Critique

Angel-A

 
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On savait Luc Besson coeur d'artichaut, mais là il atteint des sommets. Il se prend pour Wim Wenders à filmer son Paris désert en noir et blanc , sur une musique jazz, soit dit en passant, le seul aspect positif de ce très long court métrage d'étudiant à deux personnages. Car c'est ce qu'il reste après un tel étalage de clichés moralisateurs; le très désagréable sentiment que ce film cible les fanas de Star Academy et autres tire larmes télévisuels. On excuserait tout juste ce ratage, s'il était le travail d'un élève en école de cinéma. Et que l'on ne vienne pas nous parler de sobriété: sa mise en scène est l'exemple type de l'académisme. Si les artistes ne savent plus où puiser leur inspiration que dans leurs différentes crises d'âge, l'art est en grand danger, surtout si le public aime suivre ce genre de thérapie par écran interposé. Laissez cela à la télévision et revenez à quelque chose de plus brut que ses divagations psychiatriques réservés à ceux qui intellectualisent tout sans vraie réflexion derrière leurs propos. Espérons en tout cas que le sieur Besson tienne parole et que «Angel-A» soit bien son dixième et surtout dernier film. Son premier long métrage, «Le dernier combat» était aussi en noir et blanc, mais ne comportait qu'un mot, «Bonjour», magnifiquement prononcé par Jean Bouise, contrairement à ce très bavard «Angel-A» où «Je t'aime» est utilisé à outrance et provoque une nausée de mièvrerie. Et Jamel dans cette galère? Bien, mais il ne sauve rien malheureusement. Luc Besson, Barbara Cartland, même combat. Et pour briser le secret ridicule dont le patron du cinéma français aime à s'entourer, tout est dans le titre: la grande blondasse nordique est un ange qui vient aider Jamel à mieux respecter les autres et surtout lui-même. On a même droit aux ailes de plumes blanches dans un final affligeant de naïveté.

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