Film

Manderlay Manderlay (v.o)

Date de sortie 09.11.2005
Durée 139 minutes
Age -/-
Pays
Distributeur Les Films du Losange
Genre Drame
Réalisateur Lars von Trier
Acteur Michaël Abiteboul Lauren Bacall Jean-Marc Barr [+]
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public Aucun vote

Synopsis

C'est l'étrange histoire de Manderlay, un domaine isolé dans le sud profond des États Unis. En 1933, Grace et son père avaient laissé derrière eux la petite communauté de Dogville et s'en éloignaient pour retourner chez eux.
Malheureusement, dans le métier de gangster, l'absence est souvent une source de gros désagrément. Grace et son père ainsi que son armée de malfrats obligés de battre en retraite et chassés de leur ancien territoire vont passer, sans succès, tout leur hiver à chercher de nouveaux terrains de chasse. Et, dans ces premiers mois de printemps, ils font route vers le sud pour trouver une résidence où ils pourraient enfin s'établir...

Lars von Trier

Michaël Abiteboul

Lauren Bacall

Jean-Marc Barr

Geoffrey Bateman

Virgile Bramly

Dona Croll

Willem Dafoe

Jeremy Davies

Isaach de Bankolé

Danny Glover

Bryce Dallas Howard

Udo Kier

George Miller

Chloë Sevigny

Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 7 novembre 2005
 
Voilà donc le S de la trilogie USA de Lars von Trier. On reprend les personnages là où on les avait laissés après «Dogville». Bryce Dallas Howard remplace Nicole Kidman, et Willem Dafoe James Caan. Le concept artistique reste le même, à la différence près que le sol n'est plus noir mais blanc et que les inscriptions au sol sont de couleur noire.Encore mieux écrit que le premier volet, «Manderlay» est une fable sur l'acceptation des Noirs aux Etats-Unis. Et Lars Von Trier n'y va pas avec le dos de la cuillère. Son film est à juste titre provocant et d'une pertinence qui renverrait n'importe quel discours politique au placard. Grace décide de tendre une main secourable à ces anciens esclaves en leur apprenant les rudiments de la démocratie. Et cela ne va pas sans peine, car chacun d'entre eux à une forte personnalité et les événements naturels (la seule vraie force de notre univers loin devant toutes les balivernes religieuses qui, rappelons-le ne sont que le produit de l'esprit humain) se déchaînent. Une tempête provoque une famine et la récolte semble bien compromise.Dans ce contexte, Lars Von Trier nous offre un regard sans complaisance sur l'état actuel de la soi-disant première puissance mondiale. Tout y passe : justice expéditive, peine de mort, individualisme, lâcheté, utilisation de la force pour régler les conflits et sexualité comme catharsis. La voix-off de John Hurt, plus présente que dans le premier volet, renforce le satyrisme et le cynisme de son auteur qui joue avec l'émotion de ses spectateurs pour mieux leur planter le nez dans sa réalité. L'ensemble du casting est au diapason et les personnages contribuent au discours magistralement dérangeant de Lars Von Trier.Ce chef-d'uvre mettra sans doute, et à juste titre, mal à l'aise tous les partisans de l'impérialisme américain, toutes époques confondues. D'ailleurs le final, composé comme «Dogville» de photos d'archives, laisse muet par la pertinence du choix des images. S'entrechoquent le Ku Klux Klan, des gens heureux, d'autres maltraités, de la violence, du bonheur et, quand il s'agit d'évoquer les guerres du Viêt-Nam et d'Irak, le cinéaste opte pour des clichés où Blancs et Noirs sont représentés ensemble. La dernière de ces photographies montre un employé noir en train de nettoyer une statue d'Abraham Lincoln: tout un symbole. Vivement la conclusion de ce monument, intitulée Wasington (sans h).
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