Critique

2012

 
Critique par |
Roland Emmerich signe un film catastrophe dans tous les sens du terme. Se basant sur la théorie selon laquelle le monde prendra fin le 21 décembre 2012, date ultime du calendrier maya, le réalisateur hollywoodien d'origine allemande prend un malin plaisir à tout faire exploser, disparaître dans des tempêtes et des tsunamis hors norme. Pour ce faire, il nous oblige de partager la vie d'un écrivain raté qui tente de se sortir de cet énorme bourbier avec ses deux enfants, sa femme et le nouveau compagnon de cette dernière. Ils parviennent à éviter l'effondrement de la Californie dans un petit avion de tourisme, avant de rejoindre la base tibétaine des super arches de Noé conçues pour préserver quelques spécimens d'êtres vivants, avec l'aide forcée d'un nouveau riche russe, de sa petite amie nunuche, de ses deux garçons obèses, de son homme de main et surtout de son immense gros porteur, bourré ras la gueule de voitures de luxe. Pendant ce temps-là, nous, spectateurs, assistons à la destruction de sites choisis comme Yellow Stone, Washington ou Rome dans une débauche d'effets numériques indigestes au possible. Bon, il faut reconnaître que ces derniers sont assez impressionnants, mais plus le film se traîne en longueurs et plus ils deviennent bâclés et soûlants, de telle sorte que l'on ne peut se retenir d'éclater de rire quand l'avion russe se pulvérise au pied de l'Himalaya, ne laissant quasiment aucune trace de son gigantesque impact. On pourrait faire preuve d'une certaine bienveillance face à ce gros spectacle hollywoodien de destruction massive, si le film ne transpirait pas les clichés moralisateurs à deux balles autant dans les personnages que dans les situations. L'objet devient alors vite risible, inconsistant et peine à convaincre. On retiendra juste la touche comique due au personnage loufoque de Woody Harrelson en vieil écolo qui commente en direct l'embrasement du parc de Yellow Stone depuis son petit poste de radio pirate. Et pour couronner le tout, la fin vient vous achever tout espoir de pouvoir défendre cette chose, en atteignant des sommets peu connus du ridicule et, même si ce dernier ne tue pas, on ressort de la salle la tête lessivée par tant de bêtises.

En savoir plus sur Remy Dewarrat