener au réel. Ce ne sont pas ses vérités qui m'intéressent, ce sont ses mensonges". Cette déclaration de Joann Sfar placée en exergue du générique de fin de Gainsbourg, vie héroïque, résume en quelques mots et a posteriori la note d'intention du réalisateur, ou comment raconter un personnage sans avoir recours au biopic plat et insipide comme le cinéma nous en sert à longueur d'année. En effet, le film de Sfar ne constitue en aucun cas une biographie, mais prend l'apparence d'un conte, ponctué d'éléments biographiques. Ce procédé permet ainsi de se rapprocher au plus près de l'essence du personnage de Gainsbourg, d'en saisir l'imaginaire foisonnant, de toucher du doigt son génie, en un mot, de s'enfoncer dans le terreau créatif de l'un des artistes les plus essentiels du siècle dernier. Dès le très beau générique d'ouverture constitué d'images animées défilant au rythme de l'un des plus beaux morceaux de Gainsbourg (Valse de Melody), Joann Sfar place d'emblée son film sous le motif de l'imaginaire, figure de style qui marquera le métrage dans son entier. En effet, l'imagination de l'homme à la tête de chou se verra matérialisée ici sous la forme d'une caricature juive prenant vie sous les yeux du petit Lucien Ginsburg, là derrière les traits d'un double de l'artiste, alter-ego plus grand que nature constituant sa locomotive et son moteur, tantôt créateur, tantôt destructeur. Cette idée de donner la vie à une projection de l'esprit de son personnage titre permettra à Sfar de s'approcher de très près de ce qui peut constituer le génie d'un être. Le film maintient ainsi l'attention de bout en bout, le rythme n'étant jamais altéré grâce à ce jeu constant entre réel et imaginaire, et possède une cohésion remarquable dans sa propension à tenter de se rapprocher humblement de l'âme d'un génie créateur. Par ailleurs, le metteur en scène parvient à faire ressortir toute la sensibilité de Gainsbourg, par petites touches discrètes et inattendues, comme cette scène dans laquelle l'artiste semble pleurer la mort de son chien, offert par Jane Birkin, alors qu'il pleure en réalité tout autre chose: la fin d'une époque, la douleur d'un amour perdu, un monde disparu. Afin de donner vie à son conte, Joann Sfar pratique une mise en scène remarquable, très aérienne, voluptueuse, éthérée, ne laissant jamais la place (à juste titre) à un quelconque réalisme ne pouvant que tirer le film vers le bas, mais traduisant au contraire l'esprit créateur de Gainsbourg, son imagination sans limites, donnant ainsi à l'art toute la superbe formelle qu'il ne peut qu'arborer, celle d'une mise en scène écartant tout substrat identifiable et réaliste, et se plaçant à l'inverse sur le terrain de l'intangible. Dans le rôle de Gainsbourg, l'incroyable Eric Elmosnino fait littéralement oublier qu'il est un acteur et se fond dans son personnage avec un réalisme édifiant. Loin de tout mimétisme (ce qui n'est pas le cas de Laetitia Casta, dont la caricature de Bardot frôle l'erreur de casting), l'acteur retranscrit son personnage avec intelligence, intonations de la voix et gestuelle à l'appui, tout en gardant la distance nécessaire pour ne jamais faire plonger son interprétation dans la surenchère et l'imitation crasse. Impossible également de ne pas souligner l'interprétation magistrale de Sara Forestier dont l'incarnation de France Gall restera dans les annales. Le reste de la distribution (Lucy Gordon, Kacey Mottet ou encore Mylène Jampanoï, notamment), ne démérite pas et brille par sa justesse d'incarnation de l'entourage de Gainsbourg. Au final, cette vie héroïque d'un homme qui aura été un héros non seulement pour son entourage mais aussi pour l'art, constitue une oeuvre d'une grande intelligence, de celles qui, respectueuses de leur sujet et du personnage qu'elles dépeignent, garde l'humilité qui s'impose pour toucher au plus près des êtres, en l'occurence un homme dont la puissance créatrice et le génie indémodable ont marqué à jamais l'histoire de la musique. Initials S.G.

Claude | 21.01.2010 09:28
Vraiment un film génial, de par la ressemblance des acteurs, mais aussi et surtout par l'ambiance du film. Un grand réalisateur est né, pour sur!

Blary | 06.01.2010 13:56
Merci de nous permettre de reparler de Gainsbourg, un grand bonhomme

Bruni | 06.01.2010 10:32
Je suis fan de Gainsbourg et ce film sera un grand bonheur!