Film

District 9 District 9 (v.o)

Date de sortie 16.09.2009
Durée 112 minutes
Age 14/14
Pays
Distributeur Walt Disney
Genre Science fiction
Note CLAP.CH
 
5/5
Note du public
 
3.7/5

Synopsis

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9..
Critiques

Jean-Marc Detrey | Lundi 14 septembre 2009
 
District 9 ou comment casser la baraque par surprise.

Plantez le décor ailleurs qu'aux USA, à Johannesburg, ville lourde de  symboles. Prenez un pitch basé sur des problèmes de société actuels : camps de réfugiés engendrant misère, corruption, racisme, problèmes d'intégration, peur de l'autre, etc. Adaptez tout ceci à une race d'extraterrestres arrivés il y a vingt-huit ans sur terre à bord d'un boat people spatial.

Ajoutez-y un tournage caméra à l'épaule, des effets spéciaux bluffants créés par WETA WORKSHOP, le tout filmé avec un  sérieux quasi documentaire et incluant des extraits d’archives. Faites digérer le tout (il le faut, car certaines images sont peu ragoûtantes sans verser dans le gore absolu) et repartez pour une deuxième partie plus... hollywoodienne avec action et fusillades, le tout agrémenté d'une émotion propre à cette idée sociale et vous obtenez le film de SF le plus original qui a été vu depuis de longues années.

Avec District 9, Neill Blomkamp signe son premier long-métrage marqué par une vision originale et une méthode de narration absolument unique. Ici, pas d'attente ou d'effets de surprise sur le look des aliens, les "crevettes" font partie de la population locale et sont montrées d'entrée.

Réalisateur inconnu, acteurs inconnus, mais le seul nom de Peter Jackson en producteur a suffi à faire sortir District 9 des oublis cinématographiques. Et grand bien fasse au distributeur, au début frileux, d’avoir fait confiance à cette équipe. Le film casse la baraque aux USA et sera assurément la meilleure surprise en matière de cinéma SF de la rentrée, voire peut-être de l’année. Petite peur avec le final toutefois, qui pourrait allègrement donner des idées aux grands pontes d'en faire une suite logiquement intitulée District 10. Prions pour que ce ne soit pas le cas et que cette production reste une oeuvre unique et originale.
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Votre avis sur ce film:
 

Laurent | 07.08.2013 23:20
 
Avec des sujets hors du commun, des effets spéciaux incroyable et un sujet sur le racisme original, ce film a été une véritable claque pour moi. Sa thématique sociale et xénophobe sur les extra-terrestres est une idée brillante et pourrait réellement se produire (si on voit enfant des E.T. bien sûr). Neill Blomkamp, un réal sud-africain à surveiller de très près !

Bryan | 22.11.2012 22:30
 
Excellent film, très surprenant et très vivant ! Avec une bonne leçon sur l'homme et sa connerie !

Laurent | 19.09.2009 07:55
District 9, ou comment placer l’homme face aux aspects les plus sombres de sa nature profonde. Ce qui frappe d’abord dans le premier long-métrage de Neill Blomkamp, c’est sa capacité à immerger d’emblée le spectateur au cœur d’une réalité alternative avec un esprit de synthèse et de concision narrative remarquables. L’on apprend ainsi que des extra-terrestres se sont échoués en Afrique du Sud vingt-huit ans plus tôt, se trouvant dans l’incapacité technique de repartir. Ces êtres venus d’ailleurs ont alors été placés dans un immense camp de réfugiés, le district 9. Les tenants et aboutissants sont ainsi exposés avec la plus grande des clartés dès le départ, à travers les images d’un documentaire à l’intérieur du film. Riche idée que d’avoir opté pour ce parti pris de mise en scène, cette dernière permettant de ramener le film à notre réalité et de mettre le spectateur face à des considérations bien réelles. Ainsi, ce documentaire opère chez le spectateur un rapprochement fiction/réalité avec une efficacité maximale. Cependant, le réalisateur ne se borne pas à nous présenter une mise en scène exclusivement filmée à la manière d’un reportage (puisqu’encore une fois, seules les images provenant du « faux » documentaire le sont), mais nous propose également une réalisation purement cinématographique dès que l’on sort du reportage (et donc que l’on se situe du côté des aliens). Et dans cette discipline, Neill Blomkamp excelle à trousser des scènes d’action d’une lisibilité et d’une efficacité à toute épreuve. Il faut voir à ce titre l’incroyable scène de combat final, véritable morceau de bravoure immersive, qui donne envie de se lever de son siège et d’aller se jeter à travers l’écran pour rejoindre l’action. Les corps explosent, le sang gicle, les têtes et les membres volent, les incroyables armes extra-terrestres détruisent tout sur leur passage, le tout en un crescendo accélérant littéralement le pouls et produisant une réelle montée d’adrénaline. A coup sûr, cette scène de combat final fera date. Mais ce qui sous-tend l’intégralité du métrage, ce qui lui donne sa légitimité et sa force de propos, ce sont les thèmes brassés par le metteur en scène. L’absence d’égalité entre les êtres, le racisme, la peur et le rejet de l’inconnu, ces thèmes ont certes été exploités à tour de bras au cinéma, mais Neill Blomkamp leur donne ici une résonnance particulière, en cela qu’ils convergent tous dans le film vers une seule et terrifiante vérité : le besoin impérieux de l’homme de se trouver des victimes. A tous les niveaux, chaque personnage humain du film exerce à un moment ou à un autre une domination soit sur les extra-terrestres (domination de masse) soit sur ses congénères (domination individuelle). Ce propos terrifiant car bien réel plonge in fine le film dans une atmosphère profondément pessimiste et terriblement réaliste sur notre propre nature, puisque chacun d’entre nous la retrouve en soi, à un niveau ou à un autre. Le fait que l’histoire se situe en Afrique du Sud renforce encore davantage le coup de massue ainsi asséné. Impossible enfin de passer outre l’image finale, véritable uppercut d’émotion instantanée nous explosant en plein cœur, et s’imprimant en nous avec cette puissante et singulière beauté que peut paradoxalement renfermer la tristesse. Au terme de la projection de District 9, l’on ressort véritablement groggy, à la fois grisé par l’extraordinaire puissance visuelle et immersive se dégageant de ses scènes d’action, mais surtout un peu honteux d’avoir vu son propre reflet dans l’écran de cinéma, ce dernier s’étant durant 1h50 transformé en un terrifiant miroir.

Didier De Iaco | 11.09.2009 14:29
Entièrement d'accord avec la critique de Jean-Marc. J'avais adoré la bande-annonce et je dois avouer que le film est à la hauteur de mes attentes. Un traitement original pour une histoire qui tient la route de bout en bout. Bravo!

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