Film

Mr. Nobody Mr. Nobody (v.o)

Date de sortie 13.01.2010
Durée 138 minutes
Age 12/14
Pays
Distributeur Pathé Films
Genre Science fiction
Note CLAP.CH
 
3/5
Note du public
 
4/5

Synopsis

Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues.
Critiques

| Lundi 11 janvier 2010
 
Jaco Van Dormael aura attendu plus de 14 ans pour livrer sa nouvelle réalisation. Après le sublime Toto le héros et le touchant Huitième jour, Mr Nobody, bien que rempli de défauts,  transpire de la sincérité de son metteur en scène, et recèle de scènes visuellement sublimes et d’une belle sensualité poétique.

Le film se concentre sur le(s) destin(s) d’un jeune garçon soumis à un terrible choix de Sophie sur le quai d’une gare face à la séparation de ses parents : suivre sa mère dans le train ou rester avec son père. Et Mr Nobody de déployer une gigantesque toile d’araignée mêlant déterminisme et existentialisme, choix et fatalité. Ces thèmes ont déjà été abordés dans nombre de métrages (Signes, L’effet papillon, Smoking no smoking, entre autres), avec plus ou moins de réussite. Van Dormael s’y colle à son tour, appliquant à l’ensemble un onirisme tantôt véritablement poétique, tantôt foutraque et desservant le récit. Car à trop vouloir œuvrer dans la poésie, le réalisateur sacrifie ça et là la narration de son histoire, se focalisant sur la forme et les effets de style, et délaissant l’articulation des séquences les unes avec les autres. D’autre part, les scènes dans lesquelles le héros alors enfant raconte son quotidien avec ses parents font terriblement écho à Toto le héros, en constituant même par moment un décalque éhonté.

En revanche, certaines scènes frôlent le sublime (les enfants « pas encore nés », l’épiderme électrisée par le contact amoureux, le plan des deux épaules qui se touchent, la mer que le héros démonte), et prouvent que Van Dormael possède une sensibilité exacerbée qu’il parvient à retranscrire avec une véritable poésie au détour de plusieurs séquences.

Par ailleurs, le réalisateur développe un véritable mystère autour de son héros devenu centenaire : qui est-il vraiment ? Quelle vie a-t-il vécu ? Raconte-t-il la vérité ou se livre-t-il à l’affabulation et la galéjade ? La clé de l’énigme sera donnée en toute fin de métrage, et l’histoire retombera alors sur ses pieds, apportant un liant final au maelström de scènes qui aura précédé.  

Cependant, Van Dormael, outre les thèmes du destin et du choix, propose de surcroît une réflexion sur le temps (qui passe, qui se déroule, qui ne s’arrête pas, et qui peut être un jour inversera son cours…). Ce point du film constitue malheureusement la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein à ras bord, et boursoufle le récit de considérations temporelles tout sauf convaincantes et plutôt fumeuses. En outre, le passage d’une vie à une autre en fonction des choix du protagoniste principal a la fâcheuse tendance à couper l’émotion en pleine ascension.

Afin d’incarner le personnage titre, Jared Leto (Fight Club, Panic room) offre une prestation de grande classe faisant regretter sa rareté sur les écrans de cinéma. A noter également la performance de Toby Regbo, incarnant Mr Nobody adolescent. Il ne fait aucun doute que le jeune comédien n’a pas fini de faire parler lui.

Au regard du délai séparant Mr Nobody du précédent long-métrage de Jaco Van Dormael, l’on aurait pu espérer un film davantage maîtrisé dans sa narration et dans le traitement de ses thématiques. Mais la beauté visuelle de l’ensemble, l’onirisme éclatant au détour de plusieurs scènes et la qualité sans failles de l’interprétation font de Mr Nobody un essai touchant sur les destinées, en même temps qu’un véritable délice pour les yeux.
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