Film

Le Liseur The Reader (v.o)

Date de sortie 01.04.2009
Durée 124 minutes
Age 12/14
Pays
Distributeur
Genre Romance
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
4.5/5

Synopsis

 À l'âge de 15 ans, Michaël découvre l'amour dans les bras d'Hanna, une voisine de vingt ans son aînée ; pendant 6 mois, il la rejoint tous les jours et partage avec elle plaisirs de la chair et moments de lecture. Mais sa maîtresse, personnage secret, disparaît un jour mystérieusement. 7 ans plus tard, Michaël la retrouve par hasard, alors qu'il assiste à un procès pour crime de guerre, où elle figure au banc des accusés. Il découvre à cette occasion un fait qui pourrait atténuer sa condamnation, mais choisit de n'en rien dire, par respect pour celle qui a marqué si profondément sa vie. Il renouera leur relation au cours des 18 années d'incarcération de celle qu'il comprend enfin un peu mieux. Le LECTEUR est l'adaptation cinématographique du best-seller éponyme de Bernard Schlink. Le livre a été traduit en 39 langues et fait parti du curriculum scolaire obligatoire dans les pays germanophones. Kate Winslet a reçu le Golden Globe de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour son interprétation d'Hanna. Le film est présenté hors compétition à la prochaine Berlinale. Nominations aux OSCAR Meilleur Film Meilleur Réalisateur : Stephen Daldry Meilleure Actrice dans un rôle principal : Kate Winslet Meilleur scénario (adaptation) : David Hare Meilleure cinématographie : Roger Deakins & Chris Menges
Critiques

Remy Dewarrat | Lundi 30 mars 2009
 
Stephen Daldry peut se vanter d'avoir une filmographie remarquable. Après le très bon "Billy Elliot", et le sublime "Les heures", il signe un troisième long métrage bouleversant d'intelligence et de simplicité.L'intérêt principal de ce "Liseur" ne réside pas du tout dans le fait que le personnage d'Hanna (Kate Winslet) fut nazi, mais dans son secret. Elle va même jusqu'à s'accuser lourdement pour ne pas devoir le révéler. Le réalisateur opte pour une empathie avec Michael Berg (Ralph Fiennes et David Kross) qui découvre en même temps que le spectateur toute l'horreur du passé de son amante en finissant par comprendre qu'il ne fut pour elle qu'un outil, comme l'étaient ses jeunes victimes des camps de la mort nazis. Elle profite de ses deux principales faiblesses, l'une physique au travers de sa maladie et l'autre plus mentale en lui faisant découvrir de manière très explicite les joies de l'amour charnel. Dans cette relation, elle n'est pas sincère et lui est aveuglé comme le serait n'importe quel adolescent qui connaît la sexualité dans les bras d'une femme plus âgée et plus expérimentée que lui. Et, quand il la retrouve, après qu'elle l'eut abandonné sans laisser d'adresse, sur le banc des accusés d'un procès auquel il assiste dans le cadre de ses études de droits, il découvre la vraie personnalité de celle qu'il a aimée si passionnément. Son univers s'écroule d'un seul coup. Malgré cette révélation, il ne peut s'empêcher d'éprouver encore des sentiments pour elle et décide de l'aider à sa manière afin qu'elle ne meure pas sans combler ce lourd secret qui l'a poussé à l'impensable dans le passé.Daldry construit son récit en trois périodes distinctes, rencontre et passion, révélation et finalement digestion de cette histoire en ce qui le concerne lui. Le film s'achève par une scène dans laquelle il décide enfin de raconter son passé à sa fille, de se libérer, de se débarrasser de ce lourd secret qui a géré toute sa vie.En directeur d'acteurs hors paire, Dladry opte pour une mise en scène sobre qui met en avant ses personnages. Kate Winslet mérite amplement son Oscar en campant une Hanna toute en ambiguïté. Elle se donne corps et âmes en révélant sa plastique irréprochable tout en cachant la vraie nature de son personnage. On a droit à des scènes sexuelles explicites dont l'exhibitionnisme agit comme un contraste saisissant par rapport à sa personnalité qu'elle cache pour couvrir un secret qu'elle juge honteux. A ses côtés, le jeune David Kross tient haut la dragée grâce à un jeu tout en fraîcheur au début, devenant plus mature pour illustrer merveilleusement le cruel dilemme de Michael. Et Ralph Fiennes réalise une nouvelle performance tout en finesse faisant de Michael une sorte de fantôme de son propre passé.Rajoutez à cela un travail exceptionnel sur le vieillissement et une musique splendide signée Nico Muhly, déjà responsable de la très belle partition de l'excellent "Joshua" et vous avez l'un des films les plus indispensables de ce début d'année, une oeuvre forte et bouleversante.
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