Film

Valkyrie Valkyrie (v.o)

Date de sortie 28.01.2009
Durée 0 minutes
Age 12/14
Pays
Distributeur
Genre Drame , Historique
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
5/5

Synopsis

Le "Complot du 20 juillet" est l'un des épisodes les plus héroïques mais aussi l'un des plus méconnus de la Seconde Guerre mondiale. Gravement blessé au combat, le colonel Claus von Stauffenberg revient d'Afrique et rejoint la Résistance allemande pour aider à mettre au point l'Opération Valkyrie, un plan complexe qui va permettre d'abattre Hitler et de mettre en place un gouvernement d'opposition. Mais le destin et les circonstances vont s'allier pour forcer Stauffenberg, qui n'était qu'un des nombreux conspirateurs, à jouer un rôle de premier plan dans la conspiration. Il va non seulement devoir diriger le coup d'Etat pour prendre le contrôle du gouvernement, mais c'est aussi lui qui sera chargé de tuer Hitler...
Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 26 janvier 2009
 
Passer à côté de «Valkyrie», c'est passer à côté d'un immense film. Tous les reproches qui lui sont faits sont infondés. Qu'y a-t-il en effet de plus idiot que de vouloir du suspense dans une oeuvre retraçant un fait historique ? Ridicule, mais présent dans un grands nombres d'avis journalistiques et autres. Le deuxième argument fallacieux, c'est la présence de Tom Cruise que l'on confond systématiquement avec la scientologie au lieu de juger son immense talent qui ne cesse de croître. Contrairement à John Travolta, qui prêche pour la même paroisse, Tom Cruise n'a jamais utilisé ses films à des fins de propagande pour son église. Cet acteur est simplement l'un des meilleurs en activité et il le prouve ici de manière brillante.

Dès l'époustouflante scène de guerre dans le désert, on sait que l'on se trouve face à une oeuvre majeure. Cette brève bataille vous plonge au coeur du combat comme peu de films sont parvenus à le faire grâce à un sound design irréprochable et une mise en scène qui joue sur le côté surprise de ce raid aérien.

Dès lors, on ne cessera de féliciter Bryan Singer pour ses choix artistiques, techniques et de fond en commençant par celui impeccable de tourner son film dans un format pano à l'heure où l'on abuse du scope pour oui ou pour un non. Artistiquement , son option lui permet de filmer d'immenses pièces très hautes de plafond qui auraient perdu tout leur impact en scope, et cette sublime séquence dans la forêt où les arbres ont tout loisir d'étaler leur puissance verticale. Cela enlève aussi au film un côté grand spectacle de divertissement et c'est judicieux. On sait que cette période intéresse le cinéaste qui l'a déjà mis en scène indirectement dans son magistral «Un élève doué» et frontalement dans une scène de «X-Men», mais là, en s'attaquant au fait historique, il excelle. Sa reconstitution ne souffre d'aucun défauts et nous plonge directement au coeur de l'époque. Il exige une sobriété de la part de son casting et le résultat est au rendez-vous. On sent parfaitement la fébrilité des conjurés, leur détermination, leur envie d'en finir une fois pour toutes. Tom Cruise réalise une performance très convaincante et il est juste sublime quand il doit interpréter un Claus von Stauffenberg convaincu de la mort d'Hitler et, quand, à la nouvelle de la survie du dictateur, il sombre dans une absence, une résignation qu'il rend à la perfection. Il est aussi filmé très souvent en gros plan de dos avec la nuque vulnérable: il est déjà condamné par une épée de Damocles invisible qui pèse sur lui et ce, déjà dans le désert au début du film.

Singer évite aussi tous les pièges d'un voyeurisme tellement à la mode dans le septième art actuel sous prétexte de liberté d'expression, si bien que son film pourrait faire oeuvre d'outil pédagogique. Il ne cherche aucunement à choquer, mais parvient grâce à un détail sublime, jamais vu jusqu'alors dans un film traitant de la même période, à nous faire éclater au visage toute la répugnance de la doctrine hitlérienne : les soldats de l'armée allemande blessés au front portent les mêmes pyjamas rayés que les déportés dans les camps de concentration.

On ne peut parler d'un film de Bryan Singer sans évoquer sa très belle collaboration avec son monteur et son compositeur qui sont une seule et même personne : John Ottman. Et plus que jamais auparavant, ils sont ici en totale symbiose. Pour sa musique, Ottman compositeur fait le choix audacieux de sous-utiliser les cuivres au profit des cordes avec une prédominance pour les sons graves et des percussions qui interviennent sous forme de coups brefs mais assourdissants ou de longue série évoquant à la fois le son lugubre d'une armée marchant au pas de l'oie et le tic-tac omniprésent du temps, ennemi principal des conspirateurs. Avec ce film, Singer signe une de ses meilleures oeuvres et prouve que son talent est bien plus remarquable ici que dans ses grosses productions de super héros, sans pour autant les dénigrer et l'on se met à rêver qu'il s'attaque à l'adaptation du livre culte : «Les bienveillantes».
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