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Trois enterrements

 
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Pour sa première réalisation, Tommy Lee Jones a demandé à Guillermo Arriaga, fidèle collaborateur d'Alejandro Gonzalez Inarritu («Amours chiennes» et «21 grammes»), un scénario se situant sur la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Ils sont repartis du dernier Festival de Cannes avec chacun un prix en poche: interprétation masculine pour Tommy Lee Jones et scénario pour Guillermo Arriaga. Et ces récompenses sont amplement méritées tant leur film déborde d'humanité, ce qui est rare actuellement dans un pays régi par des culs bénis pentecôtistes.

Comme l'indique le titre, Melquiades Estrada, travailleur clandestin mexicain, subit trois enterrements. Le premier est le résultat sommaire de son meurtrier pour essayer de masquer son forfait, le deuxième place son corps dans un cimetière américain et le dernier enfin le fait reposer dans son pays natal, le Mexique. Et cette dernière partie constitue le point fort du film. Avant cela, le scénario se joue de la chronologie pour présenter les différents protagonistes avant de devenir linéaire lors du dernier voyage d'Estrada qui le conduit dans le désert entre les frontières de deux pays. Ce voyage initiatique devient un moment intime entre un cadavre, son meurtrier et celui qui avait promis à Estrada de l'enterrer dans son berceau natal. Evidemment, l'acteur Tommy Lee Jones sait diriger ses confrères en leur offrant des rôles magnifiques. Honneur aux dames, January Jones campe une jeune épouse délaissée par un mari, qui est aveugle de son mal-être, avec une justesse infinie. En époux un peu trop sûr de lui, Barry Pepper réalise une composition qui prend tout son sens dans la dernière partie en abandonnant ses principes tellement américains. Enfin, en redresseur de tords, Tommy Lee Jones s'offre un personnage humain, ce que le cinéma américain délaisse depuis quelques temps, avec une panoplie impressionnante d'attitudes si différentes, voire contradictoires.

«Trois enterrements» tombe à pic pour nous réconcilier avec le cinéma US qui a tendance à trop oublier l'humanité dans ses productions au profit de super héros bas de plafond dont le seul mot d'ordre est d'imposer son point de vue au reste du monde.

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