Critique

Nous, les vivants

 
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Cinéaste atypique suédois, Roy Anderson réalise un film à la fois hilarant et désenchanté. Suite de plans fixes très longs, «You, the Living » nous fait découvrir une galerie de personnages attachants malgré leur défauts. J'entends déjà les aficionados d'un cinéma à la grindhouse clamer que cela doit être très ennuyeux. Que nenni, car Anderson laisse au spectateur une liberté totale de balader son regard à l'intérieur du cadre proposé. On peut abandonner le premier plan pour se fixer sur ce qu'il se passe au deuxième ou troisième, on fait ainsi sa propre mise en scène. Les trois premiers quarts d'heures sont à mourir de rire comme l'épisode où un bougre, face caméra, nous raconte son cauchemar de la nuit alors que sa voiture peine à avancer dans les embouteillages. Anderson illustre alors ce très mauvais rêve pour notre plus grande joie et c'est un bonheur d'hilarité. Il nous fait découvrir des gens normaux que l'on croise dans la rue tous les jours, ce qui nous repose des stars souvent peu crédibles des grosses productions et on l'en remercie très chaleureusement. Puis dans sa seconde partie, le film devient très touchant, car Anderson ne juge pas, il accompagne ses personnages en les laissant libre de leurs actes et pensées. « You, the Living » doit se ressentir plus que se voir, c'est une uvre à la limite du surréalisme sans ne jamais sombrer dans l'expérimental art et essai trop cher aux écoles d'art.

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